Trois jours après sa débâcle européenne à Bruges, l'OM s'est sabordé en dix minutes face au Paris FC (2-2) lors de la vingtième journée de championnat. Troisièmes de Ligue 1, les Marseillais font du surplace au classement quand les Parisiens se donnent un peu plus d'air dans la course au maintien.
Paris FC 2-2 Olympique de Marseille
Buts : Ikoné (82e) et Kebbal (SP, 90e+4) pour le PFC // Greenwood (SP, 18e) et Aubameyang (54e) pour l’OM
Pas de vainqueur entre le Paris FC et l’Olympique de Marseille (2-2)… Ou presque. Car ce match nul a surtout des allures de victoires pour les Franciliens, revenus à la hauteur de leurs hôtes du jour dans les dix dernières minutes dans un stade pourtant acquis à son adversaire. Une nouvelle déception pour l’OM, qui a maîtrisé son sujet pendant plus de 70 minutes avant de craquer littéralement suite aux changements tactiques peu inspirés de Roberto De Zerbi. Lequel est loin d’avoir renforcé son statut, ce samedi. De son côté, Paris souffle un bon coup : en attendant Ciro Immobile, la bande de Stéphane Gilli a su faire preuve d’un opportunisme froid qui lui permet de s’éloigner du stress de la zone rouge.
Jean-Bouin se transforme en mini-Vel’
Comme il est coutume de faire au moment de vouloir se racheter, on en fait beaucoup trop. Mais quelques jours après une honteuse débâcle européenne et une tempête médiatique quant au «partira, partira pas» de son propre coach, l’OM est allé à l’essentiel : au football. Très haut sur la pelouse de Jean-Bouin dans le premier acte, Marseille asphyxie en effet un bloc parisien recroquevillé sur lui-même. Une tactique très certainement voulue par Stéphane Gilli, qui a aligné cinq défenseurs au coup d’envoi pour protéger sa cage.
Aubameyang double la mise pour l'OM sur un caviar de Greenwood après une contre attaque fulgurante !!!! pic.twitter.com/RRw4ls5llx
Lors des 45 premières minutes hautes en efforts et en courses, l’OM a pu compter sur un petit cadeau : la main clairement décollée de Mamadou Mbow dans la surface, sur un duel avec un Mason Greenwood élancé. Ce dernier s’est chargé de ce péno sifflé après intervention de la VAR, et a facilement trompé Kevin Trapp d’un contrepied (0-1, 18e). Explosion de joie, à Jean Bouin : pourtant interdits de déplacement dans l’enceinte parisienne, les supporters marseillais les plus fadas ont bravé l’interdiction en se répartissant intelligemment dans les places grand public pour faire de Jean Bouin un mini Vélodrome.
De Zerbi, pari perdant
Sur le point d’enrôler Ciro Immoble, le Paris FC a grandement besoin d’animation offensive. L’imagination de sa triplette Kebbal-Simon-Krasso semble ainsi s’essouffler, et l’italien de 35 ans sera sans doute un appui de taille pour tout ce beau monde. En attendant, Paris a tenté dans une défense marseillaise plus appliquée qu’en Flandre. Une persévérance qui s’est ensuite avérée utile, mais c’est d’abord l’OM qui a dicté le ton. En particulier la triplette Nwaneri-Greenwood-Aubameyang, auteure d’un mouvement collectif parfait pour doubler la mise (0-2, 53e). Supporté par sa «diaspora» parisienne, Marseille a pensé se remettre la tête à l’endroit. Sauf que Roberto De Zerbi a changé de système, et fait des changements peu compréhensibles dans une équipe pourtant stable depuis le début de la rencontre. Conséquence directe : les Phocéens ont reculé jusqu’au Parc des Princes, et laissé la place au PFC de revenir.
Message très bien reçu par Jonathan Ikoné, qui a réduit le score d’une tête opportuniste (1-2, 82e) dans la surface. Jean-Bouin est, alors, redevenu bleu foncé. Pensant bien faire sur une sortie dans les airs, Geronimo Rulli a enfin boxé le crâne de Marshall Munetsi : ange gardien de l’OM en première partie de saison, le portier olympien a donné une occasion en or à un Ilan Kebbal qui ne s’est pas fait prier pour inscrire le penalty d’une barre rentrante (2-2, 90e+4). Un brin chanceux, le numéro 10 du PFC a donc offert un match nul aux allures de victoire aux siens. Marseille avait beau jouer « à domicile », il a encore trouvé le moyen de se saborder.
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