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  • C1- J8
  • Bruges-Marseille (3-0)

OM : bons baisés de Bruges

Par Léna Bernard, au stade Jan-Breydel de Bruges
4 minutes

À Bruges, l'OM avait son destin entre ses mains, celui qui devait lui permettre de sortir de la phase de groupe de Ligue des champions pour la première fois depuis plus de dix ans. Marseille a cru pouvoir être le dernier qualifié, il se retrouve finalement premier éliminé après un but improbable de Trubin et une énorme claque sur le terrain. Récit d'une soirée cauchemardesque.

OM : bons baisés de Bruges

« On est maudits… » Voilà quelle aura été la première réaction de la dizaine de suiveurs du club phocéen, au moment où Anatoliy Trubin a inscrit le quatrième but improbable de Benfica, à un peu plus de 2000 kilomètres de la tribune de presse de l’enceinte belge, tristement entrée dans l’histoire de l’OM ce mercredi. Le coup de sifflet final avait retenti au stade Jan-Breydel depuis déjà une bonne dizaine de minutes, les écrans géants félicitaient même l’OM pour sa qualification, puis l’impensable ou le très probable, tout dépend de la perception de la vie olympienne de chacun, s’est produit avec une élimination pour un petit but, le très mince écart qui sépare un qualifié d’un éliminé.

Le ciel leur est tombé sur la tête

Avec un break déjà fait au moment d’achever le premier quart d’heure, grâce aux réalisations de Mamadou Diakhon (1-0, 4e) et Romeo Vermant (2-0, 11e), la tension est montée d’un cran, aussi bien en bord de terrain, que dans la tribune presse. Un œil sur la pelouse, un autre sur le classement live et les deux sur le multiplex. Les papiers s’écrivaient et se réécrivaient au fur et à mesure des résultats des concurrents directs. Au troisième but brugeois, la même interrogation sur toutes les lèvres : « et si l’OM passait au travers pour une histoire de goal average ? »

Il y a toujours un peu de honte quand on perd comme ça.

Roberto De Zerbi, sans passeport français

L’heure des comptes d’apothicaire avait alors sonné, afin de savoir quel scénario pourrait priver Roberto de Zerbi et ses protégés d’une qualification qu’ils ont bien cru tenir jusqu’au bout. Il n’y aura pourtant pas eu de miracle sur le terrain, où les Phocéens n’auront jamais réussi à tromper la vigilance de Simon Mignolet, laissant filer les minutes sans parvenir à marquer et en laissant parfois l’impression qu’ils « géraient » même le 3-0 pour ne pas en prendre un quatrième malvenu. Sauf qu’il a fallu attendre la fin des matchs Paphos-Slavia et Benfica-Real, et c’est là que tout s’est écroulé.

Alors qu’une rumeur d’un cinquième but chypriote a commencé à inquiéter sérieusement les journalistes esquichés les uns contre les autres dans la très étriquée tribune de presse de l’antre de Bruges, la fake news s’est rapidement tue pour laisser ceux délestés de leur tâche tenir au courant les confrères des résultats sur les autres pelouses. Jusqu’au moment où l’impensable s’est produit. Alors que le temps additionnel initial de cinq minutes était déjà écoulé depuis longtemps, Benfica a profité de son ultime occasion, un coup franc aux trente mètres parfaitement frappé par Fredrik Aursnes et Trubin pour mettre un terme aux rêves olympiens. Soudain le silence, la stupeur, l’effroi et l’amère impression de déjà vu se lisent sur les divers visages. Le temps s’est suspendu, avant que le désarroi, la lassitude et les rires nerveux ne gagnent les observateurs phocéens, usés par tant d’années de scénarios ubuesques.

« Soirée de merde  »

Si comme face au Real Madrid, face au Sporting ou à l’Atalanta plus tôt, le scénario semble invraisemblable et l’Olympique de Marseille maudit,  les Marseillais n’auront ce soir, demain et tous les autres jours que leurs yeux pour pleurer. À force de jouer, ou déjouer, avec le feu malgré un tirage difficile, l’OM avait largement la place de se hisser parmi les barragistes.

« Il n’y a rien à défendre, on n’a pas la régularité, c’est évident. En 13 ans je n’ai jamais vécu une soirée comme ça. C’était très mauvais, il n’y a aucune excuse. Il y a toujours un peu de honte quand on perd comme ça. On ne peut pas accepter ce qu’on a montré aujourd’hui », a fustigé De Zerbi après le match. Abattu, à l’image de Gerónimo Rulli parti le premier du stade, la tête basse au moment de traverser la zone mixte. En cas de victoire, de match nul ou une défaite avec un but de moins encaissé face aux Belges, l’OM tenait sa 24e place. Les dieux du football savent se montrer taquins.

L’OM y a cru, mais avec cinq défaites en huit rencontres, l’OM ne méritait pas beaucoup mieux, comme l’a justement analysé Medhi Benatia : « Soirée de merde. Soirée on peut même dire honteuse, quand tu es dans un club comme celui-ci tu peux perdre des matchs mais pas comme ce soir (…) Quand tu perds comme tu as perdu aujourd’hui, tu aurais pu te qualifier comme bon dernier mais tu ne l’as même pas mérité. » Et avec une dernière sortie de piste cataclysmique, les Phocéens se retrouvent à la place du « con », comme l’a crié Facundo Medina en sortant du stade, se fendant d’un « On est cons » face aux journalistes, pour un but inscrit à la 90e+8 par le gardien d’une équipe dont on ne donnait pas cher à l’issue de la 4e journée de C1. Ce mercredi soir il n’y aura finalement eu ni l’ivresse, ni le flacon pour les Phocéens.

«Soirée de merde, soirée honteuse» : Benatia réagit à l'élimination de l'OM

Par Léna Bernard, au stade Jan-Breydel de Bruges

Tous propos recueillis par LB et QB.

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