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Kylian Mbappé est-il un sadique ?
Censé soutenir son coéquipier Brahim Díaz après le drame de Rabat, Kylian Mbappé n'a rien trouvé de mieux à faire que de claquer une panenka sous les yeux du Marocain, samedi à Villarreal. Vraie geste thérapeutique, ou chambrage mal placé ?

Ce n’est une découverte pour personne : Kylian Mbappé a une manière bien à lui de faire les choses. Y compris lorsqu’il s’agit d’afficher son soutien à un coéquipier, visiblement. Samedi, alors que Brahim Díaz avait fait son entrée sur la pelouse de Villarreal depuis une grosse dizaine de minutes – les premières d’un processus de guérison qui promet d’être long après le traumatisme de la finale de la CAN –, Mbappé s’est empressé de lui rappeler tout son malheur. Comment ? En réussissant la panenka que son coéquipier marocain avait manqué, quelques jours plus tôt à Rabat, dans le match le plus important de sa vie. « Era par él » (« C’était pour lui », en VF), a lâché le Kyks en passant en coup de vent devant les journalistes, après la partie. L’attitude interroge, forcément.
¿EL PENALTI DE MBAPPÉ A LO PANENKA ERA PARA BRAHIM? 👀 “Para él”, dice Kylian Mbappé 🗣️ 📹 @SQuirante pic.twitter.com/rlfLhcnHR9
— DAZN Fútbol (@DAZNFutbol) January 24, 2026
« Je comprends tout à fait comment il doit se sentir maintenant. J’ai connu ça », affirmait pourtant il y a quelques jours le capitaine de l’équipe de France, qui avait provoqué l’élimination des Bleus à l’Euro 2021 en ratant son tir au but contre la Suisse, avant d’en souffrir pendant de longs mois. Alors pourquoi remuer le couteau dans la plaie béante de Díaz ? « Je pense que l’on va devoir l’aider quand il va revenir ici à Madrid. Avant même de penser au sportif, il faut penser à la personne, déroulait-il aussi. Là, il doit être dans un état pas possible et notre objectif ça va être déjà de le récupérer en tant que personne. » Pas sûr que ces 48 dernières heures aient beaucoup aidé le meilleur buteur de la CAN – bien obligé de célébrer dans les bras de son compère pour faire bonne figure – à se remettre la tête à l’endroit. Peut-être que le laisser prendre ce penalty à la dernière minute d’un match déjà gagné aurait été plus efficace (dans l’hypothèse où le Marocain aurait envoyé une praline au fond sans trop réfléchir, cette fois-ci) ?
Oui mais voilà : le monde du football professionnel ne fonctionne pas comme ça. Surtout quand on est un monstre d’ego du calibre de Kylian Mbappé, sous le feu des projecteurs 24 heures sur 24. Au point de se rendre – comme d’autres avant lui – incompréhensible pour le commun des mortels ? La dégradation progressive de sa relation avec Neymar au PSG, ses états d’âme répétés qui ont peu à peu abîmé son lien avec les supporters du club de la capitale – jusqu’à ce départ libre vers le Real Madrid – ou encore plus globalement le désamour grandissant qu’éprouve le grand public français à son égard ne seraient-ils pas, finalement, la traduction d’une personnalité trop différente ?
Je ne vous ai pas compris
Ou d’un esprit trop déconnecté de la réalité ? Un reproche souvent formulé à l’encontre du prodige bondynois, régulièrement accusé d’être arrogant depuis le début de sa carrière. Ou, dans le cas précis, pas assez empathique. Ses attitudes ont toujours été scrutées de près afin de comprendre ce qui pouvait lui passer par la tête pour se comporter d’une manière que certains jugent éloignée de celle d’une personne lambda – ce qu’il n’est pas, et n’a jamais été, d’ailleurs. Autant de voyages dans la psyché de Kylian Mbappé qui n’ont fait qu’aboutir à de nouvelles interrogations. Est-il même conscient d’alimenter autant d’incompréhension ?
Si l’on peut imaginer que le numéro neuf madrilène était sincère dans le fait de vouloir rendre hommage à un ami en détresse, on ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait dû anticiper que son geste avait toutes les chances d’être interprété différemment. À moins qu’il n’ait purement et simplement rien à faire des réactions extérieures. Voire même qu’il s’en amuse, avant même qu’elles n’arrivent. Tout ceci ne serait alors qu’une série d’épisodes de manipulation des émotions du grand public, dans le seul but de se procurer un plaisir douteux. On n’ose y croire. En attendant, nous voilà condamnés à tenter d’interpréter à notre manière chaque geste de cette bête médiatique. Sans aucune garantie de pouvoir la comprendre un jour.
Kylian Mbappé dédie sa panenka à... Brahim DíazPar Tom Binet



























































