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OM : tout n’est pas détruit après la tempête
Piteusement éliminé dès la phase régulière de la Ligue des champions après un revers cinglant face à Bruges (3-0) et un scénario rocambolesque, l’Olympique de Marseille vit des heures sombres depuis mercredi. Pas le temps de s’apitoyer sur son sort, les prochaines échéances peuvent encore sauver les meubles.

« Soirée de merde », une « faute professionnelle » ou encore un « sentiment de honte ». S’il a manqué énormément de choses aux Phocéens lors de leur revers cinglant à Bruges (3-0), ces derniers n’étaient pas en manque d’inspiration en zone mixte ou en conférence de presse pour qualifier leur performance désastreuse, qui les a menés à une élimination folle dès la phase régulière de la Ligue des champions. Sans surprise, à la suite d’un tel échec, le bateau olympien a, comme à son habitude dans ce genre de situation, énormément tangué : Robert De Zerbi, dont le coaching est remis en cause, a dû démentir avoir demandé à quitter le club, assurant pouvoir encore « tenir pendant cinq ou six ans à sa tête ». Une embrouille entre Medhi Benatia et Leonardo Balerdi a refait surface, tout comme les froides relations entre le directeur du football et le meilleur joueur de l’effectif Mason Greenwood, sans compter l’immense flou que ce désastre européen laisse planer autour du club. Pourtant, malgré ce chaos, la saison peut encore être sauvée. Mais pour cela, il va falloir réagir, et vite.
Maintenant ou jamais
La chance qu’ont les Marseillais dans ce marasme ambiant, c’est qu’ils ont l’occasion dès ce samedi de se remettre dans le droit chemin en affrontant un promu, le Paris FC. Dans leur antre de Jean-Bouin, les Parisiens sont loin d’être souverains puisqu’ils n’ont glané que neuf points en neuf rencontres et restent sur six matchs sans la moindre victoire à la maison. Ces statistiques contrastent fortement avec la bonne série des Phocéens, vainqueurs de cinq de leurs sept derniers matchs à l’extérieur en Ligue 1. Grâce à leur démonstration de force contre Lens le week-end dernier (3-1), les hommes de De Zerbi ne sont d’ailleurs plus qu’à cinq longueurs des Sang et Or et restent toujours bien placés dans la course aux places européennes.
Si ce premier crash test est validé, l’OM jouera ensuite une très grosse carte face à Rennes en huitièmes de finale de la Coupe de France. Incapable de remporter le moindre trophée depuis 2012, le club phocéen doit profiter de l’élimination précoce du PSG, qui a glané huit fois la compétition lors des onze dernières années, pour assumer son statut de favori, vraisemblablement avec l’Olympique lyonnais et Lens, et pourquoi pas aller remporter pour la onzième fois de son histoire ce titre, qu’il n’a pas soulevé depuis la saison 1988-1989. Enfin, si ces deux rencontres se passent bien, les Olympiens pourront finir de panser leurs plaies en faisant de nouveau bonne figure dans le Classique face au PSG dimanche prochain. Ces échéances sont évidemment cruciales pour l’avenir de la saison de l’OM, mais aussi pour plusieurs de ses membres. C’est le cas de Roberto De Zerbi, qui, même s’il a vu Pablo Longoria déclarer qu’il voudrait que le technicien italien devienne le « Diego Simeone de l’OM » au Telegraph, pourrait rapidement claquer la porte si la situation empire. Le duo Benatia – Longoria n’est évidemment pas à l’abri non plus, tout comme plusieurs cadres de l’équipe.

Sur quels éléments s’appuyer ?
C’est justement les patrons de cette formation, tels que le capitaine Leonardo Balerdi, le très prolifique Mason Greenwood, mais aussi l’expérimenté Pierre-Emile Højbjerg, qui doivent prendre leurs responsabilités, jouer le rôle de paratonnerre et sonner la révolte. Les énormes désillusions récentes en C1 ne doivent pas faire oublier que l’Olympique de Marseille est assez épatant offensivement (meilleure attaque du championnat avec 44 buts marqués en 19 journées), que l’effectif est pétri de talent avec des joueurs qui ont encore énormément à prouver et à apporter à l’effectif tels que Facundo Medina, Hamed Traoré ou encore Amine Gouiri, qui semble enfin passer un cap avec les Phocéens.
Pour Roberto De Zerbi, les scores à venir ne seront pourtant pas forcément décisifs, c’est le processus qui lui importe : « On ne se fait pas pardonner par les résultats, mais par le jeu. » Dans ce contexte crispant, il faut rappeler que les deux recrues de ce mercato hivernal – Ethan Nwaneri et Quinten Timber – n’ont pas participé au désastre de Bruges et peuvent avoir un apport important sur les performances olympiennes dans les semaines à venir. Visiblement très ému à la fin de la rencontre mercredi, Balerdi avait tenté de (re)mobiliser les troupes. « C’est à nous de penser maintenant au championnat, où on a des choses à faire, avait assuré le capitaine argentin. Aujourd’hui, c’est très difficile, mais à partir de demain, on va relever la tête. » À eux de jouer.
En direct : Paris FC-Marseille (0-0)Par Thomas Morlec
























































