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De Zerbi, le grand perdant

Par Tom Binet
5 minutes

Noyé à Bruges et piteusement éliminé de Ligue des champions, l’Olympique de Marseille a vécu une soirée cauchemardesque en Belgique. Une nouvelle pierre dans le jardin de Roberto De Zerbi, dont le mandat sur la Canebière apparaît de moins en moins flamboyant.

De Zerbi, le grand perdant

Il avait lui-même clamé haut et fort que l’affiche était « historique » pour son Olympique de Marseille, au vu notamment de l’enjeu (une première phase finale de Ligue des champions depuis 14 ans, certes dans une nouvelle formule). Cette fois, Roberto De Zerbi avait vu juste : la déroute totale des Phocéens à Bruges marquera à coup sûr son histoire personnelle avec le club. Et ce, quelle qu’en soit la suite. Car après une campagne déjà marquée par les ratés contre le Sporting ou l’Atalanta (voire Liverpool, dans une certaine mesure), le coach italien a une nouvelle fois vu ses ouailles se liquéfier dans le nord de la Belgique. Un bien triste constat pour un entraîneur plus meneur d’hommes que tacticien, mais qui ne semble plus parvenir à emmener ses troupes avec lui pour livrer les batailles qui se présentent à elles.

Inaudible

Dans ce contexte, les grands discours comme celui tenu dans la foulée du succès contre Lens fragilisent la position de Roberto De Zerbi. À quoi bon fanfaronner et s’en prendre à quiconque ose critiquer son équipe (à côté de ses pompes à plusieurs reprises ces dernières semaines, notamment contre Nantes) pour offrir un aussi piètre spectacle quelques jours plus tard ? Un tel grand écart rend inévitablement son discours inaudible. « J’ai dit que, si j’avais le passeport français, ce serait différent. Beaucoup d’entre vous peuvent critiquer et se sentent comme des patrons », tançait-il quelques minutes après avoir vu ses joueurs livrer une belle copie face au leader de Ligue 1.

Ces mêmes footballeurs retombés très loin dans leurs travers et totalement dépassés par les événements en quelques minutes à Bruges. « J’espère que les joueurs sont conscients que c’est une faute professionnelle. J’ai perdu beaucoup de matchs dans ma carrière, mais, rarement, j’ai eu ce sentiment de honte comme ça », les fusillait le directeur du football Medhi Benatia au coup de sifflet final. La faute est évidemment partagée, et leur coach n’est pas responsable de la double perte de balle de Hamed Junior Traoré sur le but de Romeo Vermant, de la passivité lunaire de toute la défense pendant 20 minutes ni du manque d’efficacité face au but malgré quelques situations offensives par la suite.

C’est ma responsabilité, mais je ne suis pas le seul à pouvoir mettre les choses en place. En treize ans, je n’ai jamais vécu ça.

Roberto De Zerbi

Il n’empêche : avec 30 compositions différentes en autant de matchs cette saison, le sentiment de ne pas savoir quelle équipe va se pointer au coup d’envoi de chaque rencontre et un projet de jeu assez illisible en dehors des coups d’éclat individuels, l’entraîneur a forcément une grande part de responsabilité dans la déroute. « C’est ma responsabilité, mais je ne suis pas le seul à pouvoir mettre les choses en place. En treize ans, je n’ai jamais vécu ça. C’est très lourd, très mauvais, nous n’avons pas d’excuses. Quand on perd comme ça, il y a toujours un sentiment de honte », tentait-il d’analyser à chaud dans les entrailles du stade Jan-Breydel, dépité. Un embarras que l’homme à la doudoune va désormais devoir transformer en réaction d’orgueil pour sauver ce qui peut encore l’être, et éviter que la saison ne tourne à l’accident industriel.

Coupe que coupe

« On peut être très forts, mais si on n’est pas dedans, on peut perdre contre tout le monde. L’objectif est de réussir dix matchs d’affilée de grande qualité et donc d’être réguliers. C’est la clé. » La déclaration est signée de l’Italien lui-même après la démonstration angevine, bien conscient de l’irrégularité chronique de son équipe. Résultat des courses dix jours plus tard : pas grand-chose à se mettre sous la dent face aux Reds, une nouvelle prestation de qualité contre Lens et un naufrage lors de l’un des matchs les plus importants de la campagne. Allez comprendre. « On ne peut pas commencer un match historique comme ça. Ce n’est pas possible. Il faut en être conscient et trouver le pourquoi, poursuivait RDZ mercredi soir. Si on joue comme ça, c’est normal de perdre la connexion avec les fans. Si quelqu’un vient à Marseille sans savoir ce que cela signifie, sans connaître l’histoire du club, il ne peut pas jouer pour l’OM. »

L’Italien dispose désormais d’une semaine pour déterminer qui sera digne de porter les couleurs du club pour ce qui apparaît désormais comme un rendez-vous crucial : le huitième de finale de coupe contre Rennes, mardi prochain au Vélodrome. Si le vice-champion de France peut encore espérer faire aussi bien en Ligue 1 cette année, cela ne suffira pas à donner l’impression d’une progression, d’un projet qui mène quelque part. Surtout quand après quatorze ans à courir derrière un titre, l’élimination du PSG dans cette Coupe de France a fait naître de grands espoirs sur la Canebière. Violemment balayés par Annecy dans une configuration similaire voilà trois saisons, sont-ils voués à l’être éternellement ? Difficile d’imaginer De Zerbi survivre à une nouvelle désillusion.

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