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Pourquoi toutes ces stars misent sur Le Mans FC ?

En annonçant l'arrivée de Thibaut Courtois au sein du capital et la prise de pouvoir du groupe brésilien OutField en tant qu'actionnaire majoritaire, le Mans FC cumule les effets d'annonce avec l'ambition de rêver grand. Notamment en visant une montée en Ligue 1 d'ici la fin de la décennie. Alors, gros kamoulox ou projet somme toute sensé ?
Lundi, au moment de recevoir Guingamp dans sa bombonera sarthoise, Le Mans FC ne devrait pas encore être complètement redescendu de son petit nuage. Et pour cause, l’actuel cinquième de Ligue 2 (qui pointe à seulement trois longueurs du leader troyen) a réussi à diriger tous les projecteurs sur lui depuis l’annonce, ce jeudi 19 février, de l’arrivée de Thibaut Courtois au sein du capital du club à travers sa société d’investissements NXTPlay. Comme Kylian Mbappé à Caen, Sadio Mané à Bourges, N’Golo Kanté à Virton ou encore Marco Verratti à Pescara et Luka Modric à Swansea, le portier belge a donc sauté à pieds joints dans le train de la trend des joueurs qui n’attendent pas d’avoir pris leur retraite pour mettre des billes dans un club, professionnel ou non.
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Surtout, il rejoint d’autres gros noms du sport mondial que sont les pilotes de Formule 1 Felipe Massa et Kevin Magnussen (la proximité avec le circuit des 24 Heures n’y est pas étrangère), sans oublier le tennisman serbe Novak Djokovic. Leur point commun ? Tous ont été rabattu par l’homme d’affaire gréco-brésilien Georgios Frangulis, accessoirement pilote professionnel, compagnon de la tenniswoman biélorusse Aryna Sabalenka (elle-même pote avec Djoko) et investisseur au sein du groupe OutField, entré au capital du Mans en début de saison, avant de devenir, en parallèle de l’annonce de l’arrivée de Courtois, actionnaire majoritaire du club six mois plus tard.
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Viser haut avec peu
On ne l’avait pas vraiment vu venir, mais le meilleur promu de l’histoire de la Ligue 2 au XXIe siècle et ses 10 000 spectateurs de moyenne à domicile (deuxième meilleure affluence du championnat derrière Saint-Étienne) sont clairement en train de se donner les moyens de changer de dimension. « On aimerait être de retour en Ligue 1 d’ici trois à quatre ans », assume carrément Pedro Oliveira, cofondateur de la société brésilienne spécialisée dans les investissements sportifs en Amérique latine et qui pèse autour de 500 millions de dollars.
En y regardant de plus près, rien d’étonnant à ce que des investisseurs étrangers prennent les commandes d’un club de province. Le Mans FC n’est pas le premier exemple, mais coche toutes les cases d’un projet à fort potentiel (à commencer par son Stade Marie-Marvingt qui n’a jamais encore été exploité à sa juste valeur depuis son inauguration en 2011) et qui ne nécessite pas d’injecter des sommes faramineuses. « Plusieurs millions d’euros (soit pas grand-chose à l’échelle du football moderne) doivent être investis, mais aucun montant n’a été dévoilé avec précision », avance ainsi L’Équipe, qui précise que les premiers objectifs d’OutField sont l’achat et la modernisation du centre d’entraînement de la Pincenardière, actuellement propriété de la municipalité mancelle, et la réouverture centre de formation – fermé il y a une décennie lors du dernier dépôt de bilan du club – dès le début de la saison 2026-2027.
Une question de survie
Selon le président historique du club Thierry Gomez, qui conservera son poste malgré les bouleversements actés au sein de l’organigramme, une telle (r)évolution est tout simplement nécessaire pour espérer survivre dans la jungle du modern football : « [Je pars du constat que] le foot vit une crise sans précédent. On va s’en rendre compte très prochainement avec des clubs qui risquent d’être en grande difficulté en fin de saison, prédit-il dans les colonnes de Ouest-France. On ne sait pas où l’on va. Il n’y a plus de patron à Ligue 1 +, on ne sait pas quels vont être les droits TV. On est le seul grand pays de football européen à connaître une telle instabilité. »

Son autre objectif, en phase avec l’ADN du foot français, est de développer la formation au sein de l’ex-MUC 72 : « Je suis au club depuis dix ans et je ne cesse de voir nos meilleurs jeunes partir. On va enfin pouvoir les garder et avoir plus d’ambition. On ne pourra jamais acheter Messi, mais il y a peut-être de futures pépites chez nous », analyse Thierry Gomez qui promet qu’en dépit du changement de pavillon au pays de rillettes, pas question de bazarder « [l’]identité et [les] valeurs » : « Cela passe par le fait de proposer un avenir à ces joueurs en les intégrant à l’équipe première. C’est aussi le seul moyen de trouver un modèle économique stable, puisqu’en faisant grandir un jeune joueur, on peut ensuite le transférer si sa progression dépasse celle du club. »
Bref, même si son nom n’a jamais rimé avec les grandes heures du ballon rond hexagonal, Le Mans semble avoir compris la méthode pour continuer d’exister dans un milieu de plus en plus concurrentiel et où même des acteurs secondaires suscitent désormais l’intérêt des groupes d’investisseurs désireux de se payer une partie de Football Manager dans la vraie vie. Maintenant, au-delà de l’effet d’annonce, il ne faudra pas oublier que la vérité se trouve toujours sur le terrain.
Thibaut Courtois investit au Mans FC après Novak Djokovic et Felipe MassaPar Julien Duez
























































