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L’apogée du Maroc est-il derrière lui ?

Attendu face au Brésil pour lancer son Mondial, le Maroc va devoir confirmer le statut qui lui colle désormais au maillot : celui de gros outsider. Reste à savoir si les Lions de l’Atlas en sont capables.
Un pays africain pourrait gagner la Coupe du monde. Entonné comme un mirage depuis toujours, ce refrain s’est quelque peu rapproché de la réalité grâce au Maroc à l’hiver 2022. Au Qatar, les Marocains ont en effet réalisé un parcours magnifique, en devenant les premiers du continent à atteindre la demi-finale d’un Mondial. Depuis, la sélection s’est structurée autour de son sélectionneur Walid Regragui, aujourd’hui parti, a formé pas mal de talents locaux, s’est construit un effectif solide et, surtout, s’est donné les moyens de ses ambitions. Quatre ans plus tard, les ambitions sont toujours là, mais qu’en est-il de la dynamique ?
Un statut à assumer, un groupe à former
Pour en reprendre le fil, il faut remonter au mois de janvier 2026. La finale de CAN perdue (ou non) face au Sénégal a déclenché une série de bouleversements plutôt inattendus, marqués par le scénario improbable de ce match, suivi de la démission de Regragui. Avec le départ du coach, une partie de l’esprit 2022 s’en est ainsi allée, embarquant avec elle quelques certitudes acquises au Qatar. Parmi elles, l’effet de surprise. Si à Doha, les Lions de l’Atlas ont mordu leurs adversaires à coups de bloc bas et de jeu direct, il sera difficile d’en faire autant aux USA. Car le Maroc est aujourd’hui attendu, voire craint. Durant le Mondial, l’idée d’observer les adversaires (Brésil, Haïti, Écosse) jouer la carte du pragmatisme avant de piquer aux pires moments est donc de mise, loin du handball inutile pratiqué par l’Espagne il y a quatre ans par exemple (treize tirs, un seul cadré, élimination dès les huitièmes aux tirs au but). D’attentiste à attendu, la transition risque d’être difficile, d’autant qu’il faudra composer avec un groupe nouveau.

Intronisé sur le banc en mars dernier, Mohamed Ouahbi en a la responsabilité. À la tête des U20, avec qui il était parvenu à remporter le Mondial, Ouahbi – formateur, issu du sérail – s’est installé dans la continuité souhaitée par la fédération. Dans la gestion d’un groupe certainement marqué par la CAN, le technicien a en tout cas décidé de trancher dans le vif en rajeunissant drastiquement l’effectif : Ayyoub Bouaddi (18 ans), Chemsdine Talbi (21 ans), Samir El Mourabet (19 ans), Gessime Yassine (20 ans) et Ayoube Amaimouni (21 ans) ont ainsi intégré la tanière, quand Boufal, El Yamiq, En-Nesyri ou Masina, tous trentenaires, l’ont quittée.
Ce renouvellement accéléré s’est aussi heurté aux blessures – et pas des moindres – de Nayef Aguerd (aine) et Abdessamad Ezzalzouli (genou), pièces maîtresses de leur génération. De quoi, peut-être, expliquer le choix de se préparer conte le Burundi et Madagascar, (victoires 5 et 4-0) histoire de reprendre confiance. Une manière comme une autre, aussi, de passer à autre chose, avec le risque toujours présent de faire endosser à cette jeunesse un costume de semi-favori trop grand. Car après avoir atteint une demi-finale, qu’espérer de mieux si ce n’est soulever le trophée ? Et à ce jeu, les prétendants sont bien trop nombreux et bien trop avertis pour se laisser surprendre. Premier test avec le Brésil.
Le Maroc proche de mettre fin à une série vieille de 92 ansPar Adel Bentaha











































