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Un 9 et des nouveaux

Rien de neuf à Monaco, si ce n'est que Falcao est toujours l'un des meilleurs attaquants au monde et que le puzzle offensif ne ressemble pas à grand-chose.

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« Un derby, ça se joue... » , pouvait-on lire sur une banderole des supporters monégasques. Sans doute parlaient-ils de la claque reçue à Nice il y a une semaine, mais elle valait aussi pour ce « Farnerudico » , bien tristounet malgré l'ampleur du score. L'affiche entre les deux champions de France en titre était l'occasion de voir à l'œuvre certaines des recrues monégasques. Avec trois nouveaux joueurs parmi le quatuor offensif, on sentait poindre ce parfum enivrant de la découverte. Mais on met parfois du temps à apprivoiser les nouvelles saveurs, surtout quand elles sont un peu fades. Pourtant, individuellement, ni Rony Lopes, buteur, ni Rachid Ghezzal, soyeux dans ses ouvertures et encore moins Jovetić, dont on comprend de suite ce qu'il pourra apporter à la formation du Rocher, n'ont démérité. Mais c'était comme une « ola » à contretemps, un peu gênant. Oui, malgré tout ce que l'on sait du projet Rybolovlev/Vasilyev, le seul qui vaille pour le club du Rocher, même si poussé à l'extrême, on ne peut s'empêcher de regretter. Regretter qu'il faille voir ce collectif désarticulé pour évaluer le chemin parcouru la saison passée, autant que celui à débroussailler désormais pour ne serait-ce que s'en approcher.

Devoir d'exigence


« C'est inutile de comparer l'équipe à la saison dernière » , s'agaçait Jardim, qui a pris goût à ce challenge permanent. Oui, ce serait ridicule et malhonnête de les juger, lui et ses joueurs. Mais ça ne l'est pas de regretter que le champion s'acharne à reconstruire ce qu'il y avait juste à ne pas défaire. Est-il étonnant de constater que les deux meilleurs joueurs du début de saison soient Radamel Falcao, passeur décisif et double buteur, et João Moutinho, au repos ce soir ? Alors que le danger pouvait venir de partout il y a quelques mois, les statistiques incroyables du numéro 9 colombien (9 buts en 6 matchs de Ligue 1) cachent les difficultés offensives de son équipe. Des difficultés qui n'empêchent pas l'ASM de corriger les adversaires qui l'acceptent. C'est ce qu'il reste de l'héritage de la saison 2016-2017, cette façon d'aimanter la victoire, quelle que soit la qualité des prestations. Mais a-t-on vraiment aimé Monaco parce qu'il gagnait ? Non, on l'a aimé pour son enthousiasme, son courage aussi parfois, les complicités qu'il a créées et qui servent désormais les Bleus, la complicité qu'il a également tissée avec le grand public. De ces complicités, il ne reste plus grand-chose. Le maestro Bernardo a laissé Sidibé errer sur son côté, Jorge ne parle pas encore le même langage footballistique que Lemar, Fabinho joue comme un gamin privé de dessert, et Mbappé manquera forcément aux supporters, quoi qu'ils disent, parce qu'on ne remplace pas le lien affectif par la fierté des chiffres démesurés.


Cela suffit pour rester en haut. Malheureusement, peut-être. Car la révolution de la saison 2016/2017 était aussi due à la claque reçue la saison d'avant, symbolisée par le 6-1 à Lyon, qui avait obligé dirigeants et staff à se remettre en question. Le bon début de saison comptable donne du temps à Jardim pour remodeler son équipe peu à peu. Tant mieux pour lui. Mais il conforte aussi les dirigeants à tirer sur la corde, toujours un peu plus, tant que ça tient. Avec des individualités largement au-dessus de la moyenne, ça tiendra forcément. En espérant que ça déteigne sur le collectif au fil des semaines. Car, des certitudes, Monaco est passé à l'espoir. Ça suffit pour vivre, et plutôt bien, en Ligue 1.




Par Christophe Depincé
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