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Moustapha Name : « Tout ce que je demande, ce sont mes siestes et YouTube »

Élu meilleur joueur de la saison écoulée par les supporters du Paris FC, Moustapha Name confirme un peu plus cette année. Cadre du contingent parisien, le milieu de terrain de 26 ans, grand pote d'Idrissa Gueye, souhaite désormais viser plus haut avec son club, lui qui a longtemps été en quête de stabilité depuis son Sénégal natal. Entre problèmes de visa et entrée chez les Lions de la Téranga, bienvenue chez « Mousti » .

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Moustapha, comment juges-tu la période actuelle du Paris FC ?
En début de championnat, on a eu une période délicate. On a enchaîné des mauvais résultats et le contenu n’était pas flamboyant. Mais le groupe remonte bien la pente et peut maintenant espérer plus grand. Le PFC s’est stabilisé en Ligue 2 depuis plusieurs années, et ça serait mentir que de dire que l’on ne vise pas plus haut.

L’objectif, c’est donc d’enfin franchir les play-offs ?
Le club a souvent loupé le coche en toute fin de saison. Les play-offs sont donc un premier objectif à aller chercher. Le prix à payer, c’est que ce système est très long pour les clubs de Ligue 2. C’est un vrai marathon et il est souvent difficile de tenir la distance.

Cette idée de marathon représente assez bien l'ensemble de ta carrière...
Disons que j’ai mis un peu de temps avant de me lancer. Et pourtant, ça aurait pu se décanter très vite pour moi, dès mes débuts au Dakar Sacré-Cœur. En 2011, j'ai été sollicité par le Chievo. Tout s’était bien passé et j’aurais pu rejoindre l’Italie dans la foulée. Malheureusement, j’étais encore mineur, mon club s’est chargé des négociations et ça ne s’est jamais fait, allez savoir pourquoi. Le plus frustrant, c’était de ne pas avoir son mot à dire. Cet épisode m’a particulièrement marqué.

« Dans la famille, il y a beaucoup de footeux : mon père a joué en première division sénégalaise, mon grand frère Abdoulaye était professionnel au Portugal, et mon oncle, Amadou Mbodj, a longtemps joué à Besançon en D2. »

Tu es pourtant issu d’une famille assez proche du monde du football.
C’est vrai. Dans la famille, il y a beaucoup de footeux : mon père a joué en première division sénégalaise, mon grand frère Abdoulaye était professionnel au Portugal, et mon oncle, Amadou Mbodj, a longtemps joué à Besançon en D2. Donc oui, je viens d’un milieu assez « privilégié » . C’est une force. Surtout quand on vient d’un pays comme le Sénégal, où tout le monde veut devenir footballeur, mais où la moitié échoue. Je n’ai pas de quoi me plaindre.

Malgré tout, tu as enchaîné les galères avant de t’installer en Europe.
C’est à partir de 2014 que c’est parti dans tous les sens. À ce moment-là, j’évoluais avec l’Avenir de Dakar. J’étais censé signer à Louhans-Cuiseaux dont l’entraîneur était Bruno Ferry, mon ancien coach à Sacré-Cœur. Mais le temps d’obtenir un visa, le club était relégable en CFA2, et le projet devenait de moins en moins intéressant. Juste après, je reçois une proposition de Lokeren. Tout se passe bien, les dirigeants veulent me faire signer, mais je dois à nouveau faire face à des soucis de papiers. J’avais un visa touriste de 30 jours, mais arrivé au moment des tests, ce dernier expirait. Je me suis donc retrouvé pendant six mois en Belgique en situation irrégulière, sans pouvoir travailler. Je m’entraînais avec la réserve et je faisais quelques matchs amicaux sans licence.



Elles ressemblaient à quoi, tes journées ?
J’enchaînais les essais en Belgique et un peu partout en France. J’ai par exemple tenté l’aventure à Colmar, mais sans visa, c’était mort. Je traînais de mairie en mairie, et l’administration, c’est terrible. (Rires.) À chaque fois, il y avait un document ou une signature qui manquait. Heureusement, en Belgique, j’avais pu rencontrer Patrice Bodian, un préparateur physique sénégalais avec qui je pouvais m’entraîner. Mon frère m’a beaucoup aidé en sollicitant d’anciens coéquipiers pour veiller sur moi. C’est à ce moment-là que tu te rends compte de l’importance de ton entourage et de la chance que tu as. Je pense notamment à Deme N’Diaye (ancien joueur du RC Lens, NDLR) qui m’a longtemps hébergé dans le Nord.

« Rentrer au pays était synonyme d’échec pour moi. J’avais réussi à me sortir de la merde en quittant le Sénégal, et là, il fallait que je retourne à Liberté 4. »

Tu finis donc par rentrer au Sénégal ?
C’était dur. Psychologiquement, j’étais au fond du trou. Rentrer au pays était synonyme d’échec pour moi. J’avais réussi à me sortir de la merde en quittant le Sénégal, et là, il fallait que je retourne à Liberté 4 (son quartier dakarois, NDLR). Mais je me suis fait violence. J’en ai parlé avec ma famille, puis avec Deme, et ils étaient tous d’accord : il fallait que je rentre pour reprendre à zéro. Le problème, c’est que je n’avais aucun projet. Ni proposition, ni contrat. Ma chance, je la dois encore à Patrice Bodian. Il a quitté son poste de préparateur physique pour devenir l’entraîneur de l’AS Douanes à Dakar. En débarquant au pays, je suis l’une des premières personnes qu’il contacte. Je lui ai tout de suite dit oui. Je voulais qu’il me sorte de cette situation.

La Belgique te manquait ?
(Rires.) Oui, un peu quand même. Bon après, Lokeren reste une ville charmante, mais c’est pas vraiment la fête. Déjà, au niveau de la langue c’était catastrophique ! Je ne comprenais absolument rien au néerlandais. Je disais « oui » à tout, alors que je pigeais un mot sur quatre. Et ce froid... En France aussi il fait froid, mais là-bas, c’était gelé. Même pour sortir, tu voulais aller où ? Il faisait nuit à 17 heures, et j’avais vite fait de rentrer chez moi après l’entraînement. Le seul avantage, c’est que je ne me concentrais que sur le football.

« Le championnat sénégalais est formateur, mais selon moi, si tu passes plus de deux saisons là-bas, c’est que tu ne peux pas aller plus haut. »

Pour en revenir au terrain justement, c’est à l’AS Douanes que tu exploses.
J’ai tout cassé ! Je me donnais deux ans pour rejoindre un club européen. Le championnat sénégalais est formateur, mais selon moi, si tu passes plus de deux saisons là-bas, c’est que tu ne peux pas aller plus haut ! Je marque treize buts lors de ma deuxième saison, j’intègre la sélection locale puis les équipes olympiques... C’était énorme ! Et les offres ont commencé à arriver. Il y avait des équipes d’Afrique du Nord et même de Serbie. Plusieurs clubs me proposaient des essais, mais je déclinais à chaque fois. C’était marrant deux secondes, mais je venais de passer un an en Europe à faire des tests et à me faire recaler à cause de mes papiers. J’avais passé l’âge de tout ça, je voulais du concret.

C’est la raison qui t’a poussé à choisir le Pau FC ?
Les dirigeants de Pau m’ont contacté par l’intermédiaire d’un ami, Abdoulaye Niang, qui était l’un de leurs anciens joueurs (aujourd’hui à Épinal, NDLR). Il s’est occupé de tout, et ça a débouché sur un contrat de deux ans. Pour une fois, il n’y avait pas d’essais, ni de problème administratif. On venait de battre Génération Foot en championnat, et le soir même, le président de Pau, Bernard Laporte-Fray, est venu signer les documents chez moi, dans mon salon. Au moment de signer, je me suis dit que j’avais fait un nouveau pas en avant, mais que ce n’était pas fini. Je suis très ambitieux et bien que je respecte beaucoup le National, je ne comptais pas y passer ma carrière. Le deal avec le président était que je reste deux ans afin de me révéler. Mais déjà au bout de six mois, j’avais des propositions de différentes équipes à des niveaux supérieurs. Même le Genoa était venu se renseigner.



Mais pourtant tu fais tes deux ans à Pau...
Avant de partir, je voulais au moins faire une saison complète en National. Et puis le club ne souhaitait pas me lâcher tout de suite. Je n’avais pas envie de partir, surtout à l’étranger, et de me retrouver prêté à droite, à gauche. Et j’ai bien fait de rester finalement. J’ai réalisé deux belles saisons où j’ai confirmé, et à la fin, j’ai fait le choix du Paris FC où j’étais sûr d’avoir du temps de jeu.

Qu’as-tu pensé de la ville de Paris à ton arrivée ?
Que ce n’est pas mieux que Dakar. (Rires.) Non, j’avoue que la première fois que j’ai mis les pieds à Paris, j’ai été impressionné. Les lumières la nuit, c’est quelque chose. Mais une fois l’euphorie passée, je m’y suis fait. En réalité, je suis hyper casanier. Le seul truc qui me pousse à aller dehors, c’est le shopping. J’adore faire les magasins, et Paris, c’est l’endroit idéal.

« Idrissa (Gueye), c’est mon grand frère. Il m’a contacté peu de temps après mon arrivée et ne me lâche plus depuis. On essaye de s’appeler ou de se voir au moins une fois par semaine, malgré nos emplois du temps. »

Le « Paris by night » , ce n’est donc pas trop pour toi.
Personnellement, j’ai un peu de mal à comprendre les joueurs qui se perdent dans ce genre de ville. Tout ce qui est fête et paillettes, ce n’est pas mon délire. Moi, tout ce que je demande, ce sont mes siestes et YouTube. Je passe vraiment mon temps sur YouTube, à regarder des documentaires sur le football. Je pense être la seule personne au monde à n'utiliser ce site que pour ça. (Rires.)

La capitale t’a surtout permis de rencontrer Idrissa Gueye.
Idrissa, c’est mon grand frère. Il m’a contacté peu de temps après mon arrivée et ne me lâche plus depuis. Il me donne énormément de conseils, tant sur l’aspect sportif que sur l’hygiène de vie. On essaye de s’appeler ou de se voir au moins une fois par semaine, malgré nos emplois du temps. Lui, il est débordé avec ses matchs tous les deux jours, et moi avec ma Ligue 2, ce n’est pas non plus facile tous les jours !



À ce propos, le Paris FC peut-il exister dans l’ombre de ce PSG-là ?
Il faut respecter le Paris FC. C’est un club qui fait partie du paysage francilien depuis un long moment. Comme je l’ai dit, ça fait six ans que le club joue les premiers rôles en L2 et il faut désormais valider ça par une montée. Bien sûr que c’est incomparable au PSG qui évolue dans un autre monde depuis une décennie. Mais il n’y a aucune forme d’infériorité.

« J’ai stoppé ma séance et en vérifiant, j’ai vu une dizaine d’appels et de messages WhatsApp venant du Sénégal. L’un d’eux disait : "Bonjour Moustapha, c’est Aliou Cissé, le sélectionneur du Sénégal. Rappelle-moi dès que tu peux." »

C’est d’ailleurs le PFC qui t’a permis d’intégrer la sélection sénégalaise en novembre 2020.
C’est tout simplement le plus beau souvenir de ma carrière pour l’instant. Je me souviens que j’étais au gymnase et que j’entendais mon téléphone vibrer. Une fois, deux fois, ça n’arrêtait pas. J’ai stoppé ma séance et en vérifiant, j’ai vu une dizaine d’appels et de messages WhatsApp venant du Sénégal. L’un d’eux disait : « Bonjour Moustapha, c’est Aliou Cissé, le sélectionneur du Sénégal. Rappelle-moi dès que tu peux. » J’ai cru à une mauvaise blague, mais par précaution j’ai rappelé la personne. Et au bout du fil, c’était effectivement le coach. J’étais à deux doigts de m’évanouir. Il me parlait avec sa voix calme, mais je ne me souviens même pas de ce que je lui ai répondu tellement j’étais ailleurs. J’espère juste ne pas lui avoir dit n’importe quoi !

Tu as fait quoi après avoir raccroché ?
Mon premier réflexe a été d’appeler mon père. Il respirait fort pour s’empêcher de pleurer, puisque comme tous les papas africains, il cache ses émotions. Mais j’entendais sa voix qui tremblait. Rien que d’en parler, ça me fait bizarre.



Pas trop stressé en arrivant dans le même vestiaire que Sadio Mané, Édouard Mendy ou Kalidou Koulibaly ?
L’équipe du Sénégal, c’est la famille. Personne n’est au-dessus de l’autre, et pourtant, je peux vous dire que j’ai été impressionné en débarquant la première fois. J’avais un peu d’appréhension en me disant que je venais de Ligue 2, qu’eux jouaient la Ligue des champions et qu’ils allaient peut-être avoir des a priori, mais il n’y a rien eu de tout ça. Le pire, c’est que j’ai mis presque quinze minutes avant de réaliser que j’avais Sadio Mané en face de moi dans les vestiaires. Il est tellement discret, c’est trop. Ce groupe a vraiment quelque chose d’exceptionnel.

Entre la CAN, la Coupe du monde et la lutte pour la promotion en Ligue 1, le programme s’annonce chargé pour toi.
Pour me stabiliser en sélection, il faut déjà que je fasse le travail en club. C’est le début d’une aventure qui peut être magnifique, et c’est à moi de faire en sorte qu’elle le devienne. En attendant que tout se mette en place, je vais continuer de faire mes siestes.

Par Adel Bentaha et Emmanuel Hoarau
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