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Le carnet tactique de Manchester City-Atlético

Alors qu'ils ne s'étaient plus croisés depuis le printemps 2016, Pep Guardiola et Diego Simeone se sont retrouvés mardi soir, à l'Etihad Stadium, avec Manchester City et l'Atlético. Retour sur un débat tactique qui a vu les Madrilènes construire, entre autres, l'un des plus beaux murs de leur histoire.

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Au bout d’un dîner en crampons brûlant, lors duquel les neurones des différents invités ne sont pas passés loin de griller au milieu d’un océan de folie, Diego Simeone s’avance et pose son cœur sur la table d’une salle de presse, à Munich. Nous sommes le 3 mai 2016 et l’Argentin, alors fraîchement qualifié pour la deuxième finale de Ligue des champions de sa vie d’entraîneur, dit : « Honnêtement, c’était merveilleux de voir le Bayern mettre autant d’intensité avec autant de qualité. J’ai été amoureux de ce que j’ai vu. » Malheur pour le Bayern : bien que longtemps emprisonné dans son camp par l’animation dessinée par Pep Guardiola (un 3-3-4 sauvage, porté, entre autres, par un duo Alaba-Ribéry électrique sur le côté gauche et un Boateng royal dans son rôle de meneur de jeu reculé), l’Atlético de Simeone, vainqueur de la manche aller à Madrid sur un slalom gagnant de Saúl Ñíguez (1-0), a vu une fenêtre s’ouvrir, dans laquelle Antoine Griezmann a sauté pour égaliser et attraper au vol un ticket d’or pour disputer une finale à Milan. Questionné six ans plus tard à l’occasion d’un épisode de la série qui lui est actuellement consacrée - Living Match by Match -, Diego Simeone a de nouveau parlé de cette nuit allemande comme d'un match « invraisemblable » et de sa volonté assumée de transformer sa propre surface de réparation « en tranchée » (33 tirs et 35 centres concédés, 45 ballons dégagés, un Bayern laissé avec 73% de possession de balle) lors de la bataille de l'Allianz Arena. Interrogé à la même occasion, Pep Guardiola, lui, a souri : « Je serais incapable de demander ça à mes joueurs, mais ceci dit, j’admire la capacité de l’Atlético à résister coûte que coûte. Ils savent qu’à un moment donné, l’abeille va piquer. »

Depuis 2016, date de la dernière confrontation entre une équipe de Simeone et une équipe de Guardiola, certaines choses ont évidemment évolué. Le technicien argentin est notamment redevenu champion d’Espagne au printemps 2021 en acceptant de rompre avec son éternel 4-4-2 et d’ajouter parfois un élément en phase offensive pour tromper des adversaires progressivement devenus des miroirs. On a alors vu l’Atlético, qui a perdu au fil des saisons de sa toute puissance sur coups de pied arrêtés, varier les poisons et les animations pour gagner de nouveau. Son homologue catalan, de son côté, a quitté l’Allemagne pour rejoindre l’Angleterre et, s’il place toujours le ballon au centre de son projet, Guardiola s’est adapté à de nouveaux contextes pour pousser au maximum les frontières d’un football sans pointe fixe où les éléments se relaient dans l’occupation des différentes zones et où les latéraux, encore plus qu’au Bayern, resserrent vers l’intérieur pour « gagner en contrôle » . Reste qu'au fond du fond, Pep Guardiola est Pep Guardiola et Diego Simeone est Diego Simeone. Mardi soir, les deux hommes se sont alors retrouvés au bord d’un gazon pour un quart de finale aller de Ligue des champions qui a accouché d’un spectacle attendu, mais qui n’a malgré tout pas manqué de sel.

La porte Cancelo, la réponse par le mur


Premièrement, car même un spectacle attendu a son charme et qu’il existait une curiosité autour de l’Atlético, redevenu « chiant et pénible » (Griezmann) depuis un succès mi-février à Osasuna (0-3) dans le plus pur style Atlético, ce que la double confrontation contre Manchester United lors des huitièmes de finale était venue confirmer. Sans surprise, les Colchoneros se sont alors avancés sur la pelouse de l’Etihad Stadium avec un 5-3-2 bloc bas qui a rapidement laissé Manchester City, dont le premier objectif du soir a été de minimiser les risques (Aké, Laporte et Stones sont dans un premier temps restés principalement derrière Rodri), installer le contexte tactique prévu, mais surtout profiter d’une faille structurelle. À savoir : une porte ouverte à Cancelo, installé mardi soir côté droit en l’absence de Kyle Walker, suspendu, qui est souvent, comme à son habitude, venu se glisser à l’intérieur pour former un losange - dont Bernardo Silva et De Bruyne se sont partagé la pointe - alors que Mahrez et Sterling fixaient la ligne défensive adverse au large. Lors des vingt premières minutes de la rencontre, l’international portugais a ainsi profité, entre autres, de quelques montées de Stones, qui ont forcé Kondogbia à sortir, ou du travail de Rodri pour créer un casse-tête sous le nez de Renan Lodi et autour de la première ligne de pression de l’Atlético. Il s’est alors notamment retrouvé en position d’armer (8e) ou de centrer (11e) pour Gündoğan en profitant des espaces ouverts sur les flancs de la deuxième ligne à trois têtes des Madrilènes.


Sur cette séquence, Cancelo va être trouvé à l’intérieur par De Bruyne, sur qui est sorti Kondogbia, et va avoir le temps d’armer. Sa frappe va être contrée.


Ici, alors que Mahrez fixe toujours Lodi au large, Cancelo peut profiter de la sortie de Kondogbia sur Stones et va être une solution de progression naturelle...


... en deux contre un, Lodi ne peut pas sortir sur Cancelo, de peur de libérer Mahrez, et le Portugais peut alors armer son centre, qui ne pourra cependant pas être repris par Gündoğan.


Enfin, ici, on voit Laporte et De Bruyne indiquer à Stones de sortir avec Cancelo dans le dos de João Félix...


... trouvé lancé, Cancelo va alors effacer Lodi d’un crochet intérieur...


... puis va décaler Mahrez.



Cette zone a également été exploitée par De Bruyne, ici trouvé par Laporte après une sortie à contretemps de Kondogbia...



Finalement, après ce centre envoyé par De Bruyne à partir d’une zone ultra dangereuse et l'énième étincelle (18e) née du pied droit de Cancelo, qui a effacé Lodi d’un crochet intérieur avant de lancer Mahrez de l’extérieur, Diego Simeone a réagi et a choisi d’installer un 5-5-0 rapidement identifiable, très dense, qui a su coulisser avec rigueur et fermer pour de bon les connexions intérieures d’un City au pied d’un mur rare. À cet instant, une réponse du Cholo lors d’une interview donnée à Vicente del Bosque il y a plusieurs mois est revenue dans les têtes : « De nos jours, plus personne ne dribble. Tout est question de position. Il faut une supériorité numérique dans telle zone ou dans telle autre. Et le talent ? Et l’individu ? Et le dribble ? La capacité d’un joueur à fuir ? À se débarrasser d’un adversaire pour rompre toute la structure adverse ? Qui l’a ? Peu de joueurs l’ont. » Une deuxième rencontre, entre une équipe qui a attaqué sans attaquant et une autre qui a défendu sans attaquant (Kondogbia a bien espéré voir son équipe presser haut après la demi-heure de jeu, mais il est allé une fois chasser en solitaire avant de reprendre son rôle dans la tranchée), a alors démarré sous nos yeux. Dans ce cadre et malgré les demandes répétées de Guardiola d'augmenter la vitesse des échanges tout en densifiant une aile afin de mieux gifler par l'autre, City n’a pu tirer ses boulettes que de l’extérieur de la surface et Felipe, qui a effectué quelques jaillissements bien sentis, a d’abord régné dans son costume de policier, bien aidé par ses deux adjoints, notamment un Reinildo impérial au sol. À l’exception d’une belle ouverture de Mahrez vers Cancelo (36e), les locaux, brillamment anesthésiés par les Nobel du jeu sans ballon (Guardiola pointait d'ailleurs en avant-match la capacité de l'Atlético à forcer ses adversaires à renier ce qu'ils sont), mais aussi souvent assez statiques dans les 30 derniers mètres où tout doit être rythme et duperie, ont alors bavardé dans le vide et, à 21h43, entre deux crachats, Pep Guardiola s’est lancé dans une longue discussion avec Juanma Lillo afin d'imaginer une potentielle parade. Après la rencontre, Kevin De Bruyne a été clair : « C'est la première fois que je vois un 5-5-0. Face à cinq défenseurs et cinq milieux, c’est dur de trouver des espaces. À ceux qui veulent nous faire des reproches, je conseille de faire l’essai sur un terrain d’entraînement. »


Le 5-5-0 très dense de l’Atlético avec Griezmann placé à droite de Llorente et João Félix situé de façon à cadrer la liberté de Cancelo.




Exemple du bon contrôle de l'intérieur par le 5-5-0 de l'Atlético : alors que Rodri cherche à piquer via Sterling, Felipe sort et met Sterling en boîte.


À noter : City n'a que trop rarement tenté ce type de circuits, où un élément attaque la profondeur via le demi-espace. Ici, Bernardo Silva le fait sur une passe de Sterling, mais sera finalement repris par Savić...


Là, Cancelo, bien lancé par Mahrez, mais ce sera cette fois Felipe qui fera le bon retour. Dans les 30 derniers mètres adverse, tout est une question de timing et de précision ultime.


Ce 5-5-0 a aussi eu une pertinence offensive puisqu'en forçant les centraux de City à se découvrir davantage, l'Atlético s'est ouvert de plus grands espaces : sur cette séquence, Stones va trouver De Bruyne entre les lignes...


... mais Reinildo va jaillir sur la passe du créateur belge et dans la foulée...


Koke va se retrouver en position de lancer João Félix en profondeur. Cancelo reviendra bien sur l'attaquant portugais, mais l'idée était là.

« On n'a pas attaqué au bon rythme »


Question : cet Atlético pouvait-il présenter un autre visage ? Réponse de Diego Simeone : « On jouait un adversaire extraordinaire et avec le nombre de buts qu’ils marquent à domicile, leur jeu très dynamique, le nombre de joueurs qu’ils utilisent en phase offensive, on a joué avec nos armes. Même si c'est un mauvais résultat parce qu'on a perdu 1-0, ça a été un effort collectif massif. » Sur certaines rares séquences, João Félix, assez brillant pour faire parfois respirer les Colchoneros, a laissé entrevoir quelques espoirs et Antoine Griezmann, qui n’a plus ses jambes de 2016, a eu son occasion en or (48e), mais les Madrilènes, qui ont quand même accepté de faire ressortir un attaquant - Griezmann, relayé ensuite par Cunha - en phase défensive lors de la seconde période pour jouer quelques transitions, ont surtout eu mardi soir une approche plutôt rationnelle compte tenu de leur force et de celles de City. Au bout du bout, l’Atlético, venu à Manchester pour survivre en vue du retour plutôt que pour vivre, n’a malgré tout pas tiré une seule fois au but, ce qui n’était jamais arrivé depuis l’arrivée de Simeone sur le banc en décembre 2011. Surtout : Manchester City, qui s'est ajusté en seconde période (Stones un cran plus haut, Cancelo chargé de fixer au large et Mahrez menace supplémentaire à l'intérieur aux côtés de De Bruyne pour jouer dans le dos de Kongodbia), a fini par accélérer le tempo et faire sauter une brique. Cela a aussi été rendu possible par l’entrée de Phil Foden, bélier aux 1000 idées dont les qualités de danseur de petits espaces ont magnifié une passe cachée brillante de Rodri, également précieux mardi soir pour équilibrer son clan (12 ballons récupérés), alors que Guardiola venait de trier ses cartes (au-delà de Foden, Grealish est entré et a été découpé de partout).


Dès le début de seconde période, on a vu un ajustement dans l'animation de City avec un Mahrez plus à l'intérieur, un Stones plus écarté et Cancelo chargé d'occuper la largeur. Ainsi, Guardiola a augmenté les dangers dans les zones clés.


Et, point de départ de l’ouverture du score : City, toujours organisé dans un 3-4-3 losange en phase offensive avec De Bruyne en 10, Foden et Bernardo Silva en relayeurs et Rodri en 6, fait face au 5-4-1 de l’Atlético.


Rodri progresse alors, laisse sortir Kondogbia et va pousser João Félix à anticiper une passe au large vers Cancelo. Cet espace ouvert va être précieux...


... car Foden peut alors être trouvé et, sur un pas, le jeune Anglais va mettre le boxon...


... Reinildo va alors sortir sur lui et libérer De Bruyne, qui peut ensuite profiter d’un Felipe sous la surveillance de Gabriel Jesus : au bout, 1-0.


Néanmoins, Pep Guardiola, qui passe sa deuxième vie à répéter « qu’en attaquant de la bonne manière, on trouve toujours un espace » , n’a pas caché ses regrets post-match aller : « Ce soir, c’était difficile de trouver des espaces, on a été patients, mais on n’a pas attaqué au bon rythme. Heureusement, on a marqué, car Phil a des qualités spéciales, des prises de balle toujours vers l’avant, des premiers appuis incroyables... On savait qu’on aurait besoin de lui et de Gabriel Jesus pour remettre de la vitesse quand le match deviendrait un peu poussif. Ils l'ont fait et ils ont été très bons. Je dois quand même réfléchir à ce qu’on peut faire pour mieux attaquer. » Malgré 15 tentatives, Manchester City, qui a tout de même su se montrer inventif sur les phases arrêtées, a fini la soirée avec une grosse majorité de frappes à faible xG, et seul De Bruyne, parfaitement trouvé en retrait par Foden, qui venait d’enrhumer coup sur coup Kondogbia et Reinildo, a eu une vraie opportunité de 2-0 (81e). Il faudra quand même retenir que le coach qui fait le moins de changements en Premier League a su faire basculer cette manche aller grâce à son banc et qu’il tient entre ses doigts un groupe qui a bien franchi un cap dans sa gestion psychologique des grands événements. Diego Simeone, lui, regrettera peut-être d’avoir coupé les pattes un peu tôt de son équipe, alors qu’elle semblait plutôt bien tenir le scénario à l’heure de jeu. Le changement de la règle sur le but à l'extérieur a également sans aucun doute affecté l'approche du Cholo. Quoi qu’il en soit, City, qui s’apprête à défier Liverpool dans un duel aux couteaux en Premier League, n’a mis qu’un seul coup, et mercredi prochain, c’est probablement une autre pièce qui se jouera au Wanda Metropolitano. N’oublions pas qu’il y a plus de dix ans, après avoir échangé avec Simeone au cours d’un entraînement de son Barça, Pep Guardiola avait tiré une conclusion pour la vie : « Cet enfoiré va être doué... » On sait qu'il l'est d'autant plus lorsque l’événement lui demande de faire bouillir la marmite. Gare à l'abeille.



Par Maxime Brigand
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