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Franklin Wadja : « Et là, on me sert une pauvre purée de pommes de terre... »

À Lorient, le patron au milieu se nomme Franklin Wadja (23 ans). Depuis un an, le gamin de Douala s’est imposé au terme d’un long parcours du combattant. Arrivé dans le monde pro sur le tard, il nous livre le récit de ses débuts périlleux entre blessures, adaptation à la bouffe française et amour pour Marc-Vivien Foé.

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C’était quoi la vie à Douala dans les yeux du petit garçon que tu étais ?
Assez classique. J’étais jeune, j’allais à l’école, je rentrais, je n’arrêtais pas avec le foot. Je m’amusais avec mes copains tout le temps. J’étais à l’Aspoes où j’ai fait une pré-formation. Mon père avait un boulot dans une société de tapisserie de Douala quand ma mère travaillait dans la couture, même si au bout d’un moment, elle a arrêté pour rester à la maison avec nous. Donc ils me soutenaient. C’était un rêve de gamin. Faut se donner les moyens, je jouais au foot à n’importe quel moment. À l’école, dès que je trouvais un moment de libre, je sortais dehors pour aller taper de la balle.

Tu as joué à l’école de football des Brasseries du Cameroun où ont été formés Rigobert Song et Samuel Eto’o.
Tout le monde connaît cette école là-bas juste pour ces joueurs. Chaque année, ils organisent un tournoi pour les moins de 12 ans pour dénicher des jeunes talents. Mais moi, je n’y suis entré qu’à 15 ans. C’est en jouant un match amical contre eux qu’ils m’ont finalement repéré. J’y suis resté trois ans. Je ne dirais pas que c’était tard, mais c’était pile le bon moment pour rentrer dans le haut niveau africain. En revanche, là-bas c’est l’école ou le foot. C’est très compliqué quand tu es jeune de te focaliser sur les études. Pour quelqu’un comme moi qui est arrivé sur le tard, le planning entre l'école et les entraînements était assez difficile à gérer. En deuxième année, j’avais mon brevet. Je suis entré en seconde sans envie. Je suis arrivé à Niort en 2015 sans diplôme finalement. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai passé mon brevet de moniteur du football (BMF) dès mon arrivée.

Marc-Vivien Foé est le joueur qui t’a le plus inspiré. Pourquoi ?
J’étais jeune, je devais avoir 7 ans je crois en 2002. Je regardais à la télé la Coupe d’Afrique que le Cameroun a remportée cette année-là.
« Marc-Vivien Foé m'impressionnait par sa manière de jouer, son physique, son jeu vers l’avant. J’avais tout repéré chez lui pour le répéter à l'entraînement. »
C’était une première pour moi. (Daniel Ngom) Kome, (Eric) Djemba-Djemba et bien sûr Marc-Viven Foé jouaient au milieu de terrain. C’était l’une des plus belles générations. Après cela, il n'y a plus eu d’équipe aussi forte pendant une dizaine d’années. J’avais les vidéos des matchs de Foé. Et il m'impressionnait par sa manière de jouer, son physique, son jeu vers l’avant. J’avais tout repéré chez lui pour le répéter à l'entraînement.

Tu n'as pas eu un peu la trouille avant de partir en France ?
Je n’appréhendais pas. J’avais des partenaires et des grands frères partis avant moi. Il y a eu Clinton Njie qu’on connaissait qui est parti à Lyon au même âge que moi, deux ans avant moi. Lewis Enoh aussi, un coéquipier parti en Belgique (à Lokeren, N.D.L.R.) qui est ensuite allé en première division roumaine (Politehnica Iasi). Chez nous, à Douala, il y avait beaucoup de bons contacts avec des clubs français. Je n’avais pas de doute, quand j’ai rencontré le manager niortais Karim Fradin, que c’était un bon projet qui s'offrait à moi. Les familles étaient très vite rassurées. Parce que les escroqueries, les faux agents, ça existe...

Tu es repéré à 18 ans par Niort, en 2013. Comment se passe ton adaptation ?
Je n’étais pas assidu au tout début. Sportivement, ça pouvait le faire. Mais en extrasportif, la nutrition et le rythme de vie sont des domaines compliqués à gérer. Chez moi, je ne mangeais que de bons plats africains. Quand je suis arrivé, on m’a dit lors de mes premiers jours qu’il y avait de la purée au menu. J’étais content sur le moment, car j’étais fan de purées à l’avocat ou autres au Cameroun. Et nan, là, on me sert une pauvre purée de pommes de terre. Ça m’a refroidi. Je ne mangeais pas les légumes, les lasagnes préparées, etc. Donc, comme je ne mangeais pas sainement, j’ai accumulé les méformes et les blessures. C’était sûrement la chose la plus perturbante à mes débuts.

Ton ascension a ensuite pris un vilain coup de frein. Tu te blesses lors de ton premier match dès que tu es prêté à Fontenay-le-Comte.
On me diagnostique un problème au nerf au-dessus du péroné. Alors forcément, après l'opération, tu t’isoles. Tu réfléchis beaucoup dans ces moments-là. Mais à aucun moment je n’ai pensé arrêter le foot, même si je me sentais très seul. J’ai pris énormément de temps en matière de rééducation. J’habitais en plus dans un petit village comme Fontenay sans avoir de voiture. Au quotidien, j’étais à l’écart de tout. Je devais aller à pied à l’auto-école pour passer mon code. Ce sont de grands moments de solitude.

Ton pote Daouda Bassock, resté à Niort, passait professionnel dans le même temps.
J’étais évidemment content pour lui. Je savais à un moment donné que j’aurais la chance de faire comme lui. En soi, il m’a inspiré. Je devais me défoncer pour pouvoir percer et devenir comme lui. Le fait qu’il passe pro ne m’a pas affecté, ça m’a regonflé. Je n’avais plus qu’un objectif : suivre les pas de mon ami.


Après ta belle saison 2016-2017 à Fontenay, Lorient te recrute et tu te retrouves directement en équipe première...
J’étais censé passer un peu de temps avec la réserve.
« Quand je rentre chez moi, je suis rincé, alors je ne sors pas. Je préfère voir un film sur Netflix que mater un film au cinéma. Je ne vais même pas à la plage aussi. Même si on est à Lorient... »
Mais Mickaël Landreau a eu besoin de monde dans le groupe pro pendant à peu près trois semaines. Finalement, il m'a gardé pour tout le reste de la saison. Depuis, tout roule. Tu dois très vite t’adapter à la vie de footballeur pro qui est prenante. Mon emploi du temps n'est fait que de rendez-vous professionnels et d’entraînements. Quand je rentre chez moi, je suis rincé, alors je ne sors pas. Je préfère voir un film sur Netflix que mater un film au cinéma. Je ne vais même pas à la plage aussi. Même si on est à Lorient...

En mai dernier, la blessure de Zambo Anguissa t'a permis de rejoindre les Lions indomptables. Tu as même joué quelques dizaines de minutes face au Burkina Faso (défaite en amical, 1-0). Qu’est-ce que tu ressens à cet instant ?
Je prends un plaisir fou. Et quand t’as goûté à la sélection, tu en demandes encore et encore. Pour l’instant, je n’ai fait qu’une sélection face au Burkina à Beauvais. On avait certes perdu, mais qu’est-ce que j’étais fier ! Alexandre Belinga, le manager, m’avait fait entrer en cours de match. Étant donné qu’il y a la CAN organisée au Cameroun en juin 2019, ce serait incroyable de jouer directement au pays devant la famille. Mes parents n’ont pas encore eu l’occasion de me voir jouer puisque, pour l’instant, ils sont toujours en Afrique, à me regarder à la télé.

Avec Clarence Seedorf et Patrick Kluivert à la tête de la sélection, ça donne envie d’y revenir.
Quand ils étaient à Milan et Barcelone, j’avais pas mal de cassettes de leurs buts. Et oui, on peut dire que c’est motivant ! Ils ont tous les deux des carrières exemplaires. Le seul fait de défendre ses couleurs est déjà extraordinaire. Alors avec eux...

Propos recueillis par Alexis Souhard
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