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Report de Lens-PSG : un champion d’Europe ne devrait pas faire ça

Par Julien Faure
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Report de Lens-PSG : un champion d’Europe ne devrait pas faire ça

Ça y est, c’est acté, Lens-PSG n’aura pas lieu le 11 avril prochain. Placé entre deux matchs du PSG contre Liverpool, le choc de Ligue 1 a été ramené à son état de match de fermiers. À l’initiative, Paris n’en sort pas grandi.

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Voilà à peu près la destinée qui attend le PSG en cas de nouveau titre de champion de France en fin de saison. En demandant, et en obtenant, à déplacer son choc en très haute altitude contre Lens à Bollaert-Delelis, prévu le 11 avril et ayant le malheur de se trouver au beau milieu de la double confrontation du PSG contre Liverpool en C1, le PSG a acté que son championnat passait très largement au second plan.

Prends ça le sprint final !

Même avec un match en moins et un point d’avance en tête du championnat, Paris a obtenu le report d’un Lens-PSG de tous les dangers. Les arguments contre étaient pourtant nombreux. Mais pour la LFP, avoir le PSG de l’autre côté de l’échiquier ressemble à un argument irréfutable en faveur du pour. Voilà donc que Paris, qui « n’a rien contre Lens », merci M. Campos pour les précisions, en vient à bafouer l’intérêt d’une compétition entière. En déplaçant son choc de la fin de saison, Paris dit au petit de rester petit, qu’il l’affrontera quand il le voudra et à ses conditions. Et ce ne sera pas en position de « faiblesse ».

Et si d’ici le report, Lens cale et que le choc ne devient plus qu’une rencontre sans intérêt entre le futur champion et son dauphin qui n’a plus rien à jouer ? La Ligue 1 aura perdu, très gros, Paris aura gagné, comme d’hab, et la posture de sauveur du foot hexagonal ne tiendra plus, si elle tenait encore. L’impression de gâchis est même double. Au terme d’une extraordinaire saison 2024-2025, on aurait plutôt dit que le PSG avait redoré son image aux yeux de l’Hexagone. Grâce à son jeu flamboyant mais aussi aux attitudes dégagées, du coach aux joueurs. Ce coup de Trafalgar vient jeter un sacré coup de froid à ces constats. Le PSG pourra faire ce qu’il veut sur le terrain, il vient de rappeler son rôle de tyran par la voix de son meilleur messager, la LFP.

La règle et l’esprit de la règle

Le fait est qu’en demandant ce report, Paris est bien sûr dans son droit. Tout autant que les raisons invoquées, liées notamment à la fatigue, s’entendent. Mais il y a la règle et l’esprit de la règle. Et peu importe si un président leur reprochait déjà de fausser la course au maintien il y a deux ans. On peut déjà entendre les plaintes, « quoi que Paris fasse, il y aura des gens pour râler ». Et alors ? Depuis quand Paris s’en préoccupe-t-il vraiment ? Surtout qu’il ne risque cette fois-ci pas vraiment de fausser le championnat en faisant tourner à Lens. Que Monaco, Rennes, Lille, Lyon, Strasbourg ou même Marseille obtiennent des reports lors de leurs (hypothétiques) épopées européennes est tout de même bien moins choquant, avouons-le. Que Paris, champion d’Europe en titre (!), qui surdomine le championnat, qui dispose d’un effectif, même en nombre réduit, à même de mettre à genoux les 17 autres écuries de Ligue 1, demande à bénéficier d’une pause d’une semaine, alors que pour une fois il pourrait faire face à la difficulté, ça se défend beaucoup moins. Ça fait même pourri gâté.

Allons même plus loin. Peu importe finalement le report de PSG-Nantes du mois de mars, même si aligner une équipe B contre une équipe qui affiche moins de 10% de chances de rester en Ligue 1 n’a rien d’inquiétant. Peu importe en fait, parce que Waldemar Kita n’a en rien la figure d’un révolutionnaire et se complaît gentiment dans son rôle de bon serviteur du PSG. Sauf que là, la résistance a véritablement perdu le bras de fer. Paris l’a joué au bluff, a invoqué l’indice UEFA et les retombées positives sur le championnat, deux cartes qu’il n’a pas en main. Pourtant, la LFP s’est couchée. Par peur de quoi ? Bonne question.

En tout cas celui qui n’a pas peur, Joseph Oughourlian, qui est monté au front depuis plusieurs mois contre Paris, qui s’est exposé et a tenu sa ligne de conduite, a perdu. Pas parce qu’il n’avait pas de meilleure main, parce qu’il n’a même pas vraiment été invité à la table. Le pire, c’est qu’il l’avait senti venir. Résultat, c’est Lens qui se retrouvera invariablement pénalisé par un calendrier qui va d’abord se retrouver bien vide, seulement deux matchs à disputer d’ici au 21 avril et une demie de Coupe de France, avant de finir surchargé, avec trois matchs en sept jours pour finir la saison. Drôle de monde. En 10 jours, le PSG avait l’occasion de faire face aux périls red et sang et or et d’en ressortir pétri de certitudes, il a choisi le puéril.

Lens-PSG officiellement reporté par la LFP

Par Julien Faure

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