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Le Real Madrid a beau avoir 15 étoiles, il n’a plus la bonne

Par Julien Faure
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Le Real Madrid a beau avoir 15 étoiles, il n’a plus la bonne

Éliminé par le Bayern, qui a pour une fois vu le destin lui sourire, le Real Madrid s’enfonce vers une deuxième saison consécutive sans titre. Il y a peu encore, la Ligue des champions ressemblait au symbole de sa toute-puissance et de sa capacité à renverser la table. Aujourd’hui, elle semble avoir définitivement tiré la sonnette d’alarme.

De mystique à mythique, il n’y a qu’un pas ou deux lettres. Un « s » et un « h », précisément. Le « h » de l’histoire, que le Real Madrid a marquée inlassablement du haut de ses quinze Ligues des champions et de son statut de plus grand club du monde. Mais un « s » aussi, comme le sinueux chemin que le club merengue va devoir emprunter pour retrouver les sommets. Alors qu’il s’apprête à vivre une deuxième saison blanche d’affilée, le Real semble dos au mur. Entre la fin du paranormal qu’il avait fait sien et une stratégie sportive floue, le Real ne serait-il pas à la croisée des chemins ?

Quand la pièce ne tombe plus du bon côté

C’était il y a deux ans seulement. En demi-finales, déjà contre le Bayern. Au bord du gouffre, le Real avait sorti un Joselu de son chapeau pour planter un doublé et doucher les espoirs des Bavarois. Un exemple parmi tant d’autres d’une Casa Blanca qui avait toujours plus d’un tour dans son sac au moment de renverser des montagnes en Ligue des champions. Ce petit truc en plus, cette roue qui tournait toujours du bon côté, le Real Madrid semble l’avoir perdu. Depuis deux ans, et deux saisons terminées au stade des quarts de finale, le cours de l’histoire s’est même inversé. Par la grâce de deux coups francs sortis de nulle part, puis la folie d’une fin de match qui avait toujours pris l’habitude de pencher de son côté et où il a perdu les pédales, le Real s’est effondré et a vu ses ambitions continentales disparaître.

Enfin des tablettes de chocolat sans cadmium.
Enfin des tablettes de chocolat sans cadmium.

Pourtant, tous les ingrédients étaient encore réunis à l’Allianz Arena ce mercredi. Manuel Neuer à côté de ses pompes, le Bayern exposé aux contres et une réussite affolante de l’autre côté du terrain. Alors, on y a cru. À cette prolongation, au retour de l’inexplicable fléchissement de l’adversaire dans les minutes qui comptent. Et puis non. Et cela va bien au-delà du simple carton rouge récolté bêtement par Eduardo Camavinga.

Entre 2010 et 2024, le Real avait manqué le dernier carré deux petites fois seulement. Voilà qu’il a déjà doublé la mise. Signe d’une dynamique qui s’éteint petit à petit. À l’image de son meilleur ennemi barcelonais. Un sacré pied de nez quand le voisin colchonero, lui, sera bien au rendez-vous. Du haut de ses six Ligues des champions remportées depuis 16 ans, on pensait presque le grand Real imperméable à la rechute. Celle qui par exemple l’avait privé de quarts de finale de Ligue des champions pendant six ans, entre 2005 et 2010.

Real bordel

Ce Real, c’est celui qui perd ses nerfs. C’est celui d’Antonio Rüdiger, celui d’Arda Güler, qui a cru vivre son acte de naissance européen avant de prendre un rouge pour avoir trop gueulé sur l’arbitre dans le tunnel ; celui qui n’a plus autant de décisions en sa faveur. Celui de Kylian Mbappé, autant problème que solution et qui se rapproche tout doucement des plus grands losers de l’histoire de la C1. Celui de Vinícius, redevenu Junior après avoir trouvé ses habits de cador… On se demande bien qui dans ce vestiaire a l’étoffe d’un leader, un vrai, pas juste légitime par son talent (à part peut-être Valverde, encore que), et voilà les Madrilènes sans victoire depuis quatre rencontres, une première depuis 2018 ! Le mal est de toute façon plus profond.

On parle ici d’un Real qui, pour la première fois depuis l’enchaînement des saisons 2009 et 2010, va terminer deux campagnes consécutives sans trophée. Le Real d’avant sa période dorée très contemporaine en quelque sorte. Une lueur d’espoir de retrouver de l’allant ? Rien n’est moins sûr. Car pour ça, il faudrait un capitaine digne de ce nom à la tête du navire. Et si Carlo Ancelotti a un temps réussi à garder la face, à obtenir des résultats malgré un plan de jeu de plus en plus dur à cerner, voilà le Real en fin de cycle à tous les niveaux. Le Mister est parti, ses cadres aussi, et ses successeurs n’ont pour le moment pas eu les épaules pour prendre la relève. Xabi Alonso a vu la sortie lui être indiquée bien prématurément, et son remplaçant maison, Álvaro Arbeloa, fait déjà pire et semble condamné à rendre son casier dès le coup de sifflet final de la saison.

Pour le remplacer, on entend du Jürgen Klopp par ci, du Didier Deschamps par là, et pour sûr qu’on entendra bientôt parler de Cesc Fàbregas malgré son passé barcelonais. Pourquoi ? Parce qu’ils sont dans la tendance. Mais vraiment dans la bonne direction ? Le Real a certainement trop fonctionné en mode pilote automatique, en jouant à ça passe ou ça casse, et il s’est pris les pieds dans le tapis. À l’heure qu’il est, il semble même saucissonné dedans, et bien malin celui qui pourra prédire l’issue de ce long tunnel. L’ADN du plus grand club du monde ne sert à rien s’il manque les fondations.

Eduardo Camavinga présente ses excuses

Par Julien Faure

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