- C1 - Demies – PSG-Bayern (5-4)
A-t-on le droit d’être un peu déçu du match de Michael Olise ?

Auteur d’un but sur une "bundesfrappe" sensationnelle, Michael Olise a rendu une copie in Ordung, comme on dit outre-Rhin. Il n’empêche que le Français laisse un sentiment de frustration au terme de ces 90 minutes. Sans ses quelques maladresses et une seconde période plus brouillonne, il aurait largement permis au Bayern Munich de repartir vainqueur du Parc des Princes.
Le football moderne a fait de nous des enfants gâtés. Malgré une « finale avant l’heure » qui a tenu toutes ses promesses et un score qui ferait oublier que les 0-0 existent encore dans le plus beau sport du monde, on trouvera toujours un moyen de râler. Les supporters du PSG, de ne pas avoir réussi à maintenir un écart de trois buts, ceux du Bayern, de ne pas avoir réussi à arracher le match nul, voire de repartir du Parc des Princes avec une victoire. En effet, dans le deuxième cas, il y avait clairement moyen d’en claquer un ou deux de plus, tant qu’à faire. S’il acceptait de sortir un peu de la réserve qui est devenu son véritable geste-signature, Michael Olise pourrait certainement le confirmer.
« Jusqu’à en crever »
Vincent Kompany le rappelait en entrevue d’après-match avec Canal+ : « On a vécu ça souvent cette saison, on n’abandonne jamais […] on va tout donner jusqu’à crever s’il le faut ». De fait, cette promesse s’est vérifiée pas plus tard que le week-end dernier lors du déplacement du Bayern à Mayence. Mené 3-0 à la pause, le technicien belge arrête les frais de la rotation et fait rentrer l’équipe A avec, bien entendu, Michael Olise sur le flanc droit. Si Nicolas Jackson a lancé le signal de la révolte en allumant la première mèche, c’est bien le Français qui s’est montré le plus décisif en délivrant une passe décisive à Jamal Musiala et surtout, en inscrivant un but stratosphérique avec sa « spéciale » qui rappelle déjà les plus grandes heures d’Arjen Robben sur les bords de l’Isar : repiquer dans l’axe, se mettre sur son pied gauche et déclencher une frappe enroulée qui termine tout en douceur dans la lucarne adverse.
Arrivé au Parc mardi soir avec une casquette fuck et un masque ne laissant apparaître que ses yeux, l’attaquant a tenté d’entrée de jeu de la refaire mais sa première tentative, à la sixième minute, a échoué dans les gants de Matvei Safonov. Comme s’il était finalement un brin lisible. La seconde, dans un face à face à la 20e, voit le Russe s’imposer de nouveau. Qu’importe, ses fans sont aux anges, ses ennemis se prennent déjà la tête entre les mains. Seulement, le PSG ne s’est pas laissé faire par la multiplication des grigris de l’ancien crack de Crystal Palace, obligeant Olise à ensuite lâcher plusieurs fois son ballon pour un partenaire (notamment Stanisic, pas dans un grand soir) au lieu de tenter sa chance de loin.
Bien mais peut (toujours) mieux faire
Tant pis pour les amateurs du foot à la sauce Harlem Globe Trotters, mais ça n’a pas empêché le Français de largement contribuer au moments forts des siens. C’est en effet lui qui sert Luis Diaz, fauché par Pacho dans la surface, provoquant le penalty transformé par Harry Kane. C’est ensuite lui qui égalise à 2-2, tranquillement servi par Pavlovic. Tellement tranquillement qu’il a le temps d’ajuster sa patte gauche avant de décocher la définition-même d’une « bundesfrappe » qui vient s’écraser sous la barre parisienne. C’est sublime et cela suffit amplement à faire oublier sa précédente tentative, déviée par João Neves sur le poteau.

La suite de son match est à l’image de celle du Bayern. Étouffé par la pression adverse, à l’image de Fabián Ruiz qui va même écoper d’un carton jaune pour une intervention un peu trop musclée, Michael Olise traverse un long temps faible qui se ressent dans ses statistiques au terme des 90 minutes : 76% de passes réussies, seul Stanisic a fait pire parmi les joueurs de champ titulaires (mais bon, on vous a déjà dit qu’il n’était pas dans un grand soir). 23 ballons perdus, le bonnet d’âne est malheureusement pour lui.
Au vu du résultat final, difficile de parler de rendez-vous manqué pour le Français. Et il faut aussi placer cette performance dans une saison déjà réussie : avec son but, il devient le premier joueur du top 5 à passer le cap des 20 buts et 20 passes (25) cette saison. Seulement voilà, le football moderne a fait de nous des enfants gâtés. Et exigeants. On parlera donc plutôt de rendez-vous frustrant. Gageons que la demi-finale retour dans une Allianz Arena qui sera officiellement chauffée à blanc provoquera le déclic qui permettra au futur Ballon d’or selon Oliver Kahn de marquer de son sceau la future qualification des Bavarois pour la finale. Sans avoir besoin de laisser des morts en chemin.
Kompany : «Tout donner jusqu'à en crever»Par Julien Duez










































