- CAN 2025
- Finale
- Sénégal-Maroc (1-0 AP)
Sadio Mané, le triomphe de sa justice
Au terme du temps additionnel le plus long de l'histoire du continent, deux frères se sont déchirés. Porté par l'aura de son vice-capitaine Sadio Mané, le Sénégal n'a pas fait sécession et a vengé son injustice en battant le Maroc de manière rocambolesque lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations pour s'offrir son deuxième sacre.

L’homme aurait pu réconcilier Romulus et Remus, à n’en pas douter. Lors du temps additionnel le plus long de l’histoire du foot africain, le foot a donné ce qu’il sait procurer de plus dingue. De l’immoral d’abord, marqué par la relative injustice de ce but refusé aux Sénégalais dans le temps additionnel. Le motif ? Une mini-poussette d’Adboulaye Seck sur Achraf Hakimi. Cette injustice est devenue de l’irréel quand, une poignée de secondes plus tard, un penalty fut accordé au Maroc pour une légère faute de Malick Diouf sur Brahim Díaz. La VAR avait validé la sentence, il restait quelques minuscules instants de finale à disputer et le pays hôte allait s’imposer pour la première fois depuis 54 ans. Dans la folie du stade Moulay-Abdellah de Rabat, les irréductibles Sénégalais ont alors protesté contre le Maroc. Contre la CAF, contre le pouvoir. Mais pas tous, non. Une personne, une seule, est restée calme.
« Comme des hommes »
Cet homme qui a résisté à la division des « pays frères », expression employée par Moussa Niakhaté et Walid Regragui avant cette finale de rêve, c’est évidemment Sadio Mané. Pourtant, de nombreux Sénégalais se sont mis à quitter la pelouse en guise de protestation. Ibrahim Mbaye et les autres sont entrés dans les vestiaires, prêts à insulter l’arbitre Jean Jacques Ngambo Ndala. Sadio Mané, lui, a longtemps été l’unique Lion de la Teranga à demeurer sur le terrain. Il a même été vu en train de discuter avec Claude Le Roy, puis avec la légende El-Hadji Diouf.
Quels conseils les deux anciens lui ont-ils donné, a-t-il pensé à suivre son pays dans sa révolte considéré par beaucoup comme légitime ? « Sadio est venu me demander ce que je ferais à sa place, je lui ai dit : “Je demanderais à tes coéquipiers de revenir”, tout simplement », a indiqué l’entraîneur à l’AFP. Qu’importe, l’ex de Liverpool s’est finalement mis à hurler : torse bombé et chewing-gum mâché, le Monsieur a rappelé ses coéquipiers… et Pape Thiaw, son propre sélectionneur : « On va jouer, on va jouer… On va jouer ! On va jouer mon frère, il n’y a pas de problème. On va jouer comme des hommes. Allez, venez ! » L’injonction est très martiale, Sadio Mané a un temps d’avance : la marque des géants.
Le capitaine officieux, et même plus que ça
Le Lion a rappelé les règles, l’unité de lieu et de temps d’un match de foot. Non, celui-ci ne s’arrête pas tant que l’arbitre n’a pas sifflé. Même si le monde semble corrompu ou déloyal, tout reste possible. Tout, même une panenka manquée par Brahim Díaz. Tout, même une catapulte de Pape Gueye (qui a marqué le centième but du Sénégal à la CAN, au passage). Tout, même un premier but dans le jeu du pays en quatre finale de CAN. Après sa réalisation ultra décisive en demi-finales contre l’Égypte, Sadio Mané remporte ainsi sa deuxième étoile.
Sadio Mané remobilise les siens ! Le capitaine sénégalais fait revenir ses coéquipiers sur la pelouse, la tension est maximale avant la suite 🔥 Suivez la finale de la #CAN2025 en direct sur M6 et M6+ : https://t.co/yva3jb9PXw pic.twitter.com/ozyjTZpQso
— M6 (@M6) January 18, 2026
Lors de la première, en 2022, c’est déjà lui qui avait inscrit le tir au but vainqueur des Gaïndés. Le trentenaire pouvait logiquement savourer au micro de beIn Sports, ce samedi. « C’est lui qui m’avait volé mon rêve, a-t-il commenté devant Benjamin Moukandjo, représentant d’un Cameroun vainqueur de la CAN devant son Sénégal en 2002. Je me rappelle de ce jour-là, j’avais pleuré. » « On a besoin de lui, on a vraiment besoin de lui » a renchéri Kalidou Koulibaly, blessé du soir. Comble du dramatique, c’est sous la foudre du stade que le garçon de Bambali a soulevé le trophée. En capitaine, en vrai capitaine.
Pourquoi Claude Le Roy a été décisif pour le Sénégal contre le MarocPar Ulysse Llamas

















































