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- Rennes-PSG (3-1)
Tensions au PSG : la rançon de la gloire ?

Le PSG a prouvé au printemps dernier qu’il était possible de conquérir l’Europe avec un projet incarné par un collectif fort et des stars à son service. Les déclarations d’Ousmane Dembélé et les quelques frictions apparues à Rennes illustrent toutefois une chose : la recette semble difficile à maintenir sur le long terme.
« On doit jouer pour le Paris Saint-Germain pour gagner des matchs, parce que si l’on joue tout seul sur le terrain, ça ne va pas aller. On ne va pas gagner les titres que l’on veut. » La sortie d’Ousmane Dembélé, sans même que la question ne porte sur le sujet, peut sembler relativement anodine au coup de sifflet final d’une prestation ratée à Rennes. Mais les états d’âme du Ballon d’or illustrent une chose : que le club de la capitale le veuille ou non, viser continuellement les sommets sans tête qui dépasse relève de l’illusion dans le football moderne.
C’est le PSG qui doit être en premier et pas les individualités.
« La saison dernière, on a toujours mis le club devant, avant de penser à soi-même, rappelait pourtant Dembouz’. Et je pense que l’on doit retrouver cela, surtout sur ces matchs-là. C’est le PSG qui doit être en premier et pas les individualités. » Il n’empêche, le n°10 rouge et bleu est devenu de fait l’incarnation de ce PSG magnifique, avec en point d’orgue sa victoire lors de la cérémonie du Ballon d’or. Son sacre avait déjà laissé apparaître quelques fissures dans l’illusion d’une équipe affranchie des luttes d’ego, notamment autour du cas d’Achraf Hakimi.
🎤 Les mots sont très forts d'Ousmane Dembele après la défaite du PSG_Inside pic.twitter.com/Ks3MH2kM1Z
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Pourtant, Dembélé s’était appliqué autant que possible à brosser tout le monde dans le sens du poil, rappelant à chaque occasion à quel point son trophée n’avait d’individuel que le nom. « Le projet du PSG consacré avec moi ? Arrêtez de dire avec moi ! C’est avec tout le monde. C’est une équipe… Quand tu vois Achraf (Hakimi), Nuno (Mendes), tous les autres, c’est tout un groupe. C’est le Ballon d’or de l’équipe », insistait-il dans son interview post-titre auprès de France Football. Un discours qui aura tenu autant que possible. Mais si ce PSG est si fort, c’est aussi grâce à d’autres que le feu follet d’Évreux et à ce niveau, il n’est pas étonnant de voir certains chercher à prendre encore plus la lumière.
Finalement, tout ça est assez sain
Vendredi soir au Roazhon Park, tous les regards se sont tournés vers Désiré Doué – bien peu inspiré il est vrai – après le coup de gueule de Dembélé. Six mois après une finale de rêve, qui l’avait notamment vu choisir l’option collective en décalant Hakimi sur le premier but plutôt que de frapper – l’autre pépite rennaise a vu son statut évoluer malgré une première partie de saison en demi-teinte. Idem pour l’hyperactif Nuno Mendes, le virtuose Bradley Barcola, la teigne João Neves, le métronome Vitinha et (presque) tous les autres. « Je sais que tout le monde veut marquer, mais parfois il faut donner le ballon aux coéquipiers qui sont mieux placés. Je ne vise personne, s’agaçait aussi Viti en Bretagne. Je n’imagine pas quelqu’un ne penser qu’à lui dans cette équipe. »
🥶 Une mise au point qui a le mérite d'être clair pour Luis Enrique sur les propos d'Ousmane Dembele ! pic.twitter.com/x1HXpZqqHk
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Sans aller jusqu’à ne penser qu’à soi, difficile d’imaginer de tels joueurs faire totalement fi de leur ego, comme nous le vend le PSG depuis le départ de Kylian Mbappé. Un projet sans stars (ou du moins sans star au-dessus des autres) défendu corps et âme par Luis Enrique, mais qui, forcément, peu connaître ce genre de soubresaut. « Les déclarations des joueurs à la fin du match n’ont aucune valeur. […] Je ne permettrai à aucun joueur de penser qu’il est plus important que le club », a tout de même pris la peine de tancer l’Espagnol.
Peut-on imaginer que certains resteront sur la touche contre Monaco (comme un certain Dembélé à Arsenal la saison passée), en guise d’avertissement ? Cela paraît peu probable. Car après tout, voir des joueurs aussi talentueux chercher à s’affirmer n’a rien de si grave. Le talent et le statut de Lamine Yamal, Kylian Mbappé ou Erling Haaland n’a jamais empêché Raphinha, Dani Olmo, Vinícius, Rodrygo, Rayan Cherki et tous les autres de briller dans leurs clubs respectifs. Même du côté de Liverpool, où Jürgen Klopp avait érigé cette horizontalité en marque de fabrique, Mohamed Salah et Sadio Mané avaient fini par se disputer le rôle de figure de proue jusqu’au départ du Sénégalais. Ainsi va la vie des mastodontes européens.
L’arbitre de Monaco-PSG est connuPar Tom Binet





















































