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Rennes se réchauffe et refroidit le PSG

Par Clément Gavard, au Roazhon Park
5 minutes
Rennes se réchauffe et refroidit le PSG

Une semaine après la démonstration contre l’OM, le PSG a trébuché ce vendredi soir sur la pelouse d’un Stade rennais en crise, sans Habib Beye et avec l’intérimaire Sébastien Tambouret sur le banc (3-1). Le foot est dingue.

Rennes 3-1 PSG

Buts : Al-Tamari (34e), Lepaul (69e) et Embolo (81e) pour le SRFC // Dembélé (71e) pour le PSG

Le foot est un drôle de sport. Sur la route du Roazhon Park, ce vendredi, et dans les tribunes autour des galettes-saucisses, la même question revenait : c’est quoi, la plus grosse défaite du Stade rennais dans son histoire à la maison ? Une occasion de se souvenir du quadruplé de Djibril Cissé ou d’un score de tennis contre le PSG en Coupe de France. C’était oublier le foot, ses histoires, son incertitude et tout ce qu’il peut nous raconter. Il y a quelques jours, le Paris Saint-Germain épatait la galerie contre l’OM, et Rennes se séparait de Habib Beye dans un contexte de crise sportive et institutionnelle. Oui, mais voilà : le foot. Et donc un succès que personne n’attendait, que personne n’avait pronostiqué pour des Rouge et Noir triomphants et métamorphosés pour cueillir le PSG (3-1) avant Monaco et la Ligue des champions.

Banderole, brésilienne et Messi jordanien

Un petit tour en zone mixte à une petite heure du coup d’envoi permettait de comprendre que le leader parisien ne s’était pas pointé en Bretagne sous la pression. Nuno Mendes, Vitinha, Gonçalo Ramos et Lucas Beraldo, en détente, à se faire une brésilienne comme à la récré, laissant les gars de la sécu du PSG interdire les photos sans trop rigoler. C’était pourtant aussi une manière de rappeler que le foot est un jeu, auquel on peut jouer à peu près partout tant qu’un ballon traîne, et c’est ce dont les Rennais se sont souvenus, ce vendredi soir, en proposant autre chose que lors de leurs dernières sorties d’une grande pauvreté. « Une année de plus à se faire chier, B(e)ye B(e)ye les grands discours », avaient posé les ultras rennais pour marquer la fin de l’ère Beye. Le message est passé avec un onze expérimental, avec le retour de la défense à quatre, mais joueur, libéré et appliqué défensivement.

Le parcage parisien avait prévu de jolies animations, mais ce sont les Bretons qui ont signé le premier frisson : une frappe d’Estéban Lepaul tapant l’extérieur du poteau gauche de Matveï Safonov (6e). Ce n’était pas le Paris du week-end dernier, dans la précision, dans l’envie de faire mal et dans les connexions, parfois hasardeuses. Surtout que Désiré Doué en a trop fait ou pas assez pour tromper Brice Samba d’un lob mal senti (12e) et qu’il est tombé sur la défense rennaise (24e), qui n’a pas paniqué sur le centre tendu de Khvicha Kvaratskhelia, auteur d’une ouverture splendide quelques secondes plus tôt. Le public breton avait alors bien envie de se réconcilier avec son équipe, au moins le temps de cette soirée : il a donc célébré une prise de balle de Samba pour mettre fin à un gros temps faible et un petit pont de Nagida, titulaire surprise au poste de latéral droit.

Il y avait mieux à venir face à ce PSG qui n’avait pas encore décidé d’enfiler sa tenue d’ogre. Safonov a repoussé en deux temps le tir de Quentin Merlin (32e), puis c’était au tour de Mousa Al-Tamari d’entrer en piste. Le Jordanien venait de réclamer une faute de Nuno Mendes quand il a profité de la mauvaise appréciation du Portugais pour s’en aller fixer Pacho et se montrer clinique d’un enroulé parfait (1-0, 34e).

Les doutes pour Paris, la réconciliation pour Rennes

Ce n’était pas l’idée qu’on se faisait d’un club en pleine crise et d’une équipe en panne de confiance, surtout qu’Arnaud Nordin a loupé la balle du 2-0 dès le retour des citrons après une glissade du très moyen Illia Zabarnyi (46e). Il était question de se mettre à la tête à l’endroit et de montrer autre chose côté Paris, Dembélé, Doué comme Kvara peinant à se régler dans les derniers mètres, quand un Rennes courageux résistait aux ballons dans les airs (une tête de Pacho et un presque CSC de Nagida).

Le bruit permanent du stade, c’était celui de l’espoir de passer une bonne soirée et de retrouver de la joie. Il est devenu un peu plus intense quand Lepaul s’est élevé plus haut que les Parisiens pour boxer de la tête un corner parfaitement tiré par Sebastian Szymanski et laisser Safonov sur place (2-0, 69e). Un brouhaha, puis un silence deux minutes plus tard, quand Dembélé a sauté sur un centre d’Achraf Hakimi contré pour remettre le champion d’Europe dans le coup (2-1, 71e).

C’était sûr, cela allait tourner dans le mauvais sens pour les Rennais, qui eux croyaient à un autre scénario, encore plus quand Samba a joué au héros devant Gonçalo Ramos (77e) et que Brassier a sauvé sa patrie après un rush de l’entrant Bradley Barcola (79e). C’était un soir pour un exploit, pour oublier les coulisses, pour rejouer au foot, et c’est ce qu’ont fait les Rennais, avec leurs entrants, pour éteindre le suspense grâce à un centre de Ludovic Blas prolongé au fond par Breel Embolo (3-1, 81e). Plus rien ne pouvait arriver, même pas les dernières piques d’un PSG qui a retrouvé les doutes avant la double confrontation contre Monaco. Lens se frotte les mains, Beye se gratte la tête et Franck Haise se dit qu’il y aura peut-être quelque chose à faire avec cette équipe. En attendant, il y avait des images à croquer : le tour d’honneur d’Al-Tamari, l’intérimaire Sébastien Tambouret poussé devant le kop rennais et une grande fête. Oui, le foot est un drôle de sport.


 Rennes (4-2-3-1) : Samba – Merlin, Rouault, Brassier, Nagida – Camara, Rongier – Nordin (Blas, 65e), Szymański (Cissé, 74e), Al-Tamari (Legendre-Quinonez, 90e) – Lepaul (Embolo, 74e). Entraîneur : Sébastien Tambouret.

 PSG (4-3-3) : Safonov – Hakimi, Zabarnyi, Pacho, Mendes – Zaïre-Emery, Neves (Fernandez, 70e), Vitinha – Doué (Barcola, 60e), Dembélé, Kvaratskhelia (Lee, 60e). Entraîneur : Luis Enrique.

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