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Le pari économique de la FFF est-il risqué ?

Avant d’entamer la Coupe du monde 2026, la Fédération française de football est confrontée à des tensions financières, un déficit record et quelques crispations entre les joueurs et les instances. Ce contexte peut-il menacer l’équilibre du groupe de Didier Deschamps ?
Qui bluffe dans cette histoire ? Pour la première fois depuis la triste Coupe du monde 2010, les résultats des Bleus apparaissent déterminants pour l’équilibre de la Fédération française de football. Avant le début du Mondial américain, l’instance est confrontée à des tensions financières. D’un côté, son budget prévisionnel avoisinera les 350 millions d’euros la saison prochaine. C’est un record. De l’autre, ses comptes sont dans le rouge. Son déficit atteint les 8,7 millions d’euros. Les ligues régionales, comme la Guadeloupe, n’ont plus un rond. En fait, la FFF a basé son avenir sur la bonne réussite sportive des Bleus. Un all-in risqué ?
Les comptes dans le bleu blanc rouge
Les difficultés financières de la troizef inquiètent. Si la fédé, qui a tenu ce samedi son assemblée générale annuelle, ne semble pour le moment pas préoccupée, les révélations de Blast soulèvent des interrogations : un déficit record, des ligues en déshérence et un train de vie toujours plus aisé. De Wasquehal à Poitiers en passant par les sorties de route des féminines de Reims ou de Dijon, l’avenir de nombreux clubs est menacé. Dans ce contexte, la FFF tente de réduire ses coûts : la DTN a effectué quelques coupes et les U20 n’ont pas participé au traditionnel tournoi de Toulon. Ils étaient pourtant tenants du titre. Les difficultés de la maison mère rejaillissent chez les clubs amateurs qui ont besoin de subventions, pour la formation, pour l’arbitrage et les sections féminines. Bref, même si la FFF dispose de fonds propres et de placements financiers importants, tout l’écosystème du football français semble en danger.
Budgétairement, un objectif de quarts de finale.
Comme l’avait raconté France Info en décembre, la FFF assume ce déficit. Elle pointe du doigt la baisse des droits télé, un soutien en hausse au foot amateur et le manque à gagner de France-Israël. Cette rencontre de Ligue des nations, disputée en novembre 2024, s’était tenue avec moins de public. Au contraire, l’association du boulevard de Grenelle assume l’augmentation de sa masse salariale. Elle est passée de 288 employés à 346 en cinq ans, comme le rapporte L’Équipe. Enfin, elle se félicite de la récente validation du budget de 350 millions d’euros, un budget qualifié auprès de Blast de « volontariste » et « exemplaire ».
En fait, la FFF table sur les bons résultats sportifs de l’équipe de France pour rééquilibrer ses comptes. Elle campe sur un postulat, le même que sous le mandat de Noël Le Graët : réussir sportivement permet de réussir économiquement. En 2017, le Breton affirmait déjà son ruissellement, qui tenait en ces mots, répétés à L’Équipe à l’époque : « Quand l’équipe de France va bien, le football amateur va mieux. » Depuis que Didier Deschamps a redressé sportivement les Bleus, la FFF vit mieux : sa bonne santé s’est manifestée par la signature du contrat Nike, signé en 2016 pour 50,5 millions d’euros par an sur la période 2018-2026. Ce contrat dépasse, depuis cette année, les 100 millions d’euros.

Demi et équilibre ?
Didier Deschamps et son staff entament leur parcours américain sous cette chape de plomb. Dans ce contexte et comme l’a révélé L’Équipe, Philippe Diallo, le président de la FFF, a demandé aux joueurs leur accord pour réduire les primes de match pour le Mondial. Il avait pourtant annoncé leur doublement en avril. À cet épisode s’est ajouté celui du manque de places conservées pour les familles des joueurs (huit chacun), et celui des contrats de sponsoring qui déplaisent. Ainsi, même si elles restent à des années-lumière de 2010, les relations entre les Bleus et la fédé ne sont pas au beau fixe. Lors de l’AG de la FFF, Philippe Diallo a souligné en creux qu’un résultat en deçà des quarts de finale serait problématique. « Budgétairement un objectif de quart de finale, sportivement un objectif de demi-finale, et dans nos têtes, un objectif d’étoile. »
« La santé financière de la fédé dépend des résultats de l’équipe de France, et il est certain qu’une élimination précoce serait une catastrophe économique », témoigne auprès de Blast un responsable d’une grande ligue régionale. « Il faut aller très loin dans le tournoi pour réussir à équilibrer les comptes », concède de son côté Phillippe Diallo à L’Équipe. Dire que Rayan Cherki, Michael Olise et consorts seraient inquiétés par la folie des grandeurs de la FFF est sûrement exagéré, mais une négociation de prime mal ficelée peut rester dans les têtes. Jouer au poker comporte des risques.
Eduardo Camavinga bien présent aux États-UnisPar Julien Faure et Ulysse Llamas

















































