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Guerre au Moyen-Orient : quel impact sur le foot ?

Par Julien Faure
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Guerre au Moyen-Orient : quel impact sur le foot ?

Les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, Téhéran a riposté dans la région, et la situation au Moyen-Orient a dégénéré en un week-end. Face à ce chaos, le foot est relégué au second plan, mais il est affecté. Encore plus quand une Coupe du monde doit se disputer aux USA, au Canada et au Mexique dans un peu plus de trois mois.

La guerre a démarré et le foot ne peut que s’incliner. Alors que la situation s’est largement dégradée au Moyen-Orient au cours d’un week-end de bombardements nourris, pilotés en grande partie par les États-Unis, voilà que le monde du foot est largement affecté. Surtout, à quelques mois du Mondial 2026, l’un des pays hôtes et l’un des qualifiés sont au centre d’un conflit dont on ne sait encore à quel point il pourrait déteindre sur un ordre mondial très fragilisé.

Le foot à l’arrêt, la FIFA muette

Après les frappes israéliennes et américaines sur l’Iran, intervenues samedi 28 février, puis les répliques iraniennes sur plusieurs pays de la région du Golfe, voilà que le conflit, qui risque de durer puisque Donald Trump a annoncé une opération de « quatre à cinq semaines » en Iran, a logiquement un impact sur le foot. Au Liban, au Qatar, en Iran ou en Israël, les matchs ont été reportés, alors que certaines conséquences au plus long cours pointent le bout de leur nez. La Ligue des champions asiatique est pour le moment suspendue, la Finalissima entre l’Espagne et l’Argentine, qui doit se tenir à Doha à la fin du mois, est aujourd’hui en suspens, alors que l’Iran n’est désormais plus certain de se rendre à la Coupe du monde sur le sol américain. Plusieurs acteurs du foot ont déjà fait part de leur inquiétude, à l’image de Rémy Vercoutre ou de Duckens Nazon, ou ont quitté l’un des pays concernés, comme Munir El Haddadi.

Du côté de Gianni Infantino, pourtant directement concerné par la situation actuelle, l’heure n’est vraiment pas à l’affolement ni même à quoi que ce soit. Sa dernière prise de parole ? Un best of de son mois de février publié le 1er mars sur Instagram, où l’on peut par exemple lire en légende : « J’étais aux États-Unis avec Donald J. Trump pour formaliser le partenariat entre la FIFA et le Conseil de paix où le football peut jouer un rôle clé dans les endroits du monde qui en ont le plus besoin. » « Un mois mémorable », selon le président de la FIFA. Rien que ça. Pour le reste, c’est évidemment motus et bouche cousue, il s’agirait de ne froisser personne.

La Coupe d’un monde fragilisé

Il y a un peu plus de quatre ans, l’UEFA et la FIFA décidaient conjointement de l’exclusion de la Russie de leurs compétitions à la suite de l’invasion de l’Ukraine, condamnée par l’immense majorité des juridictions internationales. Une décision rapide qui, à l’époque, n’avait pas souffert trop nombreuses contestations. Alors que les sanctions internationales s’accumulaient contre la Russie, cette dernière s’était par ailleurs vue retirer l’organisation de la finale de Ligue des champions. Difficile pourtant d’imaginer des conséquences similaires pour les États-Unis. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a condamné les frappes israélo-américaines comme celles de l’Iran, redoutant que « l’action militaire présente le risque de déclencher une série d’événements que personne ne peut contrôler dans la région la plus volatile du monde ».

L’ouverture récente de Gianni Infantino envers un retour sur la scène internationale du football russe n’augure en tout cas aucune piste de sanctions envers le foot américain et son prix de la paix de la FIFA, à l’origine d’une multitude de conflits depuis son retour à la Maison-Blanche, se montrant même menaçant envers le Canada avec lequel il coorganisera la compétition. Et si l’UEFA avait pris la décision en 2022 de couper tous les ponts avec l’un de ses plus gros sponsors, Gazprom, difficile d’imaginer la FIFA sanctionner Visa, Coca-Cola, Verizon ou McDonald’s, pour ne citer qu’elles, toutes sociétés américaines qui comptent parmi les sponsors les plus importants du prochain Mondial.

L’éthique politique et la Coupe du monde n’ont parfois eu aucun souci à séparer leurs chemins. Les deux dernières Coupes du monde, organisées dans la Russie de Vladimir Poutine, qui n’a pas attendu d’envahir l’Ukraine en 2022 pour lui faire la guerre, puis au Qatar, où les droits de l’homme sont bafoués. Tout autant que l’édition 1978, disputée sous la dictature du général Videla en Argentine, ou celle de 1934 dans l’Italie de Benito Mussolini. La politique et le foot sont liés, le second permettant de faire passer des messages et des idées. Il reste la question de l’insécurité de l’autre côté de l’Atlantique cet été, entre les représailles, la politique intérieure de Trump et la situation au Mexique, en proie à de graves troubles la semaine dernière dans la ville de Guadalajara depuis la mort d’un important chef de cartel, El Mencho. Face à ce chaos inquiétant, Gianni Infantino garde la même ligne : «Tout va bien. » Tout va bien, alors.

La Ligue des champions asiatique reportée après les bombardements

Par Julien Faure

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