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La FIFA Trump son monde

Par Nicolas Kssis-Martov
4 minutes

Certes, la cérémonie du tirage au sort de la Coupe du monde a bien établi les matchs à venir de cette gargantuesque édition à 48 équipes. Mais la véritable révélation de ce show, long et ennuyeux comme les Oscars, fut de contempler l’intronisation de Donald Trump en président de la FIFA et du monde (avec l’aide de Gianni Infantino).

La FIFA Trump son monde

Si quelqu’un s’amuse encore à expliquer que le foot n’est pas politique, il suffira de lui remettre sous le nez le discours de Donald Trump lorsqu’il reçut le premier prix de la paix décerné par la FIFA ce 5 décembre à Washington. Entre parodie humanitaire et ridicule protocolaire, cette récompense devrait choquer en soi. En réalité, elle ne surprend même plus. Preuve que Gianni Infantino et le roi des USA ont déjà refaçonné le monde à leur image, accommodant tout le monde au spectacle indécent proposé depuis des années.

« Merci beaucoup, c’est un des plus grands honneurs de ma vie. Au-delà des prix, nous avons sauvé des millions de vies. Le Congo est un exemple : plus de dix millions de personnes tuées, et le fait que j’ai réussi à faire cela… L’Inde, le Pakistan… Tant de guerres auxquelles j’ai réussi à mettre fin ! C’est un honneur d’être ici avec Gianni, il a fait un job incroyable. » Dans un même geste, Donald Trump embrasse ainsi les grands enjeux géopolitiques et le statut d’employé du mois dans un fast-food. Après avoir amené ce brave Gianni, sourire ahuri, comme caution morale lors de ses visites diplomatiques : au Qatar, en Arabie saoudite ou en Égypte lors d’un sommet sur Gaza.

Relation dangereuse

Cerise sur le gâteau après avoir rebaptisé le golfe du Mexique « Golfe de l’Amérique », le voilà prêt à appliquer le même délire orwellien au football américain : « Il faut trouver un autre nom pour tout ce qui a à voir avec la NFL (National Football League, le championnat de football américain). » Le mensonge constitue en tout cas une telle seconde nature chez la mèche blonde qu’elle peut prétendre, au sujet du Canada et du Mexique qui coorganisent la Coupe du monde avec les États-Unis, avoir « étroitement travaillé avec ces deux pays et la coordination, l’amitié ou la relation ont été extraordinaires ».

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Une énième énormité dans la bouche de celui qui rêvait d’annexer son voisin du nord, et qui mène une guerre économique contre celui du sud au nom de la lutte contre le trafic de drogue et l’immigration clandestine. Au milieu de ce fatras se trouve surtout résumée une nouvelle relation, celle tissée entre le big boss de la FIFA et Donald Trump. Le sport numéro un à travers le monde se met au service de la mégalomanie du Líder máximo de la Maison-Blanche, en le consolant au passage de l’ingratitude du comité Nobel.

Le foot au service du pire

Certes, de son rapport privilégié avec Vladimir Poutine à son rôle d’avocat du diable pour le Qatar, Gianni Infantino a toujours été un fidèle serviteur des puissants et rarement des faibles. Mais désormais, la connivence prend des allures de programme commun sur le plan idéologique. « Je pense que l’on devrait tous soutenir son action, parce qu’il s’en sort très bien », avait lâché l’Italo-Suisse, lors de l’America Business Forum début novembre à Miami. « Les États-Unis se portaient très mal il y a plus d’un an et maintenant, nous sommes au sommet. Nous allons passer un grand moment, merci Gianni », lui a répondu Donald Trump, en recevant son prix.

De là à les voir main dans la main en tournée pour soutenir les candidats républicains lors des midterms, il n’y a qu’un pas. Dès lors, quelle crédibilité resterait-il à la FIFA lorsqu’elle s’amusera à défendre la non-immixtion du politique ou des États dans la vie des fédérations de foot (généralement en Afrique) ? Finalement, il faudrait presque remercier les deux principaux protagonistes de cette farce qu’a été la cérémonie de tirage au sort pour la Coupe du monde 2026. Les masques comme les faux-semblants cérémoniaux sont en effet tombés avec un maître, son laquais et le football au service du pire.

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