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France-Maroc : trop tôt pour se quitter

Par Clément Gavard
5' 5 minutes
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France-Maroc : trop tôt pour se quitter

Le foot est de retour et l’équipe de France a rendez-vous ce jeudi soir avec le Maroc pour un quart de finale de Coupe du monde, un évènement devenu une routine sous Didier Deschamps. Il ne faut jamais banaliser un tel moment ni ce que l’on vit au rythme des Bleus qu’on n’a pas envie de quitter un 9 juillet, vingt ans tout pile après la finale perdue en 2006.

Enfin, il est temps de revenir au foot, au jeu et à tout ce qui fait qu’on aime la Coupe du monde, surtout quand l’équipe de France est encore de la partie. Les derniers jours, rythmés par les trop nombreuses polémiques découlant du match pénible contre le Paraguay et les déclarations abjectes d’une sénatrice mieux dans l’ombre que dans la lumière, ont fait oublier l’essentiel : les Bleus ont un quart de finale de Mondial à jouer, ce jeudi soir, contre le Maroc. C’est la routine depuis le début de l’ère Didier Deschamps, mais ce n’est pas une raison pour ne pas en faire un évènement et bouder notre plaisir d’être là, parmi les huit derniers rêveurs, encore une fois.

L’Allemagne, l’Italie et le Brésil, ces grands d’antan privés de leur rond de serviette à cette table, nous rappellent qu’on ne sait pas où sera la France dans quatre, huit ou douze ans. Les plus anciens le savent, atteindre les quarts de finale de Coupe du monde n’est pas une formalité. Ouvrons le livre d’histoire : les Bleus en ont joué autant depuis 2014 que durant la période 1962-2010. Après l’Allemagne (défaite 1-0), l’Uruguay (victoire 2-0) et l’Angleterre (victoire 2-1), le Maroc se présente à ce moment très particulier de la compétition, où le pays peut basculer dans une douce euphorie, une légèreté et une chaleur laissant croire que cet été ne sera pas comme tous les autres.

France-Maroc, un vrai choc

Pour retrouver le dernier carré, la bande emmenée par Kylian Mbappé, du genre capitaine exemplaire, est appelée à faire plus que « mettre les mains dans la merde ». Les Bleus ont montré qu’ils savaient souffrir et répondre dans le combat sous la canicule de Philadelphie face au Paraguay, ce ne sera pas suffisant contre le Maroc. Le quatuor offensif, dont on attend de savoir s’il sera complété par Désiré Doué ou Bradley Barcola, a besoin de retrouver sa magie, anéantie par les coups et la défense organisée des Sud-Américains le week-end dernier, comme le milieu de terrain doit apporter des garanties devant le sacré client marocain, toujours sans Aurélien Tchouaméni a priori.

Le Maroc a une capacité à aller vers l’avant, ce sera différent du Paraguay.

Guy Stéphan

À Foxborough, près de Boston où les Bleus vivent depuis un mois et ont tapé l’équipe B de la Norvège en poules, ce France-Maroc devrait ressembler à un match de foot et cela ne fera pas de mal. « Ce sera une opposition différente, ce ne sera pas un bloc bas, analysait Guy Stéphan cette semaine devant la presse. C’est une équipe bien organisée, bien structurée, solide, bonne en transition, qui a mis dix buts en cinq matchs. Ils sont demi-finalistes du dernier Mondial, finaliste de la CAN… Le Maroc a une capacité à aller vers l’avant, ce sera différent du Paraguay. »

Les Lions de l’Atlas ne sont plus les invités surprises qu’ils étaient au Qatar, après avoir continué de s’imposer ces quatre dernières années comme une sélection dominante, sur le continent africain et dans le monde. La panenka de Brahim Díaz et le départ de Walid Regragui, remplacé par Mohamed Ouahbi, n’ont pas cassé la dynamique, et le Maroc ressemble même à un candidat sérieux au titre suprême, puisque rien n’a semblé le faire dévier de son chemin contre le Canada, ni le pressing intense des hommes de Jesse Marsch, ni la blessure de leur poison Ismael Saibari, incertain pour le quart de finale.

Ceux qui rassemblent

Le premier jour sans match de cette Coupe du monde, ce mercredi, tombait à pic pour faire monter une pression sans cesse évacuée par Deschamps, son staff et ses joueurs. Tout coule sur le sélectionneur, jamais le premier à lancer des polémiques. « Mon adversaire, c’est le Maroc, pas l’arbitre », évacuait-il au sujet du corps arbitral 100% argentin désigné par la FIFA, quand Robin Risser assurait la veille, comme un vieux de la vieille, qu’il ne fallait pas  « tomber dans la paranoïa, c’est votre rôle de faire monter cette sauce-là. Si ces arbitres sont là, c’est qu’ils sont au niveau de la compétition. » Il y a mieux à raconter sur ce France-Maroc, un match sans doute particulier pour les six Lions de l’Atlas nés dans l’Hexagone (Issa Diop, Redouane Halhal, Ayyoub Bouaddi, Samir El Mourabet, Neil El Aynaoui et Gessime Yasisne) et une rencontre entre deux pays partageant bien plus que des binationaux.

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C’est aussi l’histoire racontée par cette équipe de France et sa richesse. Elle n’a pas besoin du slogan black-blanc-beur de 1998 pour revendiquer ses différentes cultures, ses origines et tout ce qui fait qu’elle doit davantage rassembler pour ce qu’elle représente que diviser au nom des trop nombreux commentaires racistes et haineux dont elle est victime à l’étranger. Depuis sept semaines, de Clairefontaine au Four Seasons de Boston, les Bleus ont construit un groupe où les rires n’ont pas l’air feints et qui n’a pas l’air de trouver le temps long, entre deux parties de Uno, les vannes d’Ousmane Dembélé et les plats cuisinés par Rayan Cherki. Ils en veulent plus, nous aussi et ils n’ont cessé de répéter leur ambition d’écrire l’histoire et d’être à New York pour une troisième finale d’affilée. Cette quête menée dans une ambiance de colonie de vacances ne peut pas prendre fin comme cela, pas maintenant, un 9 juillet à Boston, 20 ans tout pile après les larmes versées à Berlin et dans toute la France devant la finale de Coupe du monde perdue contre l’Italie.

Le jour où Ayyoub Bouaddi a joué contre le Maroc

Par Clément Gavard

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