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Coupe de France : Une dernière danse sous le signe de la violence

Par Quentin Ballue
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Une dernière danse sous le signe de la violence

Opposant les deux meilleures équipes de l’année 2024 en Ligue 1, la finale de Coupe de France devait clore la saison sur un feu d’artifice. Mais on retiendra davantage le panache de fumée qui se dégageait du péage de Fresnes sur l’A1, symbole d’une nouvelle soirée de violences entre supporters.

La Division nationale de lutte contre le hooliganisme avait classé la finale de la Coupe de France à très haut risque en matière de sécurité. Malheureusement, les craintes se sont vérifiées samedi. Plus de deux heures avant le coup d’envoi de la rencontre au stade Pierre-Mauroy, le péage de Fresnes a pris des airs de ring à ciel ouvert. Alors qu’il ne leur restait plus qu’une soixantaine de kilomètres pour arriver à destination, des cars de supporters parisiens et lyonnais se sont retrouvés nez à nez, et la situation a vite dégénéré. À l’arrivée, un bus incendié, deux autres endommagés, des coups échangés et 30 supporters blessés (14 ont nécessité une prise en charge médicale selon la préfecture). Huit policiers ont également été légèrement touchés. Le bouquet final d’une saison chaotique sur le plan du supportérisme.

« Triste d’en arriver là »

Le préfet du Nord n’a pas précisé le rôle clair des deux camps dans l’enclenchement de l’affrontement, mais a expliqué que des bus ont débarqué « au mauvais endroit », provoquant une rencontre qui devait être évitée. Une centaine d’individus ont été impliqués, et la circulation a dû être interrompue. « C’est triste d’en arriver là », a commenté Alexandre Lacazette après le match. Comme le président de la République Emmanuel Macron, présent au stade, la FFF a condamné ces incidents « avec la plus grande fermeté ».

« Ces actes de violence […] sont inadmissibles. Ils sont à l’opposé des valeurs qui doivent être portées par le football et qui sont défendues par la fédération, déplore-t-elle dans son communiqué. La Coupe de France véhicule des valeurs de fraternité, de respect et d’union entre le monde professionnel et amateur. La finale de cette compétition prestigieuse est une fête et elle doit le rester. » Les supporters du PSG n’avaient pas vraiment la même vision, au stade Pierre-Mauroy, quand ils ont vu l’OM jouer la finale de la Coupe Gambardella. Le gardien phocéen Aboubaka Dosso a donc été la cible de jets de projectiles, obligeant l’arbitre à interrompre momentanément la rencontre. La cerise sur un gâteau bien trop copieux.

Assurance tout rixe

La saison 2023-2024 avait déjà eu son lot d’incidents dans les mois précédents. À Saint-Étienne, des supporters des Verts se sont tapés dessus dès la 2e journée de Ligue 2. À Bordeaux, les Ultramarines et la Porte Nord se sont affrontés violemment en février et en mars. À Rennes, une baston a éclaté autour d’un bar avec des supporters toulousains en avril. Sans oublier le caillassage du bus de l’OL à Marseille, qui a failli coûter un œil à Fabio Grosso, et la mort d’un membre de la Brigade Loire, tué à l’arme blanche lors d’une rixe en marge de Nantes-Nice au mois de décembre. Au début du mois encore, le match Troyes-Valenciennes n’a pas non plus pu aller à son terme en raison de jets de fumigènes. Autant d’incidents qui rendent plus ardue la tâche des défenseurs de la liberté de déplacement des supporters. En mars, le Sénat a justement accueilli un colloque sur le supportérisme. La ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra avait alors affiché son intention de provoquer « un sursaut collectif », appelant « à un football sans violence ». Raté. Seule bonne nouvelle aujourd’hui : la fin de saison devrait nous octroyer deux mois et demi de répit.

Revivez le multiplex de l’avant-dernière journée de Ligue 1

Par Quentin Ballue

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