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Tactique : décryptage de la soucoupe Volland

Buteur pour la quatrième rencontre consécutive, Kevin Volland a grandement participé à ce que Niko Kovač considère comme les « 90 meilleures minutes » de la saison de l’AS Monaco : une large victoire (3-0) face à Angers, qui n’avait plus perdu à l’extérieur depuis début octobre.

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Kevin Volland n’est ni un tueur froid, ni un ouvreur d’espaces, ni un pivot. L’Allemand est en réalité mieux que ça : il est tour à tour l’un puis l’autre, souvent à l’affût des bons coups et quasiment toujours impliqué dans ceux qui font mouche. Il y a quelques semaines, pourtant, il fallait voir les premiers regards suspicieux se poser sur son cas, alors qu’il ne comptait qu’une petite poignée de matchs de Ligue 1 dans les chaussettes. Face à cette situation, son entraîneur, Niko Kovač, avait foncé dans la mêlée à la veille d’un déplacement à Lyon et avait lâché une promesse devant les impatients : « Kevin a changé d'environnement, de culture, et il a besoin d'un ou deux mois pour s'adapter. Je connais ses qualités, on lui donnera le temps dont il a besoin. Je sais que les attentes sont très élevées autour de lui. C'est normal pour un joueur de son calibre. Il doit comprendre une nouvelle façon de travailler, mais je vous assure qu'il va montrer son meilleur visage. » Puis, dans la foulée de ce voyage au Groupama Stadium, qui avait tourné à l’enfer pour les Monégasques (4-1), le technicien croate avait décidé de changer de système. Exit le 4-3-3, place à un 4-4-2 qui a recentré Volland dans l’axe aux côtés de Ben Yedder et qui a surtout aidé l’ASM à enchaîner les bonnes copies, à l’exception de celles rendues en décembre. Samedi soir, ce système a de nouveau filé de jolis fruits et, trois jours après avoir giflé Lorient (2-5), Monaco a tapé Angers au Louis-II (3-0) alors que le SCO restait sur six matchs sans défaite à l’extérieur en Ligue 1. Et Volland dans tout ça ? Chose promise, chose due : l’Allemand, impliqué sur les trois pions de sa bande, a claqué pour la quatrième fois sur les quatre dernières rencontres et a offert deux passes décisives. Une nouvelle preuve que Kevin Volland n’est ni un tueur froid, ni un ouvreur d’espaces, ni un pivot, mais bien un peu de tout ça.

Une clé sans ballon


En sortant de scène, samedi, Kovač a peiné à cacher sa satisfaction et a parlé des « 90 meilleures minutes » de la saison de son AS Monaco. Le Croate n’a pas tort, même si l’ASM n’a pas tenu sa domination sur l’intégralité de la rencontre et a notamment connu un petit trou d’air entre le premier quart et la demi-heure de jeu, puis au début d’une seconde période bien moins rythmée que la première. Une chose est sûre : les Monégasques ont joué à leur guise et ont parfaitement anesthésié un SCO qui venait de s’imposer à Lille et de battre l’OM à l’aide d’un plan très ciblé.


Dès les premières minutes de la rencontre, le plan monégasque s’est rapidement dessiné : un 3-2-4-1 qui, lorsque l’ASM a eu le ballon, s’est articulé avec une défense à trois Sidibé-Maripan-Badiashile alors qu’Henrique venait occuper le couloir gauche pour étirer la ligne de quatre du SCO. Dans cette animation, Volland a occupé le demi-espace droit alors que Diop a rempli le gauche.


L’objectif de cette animation a alors été clair : créer un couloir de transmission direct entre un central excentré et le joueur occupant le demi-espace (on le voit bien ici entre Badiashile et Diop) et ainsi faire naître des décalages via un appui sur le latéral et un enchaînement rapide dans le demi-espace.


Cette animation débouche alors sur un triangle net de chaque côté.


Toujours placé dans le dos de Mangani et en décrochage de Thomas pour pouvoir se retourner avec le ballon, Volland a alors cherché à être une solution constante pour ses centraux ou pour la paire Fofana-Tchouaméni. Ici, Maripan va le trouver, mais sa passe pour Ben Yedder sera ensuite mal ajustée...


Là, en seconde période, il va être touché par Tchouaméni.

Le 3-2-4-1 monégasque avec ballon a posé de nombreux soucis au SCO et Stéphane Moulin a rapidement dû demander à Pierrick Capelle, positionné à la base en ailier droit, de reculer d’un cran pour aider Manceau à fermer le clapet au duo Henrique-Diop. À la relance, la consigne de Kovač a été assez rapidement identifiable grâce au huis clos : on a entendu le technicien croate hurler tout au long de la première période des « fix and play » à ses centraux, ce que Sidibé n’a que trop peu fait (ce qui explique qu’on a très peu vu Kevin Volland en première période) et ce que Badiashile, parfois encore trop timide balle au pied, n’a réussi à faire que sur quelques séquences (mais souvent très bien quand il a osé). Néanmoins, une constante : l’ASM est souvent sortie par la gauche et Diop a brillé, tout comme Tchouaméni, qui a été une clé essentielle dans le contre-pressing (10 ballons récupérés, 4 interceptions, 4 tacles). Volland a, lui, scintillé dans un autre registre, notamment sans ballon.


Sans ballon, Volland a été précieux comme ici, où son appel dans le couloir emmène Thomas et offre un espace conséquent à Martins plein axe. Sidibé va alors servir le Portugais et derrière, Ben Yedder va pousser Bernardoni à la parade.


L’Allemand a aussi été souvent impérial dans son pressing : ici, sa course incurvée ferme la possibilité de passe vers Thomas et va forcer Bernardoni à balancer.


Sur d’autres séquences, Volland s’est partagé la garde de Mangani de façon assez simple : lorsque Thomas avait le ballon, Ben Yedder s’occupait du milieu du SCO et inversement lorsque Traoré était en possession du ballon.


Petit problème : parfois, par manque de vitesse dans la lecture du jeu, Volland a été oublié, comme ici par Tchouaméni qui, décalé par Fofana, va préférer revenir en retrait vers Maripan.

L’arbre qui cache le Wissam


Utile sans ballon, Kevin Volland, qui a envoyé une belle volée au-dessus en début de match, a d’abord peiné à exister avec (10 ballons perdus, record de son équipe) et a même mis l’ASM en danger en ratant un décalage vers Martins (ce qui a été couplé à un tacle complètement foiré par Maripan), offrant ainsi une belle occasion à Capelle en première période. Mais l’Allemand s’est ensuite rattrapé, au contraire de Ben Yedder, qui a confirmé son actuelle sale passe.


Après un corner renvoyé, Martins va ici être trouvé par Sidibé alors que Diop va déclencher un appel en retrait...


Assez libre, Martins peut débouler côté droit et trouver Diop en retrait, dont la passe puissante tombe sur Volland...


L’Allemand attire deux joueurs du SCO sur lui et dévie astucieusement vers Maripan : 1-0.


Un peu plus d’une minute plus tard, nouvelle secousse monégasque. Alors que Traoré sort avec Manceau côté droit, le latéral angevin cherche une passe intérieure sous pression que Tchouaméni intercepte...


Le milieu monégasque joue alors rapidement vers Volland, qui peut temporiser...


Et décaler Diop...


Volland stoppe alors intelligemment son appel. Trouvé, sa frappe va finir à côté.


Juste avant la mi-temps, nouvelle relance angevine coupée : Diop intercepte une passe d’Amadou et part en contre avant de trouver Volland, dont la frappe sera ensuite contrée par un tacle décisif de Thomas.

Ce Monaco-Angers a alors confirmé une tendance : depuis l’arrivée du 4-4-2, Kevin Volland brille (9 buts) bien plus que son copain de paire, Wissam Ben Yedder (2 buts). Au-delà des buts, l’Allemand, qui est préposé aux décrochages entre les lignes, tente même plus sa chance que le Français (24 tirs à 18) et a eu plus de grosses occasions à gérer que son partenaire (11 contre 6). Samedi soir, Volland a de nouveau été plus en vue avec quatre tirs (contre un pour WBY), deux occasions crées (contre une) et 0,98xG (contre 0,1). Il a surtout été décisif.


On l’a d’abord vu alerté sur le côté par Fofana après une nouvelle séquence de contre-pressing de l’ASM et s’essayer au centre...


Puis, à vingt minutes de la fin, alors que Badiashile a « fix and play » comme demandé par Kovač et que Diop a parfaitement joué son rôle dans le demi-espace pour qu’Henrique puisse être lancé...


Il a surgi au deuxième poteau (en profitant de l’appel au premier de Ben Yedder) pour inscrire le but du 2-0.


Il a ensuite eu davantage d’espace, comme ici sur une relance de Maripan...


Et, à dix minutes de la fin, après un nouveau ballon récupéré par Fofana dans les pieds de Mangani...


Il a été lancé sur le côté par Jovetić afin de décaler Romain Thomas...


Et de pouvoir retrouver Jovetić plein axe pour le 3-0.

Résultat, aux côtés de Diop, Tchouaméni et Maripan, Volland, désormais deuxième meilleur passeur décisif de Ligue 1 (6 passes décisives) a été l’une des satisfactions de la belle victoire monégasque du week-end, qui permet à la bande à Kovač de se replacer au pied du podium avant d’aller à Montpellier. L’ancien du Bayer Leverkusen a surtout confirmé qu’il n’aura finalement pas fallu attendre longtemps pour le voir dégainer son meilleur visage, lui qui vient de sortir une semaine XXL après son match parfait à Lorient. Bonne nouvelle : ça ne ressemble qu’à un début. Par Maxime Brigand