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Fred Dembi : « Ce maillot, je l’ai porté comme une deuxième peau »

Héros de la victoire historique de Rouen face à Metz, Fred Dembi ratera le 16e de finale de la Coupe de France face à Angers parce qu’il a voulu honorer la mémoire de son ami Nathaël Julan. Entretien avec un homme qui ne regrette rien. Non, rien de rien.

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Il y a deux ans, Fred Dembi jouait en Régional 1, à l’AL Déville-Maromme, et moralement, ça n’allait pas fort. Le milieu de terrain avait laissé filer le wagon professionnel un peu plus tôt et passer en deux ans du statut de pote d’entraînement de Ferland Mendy à joueur de 6e division était un constat qui lui faisait mal au crâne. Champion de Régional 1, Dembi a ensuite suivi son coach, David Giguel, au FC Rouen. Résultat ? Un titre de champion de National 3 obtenu avec le brassard de capitaine. Actuel pilier de l’équipe leader de son groupe de National 2, ce pur produit du football normand a un peu plus rattrapé le temps perdu, lundi, en étant le premier buteur et l’homme du match lors de la magnifique victoire face au FC Metz (3-0). Depuis 1950 (Sedan-Nice, 4-1), aucune équipe du quatrième échelon n’avait gagné par trois buts d’écart contre une formation de l’élite. Fred Dembi (24 ans) n’est pas étranger à cette mise à jour de l’histoire qu’il a pimentée en relançant un débat : son carton jaune reçu pour avoir célébré son but en rendant hommage à son ami Nathaël Julan lui vaut une suspension pour le 16e de finale programmé dans deux semaines contre Angers. Aujourd’hui, il fait appel à la clémence de la FFF. Sans toutefois se faire trop d’illusions.


Tu risques de rater le 16e de finale de Coupe de France face à Angers à cause de ce carton jaune. Regrettes-tu cette célébration ?
Non.
« Je préfère rater le 16e de finale et avoir rendu hommage à mon ami. Parfois, il n’y a pas vraiment de décision à prendre, c’est l’humain qui prend le dessus. »
J’y ai réfléchi la nuit qui a précédé le match. J’avais le choix de laisser le maillot sur le banc, mais j’ai préféré le porter. Dans dix-quinze ans, quand je regarderai derrière moi, je serai fier de ce que j’ai fait. Je préfère rater le 16e de finale et avoir rendu hommage à mon ami. Dans certains cas, il n’y a pas vraiment de décision à prendre, c’est l’humain qui prend le dessus. L’émotion, c’est comme ça, ça va parfois au-delà des règles. Ce maillot, je l’ai porté comme une deuxième peau. Tout le reste passait au second plan.

D’où vient ce maillot, d’ailleurs ?
La saison dernière, avec le FC Rouen, nous sommes allés en stage à Ploufragan. On a programmé de se voir avec Natha, et il s’est carrément rendu compte que sur cette période, il avait un match amical à Ploufragan avec Guingamp contre Nîmes. Je suis resté en Bretagne plus longtemps que mes coéquipiers, on a passé un peu de temps avec Natha. On a refait le monde, parlé de nos souvenirs du HAC. À la fin, il m’a fait la surprise de me donner son maillot. Depuis, je le porte régulièrement, quand je vais faire un five ou même quand je reste chez moi. C’est pour ça qu’on voit à peine le numéro 14, le maillot est passé pas mal de fois à la machine à laver !

Tu avais déjà célébré un but en enlevant ton maillot ?
Non, c’est la première fois de ma vie. J’ai toujours célébré mes buts de manière tranquille, sans grand spectacle, sans jamais chambrer les supporters adverses par exemple. Là, le stade était plein à craquer, on jouait contre une Ligue 1, il y avait eu une minute d’applaudissements pour lui juste avant... C’était l’apothéose, un dernier adieu... (Il marque une pause.) Je suis un milieu relayeur, je vais au charbon, s’il faut mettre le pied, je mets le pied. (Cette saison, Dembi a récolté 4 cartons jaunes en 12 journées de championnat, N.D.L.R.) Alors c’est vrai que je m’exposais en prenant un jaune dès la 6e minute. Mais là, le contexte était plus fort que tout.


D’autres anciens coéquipiers de Nathaël Julan, après leur qualification avec Gonfreville (N3) à Saint-Brieuc (N2), ont évoqué une surmotivation, une espèce de supplément d’âme dans le fait de jouer quelques heures après la disparition de leur ami. Tu as ressenti la même chose ?
« Depuis le décès de Natha, je n’ai pas réussi à dormir une nuit entière. Je m’endors à 4h, je me réveille à 6h. Je me couche tard, je fixe le plafond, je suis triste et c’est comme ça depuis trois jours. »
Depuis le décès de Natha, je n’ai pas réussi à dormir une nuit entière. Je m’endors à 4h, je me réveille à 6h, impossible de faire autrement. Je me couche tard, je fixe le plafond, je suis triste et c’est comme ça depuis trois jours. Moi, je suis un joueur qui reste toujours 90 minutes sur le terrain. Mais contre Metz, j’ai été obligé de sortir avant la fin. Quand on marque le deuxième but à la 77e, je sais que c’est plié, que le match est gagné. Si vous regardez les images, je ne vais même pas célébrer le but avec les gars, je n'ai plus de force. Mon corps ne répond plus. Psychologiquement, c’est comme si un truc s’était déconnecté. Les douleurs, les crampes, tout est arrivé d’un coup.


L’histoire de ce carton jaune est très particulière, car l’arbitre qui te le sort est Gaël Angoula, un ancien joueur et surtout un mec qui vient du Havre...
Quand il a sorti le carton, il est venu me dire à l’oreille : « Je suis désolé, je suis obligé de te mettre un carton. Et ça me dérange vraiment parce que je sais que tu fais ça pour la mémoire d’un petit de mon quartier... » Je comprends sa position. J’en veux surtout à cette règle. Cette règle tue tout. Je ne suis pas parti chambrer l’adversaire, il n’y a aucun message politique dans mon geste, aucune démarche publicitaire, mon ami est décédé et j’ai pensé très fort à lui. Rien d’autre.

Le tweet que vous avez publié mardi matin et dans lequel vous faites appel à la clémence de la FFF peut-il avoir un impact ?

Je ne m’attends à rien. Le club a fait appel et j’espère que ça va marcher, mais je n’ai aucun pouvoir là-dessus, donc je préfère ne rien espérer.
« Il faudrait qu’un club pro ait le courage de se positionner, puis un deuxième, puis un troisième... Mais est-ce qu’un club professionnel français a envie de se mouiller pour le FC Rouen aujourd’hui ? »
Il y a quelques années, 19 clubs de Liga avaient demandé à la ligue espagnole d’annuler un carton de Sergio Ramos (qui avait rendu hommage à son ami Antonio Puerta, joueur du FC Séville mort sur le terrain à 22 ans, N.D.L.R.). Ça avait marché. En France, honnêtement, je ne sais pas où on en est sur ce genre de sujet. Il faudrait qu’un club pro ait le courage de se positionner, puis un deuxième, puis un troisième... Mais est-ce qu’un club professionnel français a envie de se mouiller pour le FC Rouen aujourd’hui ? Il y a quelques mois, le HAC avait demandé qu’on lève un huis clos pour que les supporters honorent la mémoire de Samba Diop. La LFP avait refusé... Là, je sais bien que c’est la FFF, mais j’ai l’impression que c’est le même genre de personnes qui prennent les décisions.


Quels rapports entreteniez-vous avec Nathaël Julan ?
On se connaît depuis tout petits. J’ai passé toute mon enfance à l’US Quevilly et lui au HAC. On s’est toujours croisés, affrontés. Et puis on a joué une saison ensemble avec la réserve du Havre, on a fini champions de CFA2. Dans l’équipe type de la saison, il y avait cinq Havrais : Natha, Alimami Gory (Cercle Bruges), Samba Camara (New England Revolution), Harold Moukoudi (Saint-Étienne) et moi.
« J’ai vraiment failli arrêter le foot, mon moral était au plus bas. Natha a fait partie des gens qui m’ont dit qu’il fallait que je m’accroche, il a toujours été derrière moi. »
Les quatre premiers ont dans la foulée signé un contrat pro de trois ans. Moi, on m’a demandé de rester un an amateur. Je l’ai mal pris, je suis allé à Avranches pour jouer en National. Mais ça s’est très mal passé avec l’entraîneur et je ne me suis même pas retrouvé avec l’équipe B, mais la C, en PH... J’ai vraiment failli arrêter le foot, mon moral était au plus bas. Natha a fait partie des gens qui m’ont dit qu’il fallait que je m’accroche, il a toujours été derrière moi. Je sais ce que je lui dois.


Que représenterait pour vous ce 16e de finale de Coupe de France contre Angers ?
J’ai 24 ans, je fais une très belle saison, on est leaders de National 2. On fait une super saison en championnat et en Coupe de France. Je ne me suis jamais senti aussi fort. On vient de sortir Orléans qui est en Ligue 2 et le FC Metz qui joue en Ligue 1, à chaque fois sans prendre de but. Un 16e de Coupe de France, c’est un match de plus pour me mettre en lumière, pour dire au monde pro : « Les gars, je suis passé entre les mailles du filet, mais je suis là ! »

Propos recueillis par Matthieu Pécot
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