- Tour de France 2026
Ce que Paul Seixas peut apprendre du parcours de Kylian Mbappé

À 19 ans, certains font des stages, partent en vacances avec des potes ou redoublent leur première année d'études. Puis, il y a Kylian Mbappé et Paul Seixas. L'un a remporté une Coupe du monde à 19 ans et le second, au même âge, est à la bataille pour accrocher un podium sur son premier Tour de France. Le jeune Paulo pourrait s'inspirer (ou pas) du parcours de son aîné.
L’un est devenu champion de France à 17 ans avec Monaco et vainqueur de la Coupe du monde à 19 ans. L’autre, au même âge, signe une deuxième saison tonitruante en tant que cycliste professionnel avec des deuxièmes places aux Strade Bianche, à Liège Bastogne Liège, une victoire spectaculaire sur la Flèche Wallonne et la quête bien lancée d’un podium pour son premier Tour de France. À première vue, pas grand-chose ne lie Paul Seixas et Kylian Mbappé. Pourtant, le parcours de Kyks, précurseur d’une génération de cracks français (Antoine Dupont, Léon Marchand, Victor Wembanyama), peut permettre à Seixas d’emprunter le bon chemin… et d’éviter certaines erreurs.
→ Faire les bons choix de carrière
Soyons réalistes : Paul Seixas peut-il gagner la Grande Boucle avec l’effectif actuel qui compose les rangs de la Décathlon CMA-CGM ? Mille fois non. Au regard des armadas que sont l’UAE, la Visma, la Lidl Trek et dans une moindre mesure la Red Bull-Bora-Hansgrohe, le Français pourrait souffrir d’un manque d’équipiers dans cette troisième semaine du Tour qui nous emmène dans les Alpes. À moins que Matthew Riccitello retrouve le niveau qu’il avait pu afficher lors de la dernière Vuelta et que Tiesj Benoot se transforme subitement en grand grimpeur, Seixas ne sera entouré que par Nicolas Prudhomme.
Pogacar, lui, aura Del Toro, Yates, McNulty, Wellens et, dans une moindre mesure, Großschartner pour gravir les cols des Alpes. Une telle différence d’effectif qui fera forcément réfléchir Paul Seixas en fin de saison pour choisir sa future équipe. Alors que Kylian Mbappé avait privilégié le Paris Saint-Germain au Real Madrid, Seixas devra faire le choix qui lui permettra de gagner le plus vite possible le Tour de France, alors que la UAE et la Visma sont déjà venus aux renseignements pour recruter le Français. À 27 ans, Kylian Mbappé n’a toujours pas remporté de Ligue des champions, un exemple à ne pas suivre pour Paulo.
→ Construire son image, mais pas trop non plus
Si le Kyks est autant reconnu, c’est en partie grâce au personnage qu’il s’est construit au fil de sa carrière. Des punchlines, parfois bien senties, d’autres moins, une aisance devant les médias dès son plus jeune âge, un monstre médiatique et une star prête à devenir une star, ce qui n’est pas toujours évident pour un jeunot de moins de 20 piges. Paul Seixas, tranquillement, se construit sa petite image, mais ne semble pas forcément très à l’aise lorsqu’il s’agit de sortir de ce cadre ultra-compétitif qu’est le cyclisme de haut niveau. Qu’il prennes on temps, qu’il reste lui-même et n’en fasse pas trop. Trop timide ? Rien d’anormal pour un jeune adulte, qui prendra peut-être goût à se dévoiler un peu plus chaque année. Tout le monde n’est pas Mbappé et Seixas n’a aucun intérêt à devenir le Kylian du cyclisme.

→ Ne lui parlez pas d’âge
Lorsque Paul Seixas a annoncé participer à son premier Tour de France cette année, des milliers d’internautes se sont mués en conseillers sportifs pour fustiger un choix qu’ils jugeaient soit trop précipité, soit inutile au vu de l’actuel niveau de Tadej Pogačar. Mais Paul Seixas est un battant, un vrai. Son succès haut la main sur le Tour du Pays-Basque en avril dernier devant Florian Lipowitz et Tobias Haaland Johannessen confirmait pourtant qu’il était déjà au-dessus de nombreux grands coureurs du peloton. À Pédale, il confiait avoir fraîchement remballé, aux derniers championnats d’Europe, un Remco Evenepoel qui avait lui avait, tel un mentor, ordonné de « lisser [son] effort », en lui lâchant un lapidaire « ça n’est pas ton problème ». Une manière de remettre à sa place le Belge et de confirmer, à l’image de Kylian Mbappé en début de carrière, que son âge n’est pas un sujet. Tant qu’il brille.
→ Ne pas s’enfermer dans un profil
Une Grande Boucle peut se jouer sur un contre-la-montre. Si vous ne le croyez pas, demandez à Primoz Roglic, qui s’était fait chiper par Pogačar le Tour 2020 qui lui était promis, sur le contre la montre de La Planche des Belles Filles. Kylian Mbappé l’a bien compris, il vient d’achever sa troisième Coupe du monde jouée à un poste différent tout en étant performant (à droite en 2018, à gauche en 2022, en pointe en 2026). Il sait marquer, mais pas que, et cela doit inspirer notre Paulo national. Surtout par des temps où les meilleurs cyclistes se distinguent sur tous les terrains et non plus uniquement dans certaines spécialités. Exit les purs grimpeurs à la Nairo Quintana ou à la Mikel Landa : désormais, le vélo se joue sur tous les terrains. Seixas doit donc maximiser son potentiel sur tous les domaines : en contre la montre, où il est déjà très solide, en pavés pour titiller les bourrins sur les flandriennes et en punch pour rêver, un jour, d’un Milan San Remo.
→ Courir avec les Bleus
Mbappé est déjà solidement installé à la table des meilleurs joueurs de l’histoire de l’équipe de France. Paul Seixas doit, lui aussi, chercher à se construire une légende Mbappesque avec la sélection tricolore. Primo, sur le papier, la France a peut-être l’une des plus grandes générations de son histoire sur le point d’éclore. Hormis Seixas, Paul Magnier s’est déjà fait une sacrée réputation dans le peloton en remportant trois étapes du dernier Tour d’Italie ; Romain Grégoire semble être l’une des forces en devenir des classiques ardennaises ; et c’est sans compter sur l’éclosion de Léo Bisiaux, Noa Isidore, Antoine l’Hôte, etc. Bref, Seixas doit chasser les titres mondiaux, européens et olympiques. Deuxio, derrière Le Tour de France et quelques monuments, les championnats internationaux sont devenus les scènes de combats épiques entre Remco, Tadej et Van Der Poel ( et Benili !). De quoi viser un maillot arc-en-ciel dès 2027 à Sallanches ? Échappée à suivre.
Guardiola à la tête de l’Italie, un fantasme bientôt réalité ?Par Arsène Belgodère-Soria




















































