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« À notre tour de nous rassembler » : le projet de réforme du foot français adopté par le Parlement

Par Clément Gavard
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« À notre tour de nous rassembler » : le projet de réforme du foot français adopté par le Parlement

Après l’Assemblée nationale lundi, le Sénat a adopté à l’unanimité le projet de loi pour réformer le sport professionnel, qui concerne notamment la gouvernance d’un football français marqué par les dérives et les crises ces dernières années. Plusieurs présidents de clubs de Ligue 1 y voient une avancée bénéfique, mais le texte ne fait pas encore l’unanimité.

Le chantier de l’été ressemble (un peu) moins à un chantier. Ce mardi, la proposition de loi du sénateur Laurent Lafon (Union centriste) relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel, serpent de mer du football français ces derniers mois, a été définitivement votée au Sénat, en séance publique, après les conclusions de la commission mixte paritaire du 8 juillet. En juin, le projet de réforme avait déjà été adopté à la quasi-unanimité par le Sénat et l’Assemblée nationale avant la version commune.

Ce texte intervient dans le cadre d’une volonté politique et de plusieurs clubs professionnels de favoriser un modèle sportif plus transparent et solidaire, mais aussi mieux régulé pour lutter contre les dérives qui ont mené le football français à une importante crise économique liée à celle des droits TV.

Un texte qui ne fait toujours pas l’unanimité dans le foot français

« Le législateur a fait sa partie du job. À notre tour, acteurs du football français, de nous rassembler pour proposer à notre sport une gouvernance sereine, efficace et compétitive », a lancé le président du Havre Jean-Michel Roussier dans une réaction transmise à So Foot. Là est tout le défi face à ce projet de réforme qui ne fait pas l’unanimité dans un contexte de luttes d’influences et de pouvoir. Le PSG et Nasser al-Khelaïfi ne voient pas d’un bon œil cette réforme, quand Olivier Létang, président du collège de Ligue 1, avait alerté sur « un texte qui est mauvais » auprès du Figaro début juin.

Le législateur a fait sa partie du job. À notre tour, acteurs du football français, de nous rassembler pour proposer à notre sport une gouvernance sereine, efficace et compétitive.

Jean-Michel Roussier, président du HAC

Dans le camp des « pour », où se trouvent notamment les clubs qui avaient signé plusieurs tribunes cet hiver et au printemps, on estime que les quelques modifications apportées à des points « chauds » doivent tendre à une unanimité pour le bien du foot français. Il est notamment question du lot unique, sans match en clair chaque week-end (une proposition qui était dans le texte initial), de la lutte contre le piratage et de l’encadrement de la multipropriété plutôt qu’une interdiction pure et simple.

« Nous sortons d’une période où la valeur de nos droits TV a été dégradée, commente de son côté Nicolas de Tavernost, ancien DG de LFP Média et désormais président du conseil d’administration du Stade rennais. Parmi les mesures importantes de ce texte, le choix du lot unique et la volonté claire de s’attaquer au piratage marquent un signal fort : celui de protéger durablement le produit “football français” et notre capacité à rester compétitifs en Europe. »

Une répartition des droits audiovisuels plus équitable

Parmi les autres points importants de cette loi, la réduction de la représentation des clubs pros dans les élections, notamment celle du président de la FFF, en passant de 33 à 25 % des voix, mais aussi la limite de l’écart de répartition des droits audiovisuels entre clubs selon un ratio maximal de 1 à 3 (contre 1 à 5,4 auparavant), en plus du plafond de salaires (450 000 euros annuels) pour les employés des instances (avec une dérogation autorisée, comme pour Zinédine Zidane).

Le football anglais a montré la voie sur certains aspects économiques ; s’en inspirer, tout en respectant nos spécificités, sera bénéfique pour tout le football français.

Joseph Oughourlian

« Ce ratio 1-3 est un choix de bon sens, dans la lignée des meilleures ligues européennes, se félicite le patron de Lens Joseph Oughourlian. Il offre un point d’équilibre qui satisfera la grande majorité des clubs professionnels. Je le dis d’autant plus facilement que le RC Lens n’en bénéficiera pas spécifiquement. Le football anglais a montré la voie sur certains aspects économiques ; s’en inspirer, tout en respectant nos spécificités, sera bénéfique pour tout le football français. » Le problème étant que les revenus actuels sont très éloignés de ceux d’une autre époque, avec l’arrivée en catastrophe de Ligue 1+ la saison dernière.

À terme, cette loi doit conduire à la dissolution de la LFP dans les prochains mois et à la constitution de la société commerciale. En attendant, les clubs ont un mercato à gérer et une préoccupation majeure : faire entrer de l’argent dans les caisses.

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Par Clément Gavard

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