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Gouvernance du foot français : le fond et la réforme

Par Clément Gavard
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Gouvernance du foot français : le fond et la réforme

C’est une première dans la très longue crise que traverse le foot français : cette semaine, sept clubs de Ligue 1 ont cosigné une tribune appelant à une réforme « nécessaire et urgente » de la gouvernance. Avec l’espoir de voir l’Assemblée nationale inscrire très vite à son calendrier la proposition de loi adoptée par le Sénat en juin 2025. Et après ?

Pendant que les derniers représentants de l’Hexagone jouent leur avenir européen sur les terrains et qu’il est de bon ton de se moquer de la Premier League, c’est encore autre chose qui se trame dans les coulisses d’un football français très loin d’être sorti de la crise. Moins d’un mois après une première tribune publiée dans Le Monde, quatre clubs (Lens, Le Havre, Rennes et l’OM) ont été rejoints par trois autres (Metz, l’OL et le Paris FC) pour appeler à une « nécessaire et urgente » réforme de la gouvernance du football professionnel français. Cette fois, le message est passé dans plusieurs médias, notamment la presse quotidienne régionale, pour alerter un maximum de personnes et faire bouger les lignes.

Ce qui ressemble à un début de révolte organisée se présente surtout comme une situation d’urgence, à en croire différents interlocuteurs proches du dossier. « Un rapport publié le mois dernier par l’UEFA sur la situation financière des clubs européens met en lumière une réalité préoccupante, peut-on lire dans cette nouvelle tribune parue dans la journée de mardi. L’affaiblissement économique du football professionnel français et son décrochage croissant avec les quatre ligues dominantes du continent (Angleterre, Espagne, Allemagne et Italie). » Il n’est plus question de savoir combien de poulains le foot français placera en quarts de finale des coupes d’Europe, mais plutôt de s’inquiéter, un peu plus chaque jour, de la fragilité d’un écosystème chamboulé par les multiples crises des droits TV (et les nombreuses erreurs commises par les décideurs).

Une loi pour mettre fin au désordre

Au centre des préoccupations de ces sept signataires (et d’autres préférant rester discrets ou en retrait) : la proposition de loi (PPL) relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel, portée par les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin, puis adoptée à la quasi-unanimité par le Sénat le 10 juin 2025. Les clubs en faveur de la réforme commencent à s’impatienter, conscients que les discussions interminables sur le budget ont surchargé l’agenda politique. Le principal objectif de la tribune ? Pousser le gouvernement à inscrire la PPL à l’Assemblée pour qu’elle devienne une loi et ouvre la voie à la création d’une société commerciale. « Cela permettrait de professionnaliser l’approche de certains sujets comme les droits TV, posait Guillaume Cerutti, président du conseil d’administration du Stade rennais et moteur sur ces questions en coulisses, face à la presse cette semaine comme rapporté par RMC. Se donner de la durée dans la stratégie qu’on met en œuvre et rebâtir de la valeur pour la diffusion audiovisuelle du championnat. »

La faillite du foot n’est pas une hypothèse invraisemblable.

Un dirigeant du foot français

Le même refrain revient dans différentes bouches : le temps presse. Rien ne devrait bouger avant le début du printemps et le 23 mars, alors qu’ils sont plusieurs à espérer l’ouverture d’une fenêtre à la mi-avril, afin que la réforme soit opérationnelle dès la saison 2026-2027. « Les clubs doivent se rendre compte que ceux qui bloquent font courir des risques à de nombreux clubs, glisse un dirigeant. La faillite du foot n’est pas une hypothèse invraisemblable. » Tous les patrons de clubs le savent, il faudra encore un peu plus se serrer la ceinture lors d’un prochain exercice déjà très redouté avec des droits TV qui s’annoncent historiquement bas et à des années-lumière des 726 millions d’euros annuels sur la période 2016-2020.

L’intérêt général plutôt que les nombrils

Un autre football français est-il possible ? Il y avait eu la prise de parole commune de Joseph Oughourlian et Frank McCourt en septembre, restée sans suite concrète et sanctionnée par l’élection d’Olivier Létang à la présidence du collège de Ligue 1 ; ce rassemblement de sept clubs est une première et représente une avancée, à sa manière, après de trop nombreux épisodes où chacun pensait à son nombril plutôt qu’à l’intérêt général du foot français (les deux sont pourtant liés). Il faut cependant marcher sur des œufs face à ce jeu très politique, où les pressions sont nombreuses et les retournements de situations habituels (la réélection de Vincent Labrune était venue le rappeler en septembre 2024). « Il faut accélérer le mouvement », nous répète-t-on. Ils sont plusieurs à regretter que les deux boss des instances, Vincent Labrune et Philippe Diallo, ne soient pas les plus fédérateurs, la question principale n’étant pas de savoir qui de la LFP ou de la FFF va gagner un « match » bien plus crucial qu’une lutte de pouvoirs.

La démission de Nicolas de Tavernost a jeté un flou, et l’enjeu de son remplaçant sera majeur, alors que le Paris Saint-Germain et Nasser al-Khelaïfi voient cette alliance comme un début de fronde contre le club de la capitale. Le mois dernier, au Roazhon Park, le champion d’Europe en titre avait fait comprendre au Stade rennais qu’il n’appréciait guère de l’avoir vu signer la tribune publiée quelques heures plus tôt dans Le Monde. Le sauvetage du foot français passera par une vision commune et peut-être par cette réforme de la gouvernance ressemblant de plus en plus à un serpent de mer, sans que l’on ne puisse savoir si cela sera beaucoup mieux après qu’avant. Parmi les sept copains de la dernière tribune, tous ne sont d’ailleurs pas d’accord sur le modèle à adopter : chaque chose en son temps.

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Par Clément Gavard

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