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Rémi Himbert : piquant avant d'avoir de la moustache

Inconnu du grand public il y a quelques semaines encore, Rémi Himbert fait valoir une insouciance qui lui réussit. Si à tout juste 18 ans le Mosellan d’origine s'est fait une place dans cet Olympique lyonnais à coup de doigts dans les oreilles, c'est bien un garçon humble et réfléchi à qui on a affaire.
Malgré l’élimination en quarts de finale de Coupe de France face au RC Lens (2-2, 4 TAB 5), Paulo Fonseca pouvait se targuer d’au moins une chose : la fougue lyonnaise a de la gueule. Gueule qui se veut méticuleusement peignée et surtout juvénile. Entré en jeu sur un flanc gauche auquel il n’est pas habitué, Rémi Himbert a remué les Sang et Or, y allant de son but pour égaliser dans le temps additionnel après avoir délivré un centre décisif pour Roman Yaremchuk. Et le gamin le sait, il vient de frapper fort, alors il kiffe : les doigts dans les oreilles, il répète ce geste qu’il a déjà claqué au Vélodrome après avoir inscrit le deuxième but lyonnais face à l’OM (3-2). Cette célébration, les pelouses de Ligue 1 la connaissent bien : c’est celle du fantasque Memphis Depay. Et l’ancien attaquant néerlandais de l’OL n’est autre que l’idole de Rémi.
⚽ #CDFCA | 🔴🔵 L'OL RELANCE TOUT ! Sur un magnifique centre de Rémi Himbert, c'est Roman Yaremchuk qui vient placer sa tête : Lens ne mène plus que 2-1 ! ▶️ Le direct sur la chaîne sport : https://t.co/MOXh7DpfMW pic.twitter.com/PhRJP7J3dZ
— francetvsport (@francetvsport) March 5, 2026
Certains y verront de la prétention ou de l’impertinence pour un gars qui n’a pas pu fêter ses 18 ans cette année, puisque né un 29 février, d’autres souligneront jusque que débouler avec autant d’aplomb est remarquable. Corentin Tolisso fait partie de la deuxième catégorie : « Il sait les qualités qu’il a et joue beaucoup avec ». Et ça, c’est un constat qu’on peut partager jusqu’à la frontière franco-allemande, à Saint-Avold, là où Rémi a fait ses premiers pas.
Pas besoin du FC Metz
La jeune pousse a évolué sans pression dans cette région désindustrialisée qui a aussi vu naître un certain Umut Bozok et briller Patricia Kaas. « Comme il a toujours été double surclassé, il avait cette insouciance de se dire « J’ai 14 ans, je joue déjà avec des U16. Donc moi, sur le terrain, j’essaie de me faire plaisir et de faire gagner l’équipe » », confie Zouhir Salah-Eddine, directeur général de l’EN Saint-Avold où ce 2008 a joué des pupilles à 2022.
C’est quelqu’un qui, malgré les sollicitations de très nombreux clubs, a été toujours humble par respect envers ses coéquipiers.
Courtisé par pléthore de centres de formation français (dont l’AS Monaco et l’Olympique de Marseille) suite à ses perf’ avec l’Étoile naborienne, le raoudi refuse même les avances du FC Metz alors qu’il évolue en U12, malgré le partenariat entre son club et les Grenats. Le petit prodige favorise un autre projet. « C’est quelqu’un qui, malgré les sollicitations de très nombreux clubs, a été toujours humble par respect envers ses coéquipiers, partage Zouhir Salah-Eddine. Son entourage a fait beaucoup aussi. Ils ne lui ont pas monté la tête. »
La précocité d’un meneur-né
C’est au Pôle Espoir de Nancy et à l’US Thionville Lusitanos que ce fan de Manchester United s’endurcit tout en se laissant le temps de choisir son premier club professionnel. « Il avait déjà les idées claires parce que ses parents aussi avaient un plan, explique Nordine Dehar, son entraîneur à Thionville. Ils l’ont suivi à la perfection, ça ne m’étonne pas qu’il soit déjà arrivé là aussi prématuré. » Côté scolaire, les parents veillent à ce que les résultats sourient autant à leur protégé que le foot. « Ses parents pensent vraiment à son bien-être, avant tout à l’école, reprend le coach thionvillois. Je me souviens du premier entretien qu’on a eu avec eux, ils ne m’ont jamais parlé de sportif, le sujet c’était vraiment le bien-être du petit sur l’aspect éducatif. » Fin du suspense : c’est le centre de formation de l’Olympique lyonnais qui l’accueille en 2023, sans pour autant mettre de côté les études, puisque Rémi a obtenu le bac avec un an d’avance et qu’il poursuit assidument ses études avec un bachelor en management et marketing du sport.
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Il faut attendre 2026 pour voir l’histoire s’emballer : une première titularisation avec les Gones le 29 janvier dernier face au PAOK Salonique en Ligue Europa (4-2), lors de laquelle le numéro 45 colle son premier but chez les pros alors que les siens sont menés, faisant momentanément tomber le record de précocité du plus jeune buteur de l’OL en Coupe d’Europe détenu jusqu’alors par un certain Karim Benzema. Face au RC Lens en Coupe de France, rebelote. Il faut croire que le gamin adore s’illustrer quand son équipe galère. C’est aussi lui qui a bien failli délivrer l’OL en championnat face au Paris FC, mais cette fois-ci, son instinct n’a pas suffi pour prendre les trois points (1-1).
Alors qu’il vient de signer son premier contrat professionnel avec l’OL – un bail le liant à son club formateur jusqu’en 2028 – Rémi Himbert ne peut que profiter. S’il a su grignoter des minutes en raison des nombreuses blessures qui minent l’attaque des Gones (Malick Fofana, Pavel Šulc, Afonso Moreira, Ernest Nuamah), nul doute que Paulo Fonseca saura se rappeler les étincelles de la nouvelle coqueluche du Groupama Stadium en cas de panne.
Memphis Depay est à fond derrière Jean-Michel Aulas pour les élections municipalesPar Suzanne Wanègue
Tous propos recueillis par SW, sauf mentions.













































