- C1
- 8es
- Real Madrid-Manchester City (3-0)
Federico Valverde, le bonheur en triple

Auteur d’un triplé contre Manchester City, Federico Valverde s’est certainement offert le match d’une vie. La juste récompense pour l’un des cadres du Real Madrid, qui a longtemps connu une période de disette.
Le poste de relayeur est de loin le plus gros fourre-tout du football moderne. Coincé entre le 6 et le 10, le 8 dépanne comme il peut, là où il peut. Jusqu’à parfois devenir latéral. C’est le cas de Warren Zaïre-Emery ou de João Neves au PSG, d’Eduardo Camavinga et de Federico Valverde au Real Madrid, aussi.
C’est justement depuis l’aile que l’Uruguayen a illuminé la victoire madrilène ce mercredi contre Manchester City (3-0), en inscrivant un triplé. Deux pions du droit, un du gauche, dont ce magnifique enchaînement sombrero volée sous le nez de Marc Guéhi. De quoi graver un peu plus son patronyme dans la légende madrilène, dont il est l’un des garants depuis près de dix ans. Pour Valverde, ce triplé est surtout synonyme de renaissance, après une année compliquée.
Pendant ce temps-là, le Real Madrid mène 3-0 face à Manchester City grâce à un TRIPLÉ de Valverde, dont ce BIJOU 🤯🤯🤯#RMAMCI | #UCL pic.twitter.com/TUMCdbwhCy
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) March 11, 2026
« C’est un peu comme Makélélé »
Comme souvent, Federico Valverde est entré dans son match en commettant une erreur. Une relance dans l’axe, dont a profité Bernardo Silva pour déclencher une reprise soudaine et signer la première banderille de la partie. Puis comme souvent, Valverde s’est rattrapé en faisant parler sa puissance. Physique, d’abord, pour contenir l’infatigable Jérémy Doku. De frappe ensuite, pour envoyer Gianluigi Donnarumma chercher trois fois le cuir derrière sa ligne.
Cette fiabilité physique et mentale a justement permis au « Pajarito » (« oisillon », en raison de sa voix fluette et son petit gabarit, plus jeune) de visser sa place dans le onze du Real Madrid depuis 2018. Au gré de six entraîneurs, lui s’est toujours montré indispensable à la balance d’une équipe penchant un peu trop vers l’avant, comme l’explique Celso Borges, son ancien coéquipier au Deportivo La Corogne : « Il est l’homme de l’équilibre. C’est un peu comme Makélélé à l’époque des Galactiques. Tu parles moins de lui que des autres, mais tu ne peux pas le sortir de l’équipe. C’est un moteur. » Un moteur dernièrement grippé.

Les suiveurs du Real Madrid seront donc assez unanimes : la saison dernière, Valverde a galéré. Moins influent sur le rythme imposé par les Merengues au milieu, il s’est surtout illustré par des errements défensifs inhabituels, heureusement compensés par le retour en forme d’Aurélien Tchouaméni. Cette période grise, coïncidant aussi avec un bilan collectif médiocre, le relayeur l’a notamment traversée blessé. La faute à un bon vieux lumbago. « Il peut encore s’améliorer. Parfois, avoir un peu d’arrogance fortifie ton caractère », rappelle son ancien entraîneur Carlo Ancelotti, au moment d’évoquer la fébrilité du poulain, tranchant nettement avec l’agressivité dont il peut faire preuve sur le terrain.
Le sursaut est finalement arrivé au début du mois de janvier dernier. En demi-finales de Supercoupe d’Espagne contre l’Atlético (2-1), il s’est offert l’un de ses premiers matchs aboutis depuis un long moment, agrémenté d’un coup franc surpuissant. Désormais, le voici revenu à la normale, brassard de capitaine autour du biceps. Contre City, Fede a ainsi enchaîné une dix-septième titularisation en 2026 (il n’a manqué que trois rencontres depuis le mois d’août) et étalé toute la palette de la garra charrua propre à tout Uruguayen respectable. En témoigne sa célébration désormais caractéristique avec le public de Santiago-Bernabéu : se frapper le torse à quatre reprises et gueuler vers le ciel. Plutôt pas mal, pour un bonhomme souffrant de timidité maladive.
Pep Guardiola préfère voir le verre à moitié pleinAB
Propos de Celso Borges et Carlo Ancelotti tirés du SoFoot n°219.












































