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Bein Sports-Ligue 1+ : quel impact sur le foot français ?

Par Léna Bernard
5 minutes
Bein Sports-Ligue 1+ : quel impact sur le foot français ?

Bein Sports a finalement raflé la mise auprès de la FIFA pour la diffusion intégrale des matchs de la Coupe du monde 2026, au détriment de Ligue 1+. Une couleuvre difficile à avaler pour le diffuseur du championnat français et son président, Nicolas de Tavernost, qui jette l’éponge et laisse notre foot à sa crise. Tour d’horizon.

« Ça fait 40 ans que j’achète des droits sportifs, je n’ai jamais vu ça. Je n’ai jamais vu la façon dont cette compétition était organisée. Nous avions un accord de la FIFA, il faut être très clair. Un contrat signé par nous, accepté par la FIFA, qui le soumettait simplement à son board, ce qui est toujours une formalité », assénait Nicolas de Tavernost, président de LFP Média, sur les ondes de RTL ce jeudi matin. Doublé par Bein Sports qui a finalement récupéré les droits pour la diffusion de la Coupe du monde 2026, mais également 2030, l’ancien du groupe M6 avait fait planer la menace d’une démission en posant ses conditions pour rester dans le navire, avant de confirmer son départ lors du conseil d’administration de jeudi après-midi. Il laisse Ligue 1+ dans un très grand flou et le football français à une crise qui n’en finit pas.

Bein Sports, un allié devenu un ennemi ?

La lutte intestine entre la chaîne franco-qatarie et Ligue 1+, nouveau venu dans le paysage médiatique français après le fracas de l’aventure DAZN, s’étend depuis le début de cette saison 2025-2026. Diffuseur de la rencontre du samedi 17 heures de Ligue 1, Bein Sports refusait de payer ses traites à LFP Média, jusqu’à ce que le tribunal des affaires économiques de Paris n’oblige ce dernier à verser les 14 millions dus. La LFP avait alors diffusé un communiqué espérant que « des relations de confiance durables puissent s’établir avec l’ensemble de leurs partenaires, dans le respect des engagements réciproques de chaque partie ». Un peu plus de deux semaines se sont écoulées depuis, et le duel à distance entre les deux entités pour savoir qui sera le « sauveur du foot français » a pris une nouvelle tournure.

Le Mondial tombait pourtant à pic pour Ligue 1+ qui pouvait donc espérer conserver les abonnés engagés pour cette saison de la Ligue des talents, soit 1,2 million de personnes, et espérer en engendrer d’autres cet été. 200 000 étaient attendus selon L’Équipe, afin d’augmenter quelque peu la recette pour les clubs tricolores. Alors que tout semblait en place pour conclure l’affaire avec la plateforme, puisque la FIFA avait proposé un contrat à Ligue1+, validé par le conseil d’administration de la Ligue et renvoyé au vendeur, Bein, présidée par Nasser al-Khelaïfi également président du Paris Saint-Germain, a finalement décidé de doubler la LFP pour récupérer les droits grâce à une offre d’environ 60 millions d’euros pour s’offrir les Coupes du monde 2026 et 2030.

« Je ne suis pas en état de poursuivre ma mission efficacement à la tête de LFP Médias », faisait alors savoir De Tavernost, quelques heures avant d’acter son départ. Sur les ondes de RTL, il a notamment expliqué qu’il y avait « manifestement des conflits d’intérêts à l’intérieur de la Ligue. C’est ça la difficulté. Je pose le problème : on ne réussira pas. Ligue 1+, c’est la seule solution qui restait. » Il n’a d’ailleurs pas hésité à pointer le conflit d’intérêts qui couvait entre le PSG et Bein Sports : « Je ne sais pas si c’est le PSG… En tous les cas, il y a un problème d’actionnariat qui fait que les intérêts ne sont pas alignés. » Un serpent de mer qui avait déjà animé les débats lors de la fameuse réunion du 14 juillet 2024 et qui avait été dénoncé publiquement par le patron de Lens, Joseph Oughourlian.

Finalement, c’est le football français qui trinque

De son côté, la FIFA assure que la procédure avec Bein Sports a été légale. L’institution du football mondial est montée au créneau pour défendre la chaîne et réfuter un quelconque conflit d’intérêts, comme l’a rapporté L’Équipe. Selon plusieurs médias sportifs français, Nasser al-Khelaïfi n’aurait pas été impliqué dans le processus et les discussions auraient été menées avec Yousef Al-Obaidly, président de Bein Sports France.

Je ne suis pas intéressé. Je n’ai pas de temps pour ça.

Nasser al-Khelaïfi au sujet du conflit Ligue 1+/Bein Sports

Le président du PSG s’est par ailleurs exprimé sur la question en marge du congrès de l’UEFA : « Je ne suis pas intéressé. Hier, c’était une journée historique pour le football, c’est ça qui m’intéresse. Je n’ai pas de temps pour ça. » Ne pas avoir le temps pour les intérêts du foot français, qui traverse une crise historique, c’est tout un concept. Selon RMC Sport, plusieurs présidents de clubs de Ligue 1, dont Joseph Oughoulian et Pablo Longoria, président de l’Olympique de Marseille, auraient apporté leur soutien à Nicolas de Tavernost.

La théorie du ruissellement, vaste mythe à l’arrivée de QSI dans le foot français, n’est qu’une théorie. Il y a donc les intérêts de Bein Sports, du Paris Saint-Germain, qui ne devrait avoir aucun intérêt, justement, à affaiblir son championnat et les multiples erreurs des décideurs, présidents de clubs et dirigeants de la LFP, qui ont conduit à faire (quasiment) disparaître les droits TV des bilans financiers des clubs français. Au fond, ces derniers auraient peut-être préféré se répartir les 20 millions d’euros (oui, ils en sont là) plutôt que pouvoir se poser devant le Mondial sur la plateforme l’été prochain. Il n’y aura donc pas de Coupe du monde sur Ligue 1+, qui pourra se consoler en récupérant le dernier match et proposer le championnat de France dans son intégralité. Encore faut-il tenir, résister et enchaîner une deuxième année, ce à quoi Vincent Labrune ne semble pas croire.

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