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Avant de s’éteindre, Boavista c’était ça

Par Léo Ruiz
16' 16 minutes
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Avant de s’éteindre, Boavista c’était ça

Il y a un quart de siècle, le Boavista FC réalisait un exploit parmi les plus retentissants de l’histoire du football lusitanien, en mettant fin à l’entre-soi des « trois grands » qui monopolisaient le titre de champion du Portugal depuis 1947. Aujourd’hui propriété de Gérard Lopez, le club va cesser ses activités. Retour sur une épopée en maillot à damier rassemblant un ancien éboueur français, un ex-chanteur de pop portugaise, le Platini bolivien et un futur pasteur évangélique brésilien.

Encore une maxime du football qui a pris la poussière. « Un derby, ça ne se joue pas, ça se gagne », paraît-il. Faux. Si marquer sa suprématie régionale permet parfois de sauver une saison mal embarquée, on peut tout aussi bien bazarder une rencontre contre le club voisin, encaisser un cinglant 4-0, ne manifester aucun engagement pendant 90 minutes, et rendre ses supporters très heureux malgré tout. Le 27 mai 2001, sous un soleil de plomb, le FC Porto, emmené par Deco, auteur ce jour-là d’un triplé, passe une rouste à l’autre club de la ville, le Boavista Futebol Clube, pour le compte de la 34e et dernière journée de Primeira Liga. Face à des visiteurs semblant n’attendre rien de plus que le coup de sifflet final dès la première minute de jeu – certains s’offrant même le luxe de se pointer sur la pelouse avec les cheveux peroxydés à la bombe –, les Dragões ont eu les occasions pour inscrire six, huit ou même dix buts. Cela n’aurait de toute façon rien changé. Nouvelle preuve que ce n’est pas la longueur du voyage qui fait l’expérience touristique : ce dimanche de printemps, les joueurs aux maillots à damier ont effectué le plus court déplacement de leur saison en tongs et chemisettes. Et pour cause : ils étaient déjà champions depuis neuf jours.

Je peux juste affirmer une chose : la ville de Porto a plus de charme vêtue de noir et de blanc que de bleu.

Sousa, supporter ultra

C’est le vendredi 18 mai que tout s’est joué. La donne est simple : en cas de succès à domicile contre le modeste Clube Desportivo das Aves, déjà relégué, le Boavista FC sera sacré, lui qui compte quatre unités d’avance sur son dauphin et voisin. La pression est énorme sur les épaules des joueurs qui, malgré le ballottage favorable, redoutent un dernier match couperet en terrain hostile en cas de contre-performance. Les Azuis e Brancos tentent d’ailleurs un dernier coup de poker pour les faire flancher. « À l’hôtel, la veille du match, notre milieu Jorge Couto est appelé par la direction, rejoue le Français et latéral gauche William Quevedo. On se demandait ce qu’il se passait. En fait, le FC Porto venait de l’approcher pour lui proposer un contrat de quatre ans. Le président est alors passé dans toutes les chambres pour nous confisquer nos téléphones portables. Il a même appelé la femme de Jorge, et s’est aligné sur l’offre. » La tentative de déstabilisation n’aura pas l’effet escompté : dans un stade du Bessa encore en reconstruction mais en ébullition, Quevedo et ses coéquipiers roulent sur Aves (3-0).

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L’exploit de « l’autre club de Porto » est en réalité colossal. Depuis la victoire de Belenenses au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cela faisait 55 ans que le titre domestique n’avait pas échappé aux « trois grands » que sont le FC Porto, donc, et ses rivaux lisboètes, Benfica et le Sporting. La couronne nationale n’a pas non plus fait d’infidélité à ce ménage à trois depuis ce cru 2001. Les Axadrezados (les Damiers, en VF, NDLR) ont ainsi marqué l’entrée dans le XXIe siècle en offrant un peu de fraîcheur à l’un des grands championnats les moins ouverts de la planète foot. « On ne savait même pas comment fêter le titre, pour ainsi dire, se marre Sousa, indéboulonnable du stade de Bessa et membre des Panthères noires, les ultras de Boavista. Je peux juste affirmer une chose : la ville de Porto a plus de charme vêtue de noir et de blanc que de bleu. »

Le Titanic sans le naufrage

La grande aventure de l’équipe aux couleurs qui rappellent le drapeau que l’on agite à la fin des grands prix ne coïncide pas avec le bug de l’an 2000, mais démarre en réalité trois ans plus tôt. En 1997, Boavista remporte face à Benfica sa cinquième Coupe du Portugal, grâce notamment à une jeune paire d’attaque qui pue le foot des années 1990-2000 (Nuno Gomes-Hasselbaink). Les Panteras semblent alors renouer avec les plus belles heures de leur histoire, celles de la décennie 1970, qui avaient fait de Boavista le « quatrième club » du pays derrière l’intouchable trio. Las, quelques mois à peine après cette cinquième Taça, l’équipe a déjà perdu ses deux buteurs prolifiques et patauge dans les bas-fonds du classement. En fin d’année, l’entraîneur Mario Reis est même viré, remplacé par Jaime Pacheco, 39 ans. Un tournant.

Milieu besogneux du Porto champion d’Europe face au Bayern de Lothar Matthäus – le soir de la fameuse Madjer –, ce mauvais sosie de Paul Le Guen sort alors d’une première expérience correcte sur le banc du Vitória SC, après avoir joué à l’entraîneur-joueur au crépuscule de sa carrière, à Paços de Ferreira puis Rio Ave. Pacheco est le pari du tout nouveau président, João Loureiro, jeune avocat, mais également ancien leader d’un groupe de pop des 80s baptisé BAN, dont l’opus Mundo de Aventuras a eu suffisamment de résonance pour être considéré par le magazine Blitz comme l’un des 30 meilleurs albums de l’histoire de la musique portugaise.

L’ex-chanteur et clavier de BAN prend cette année-là la relève de son père, l’ancien militaire devenu chef d’entreprise Valentim Loureiro, parti pour un deuxième mandat à la tête de la ligue nationale de football. Premier club du pays à s’être professionnalisé dans les années 1930, Boavista, fondé en 1903 par un groupe de patrons anglais et d’ouvriers portugais, est alors en pleine restructuration. Avec l’Euro 2004 en ligne de mire, le club se lance dans la modernisation de son centre d’entraînement et de son enceinte, le stade de Bessa XXI (pour XXIe siècle), qui sera finalisé en 2003, après cinq ans de travaux.

J’aime voir vos visages avec les joues creusées.

Jaime Pacheco, à ses joueurs

C’est dans ce contexte que le chauve Pacheco prend en main l’équipe, avec un plan simple : la façonner à son image. Soit plutôt intense et accrocheuse que joueuse et talentueuse. Le profil colle à l’identité et aux moyens limités de la maison. « Boavista a toujours été un club vendeur, avec beaucoup de bons joueurs issus du centre de formation et un scouting de qualité, résume le produit local Pedro Emanuel, 200 matchs avec les Axadrezados entre 1996 et 2002. Avec Pacheco, l’exigence est tout de suite montée d’un cran. Il nous répétait qu’il voulait que l’équipe ait une âme, et que le collectif devait primer sur tout le reste. » Les marques d’affection du coach envers son groupe ? « J’aime voir vos visages avec les joues creusées. » Ainsi, à l’ouest de la ville de Porto, les badauds du Parque da Cidade s’habituent à croiser l’effectif qui enchaîne les tours de parc.

Ancien éboueur ayant découvert l’élite à seulement 26 ans, William Quevedo est un dur au mal. Pour autant, le Français se souvient avoir morflé lors des prépas d’avant-saison. « Nous nous étions divisés en trois groupes, selon les niveaux, révèle le latéral. Le coach, lui, courait avec le deuxième. Moi, j’étais dans le premier, et je peux vous dire qu’on se tuait. C’était l’époque où il y avait Titanic au cinéma. Pacheco disait : “Allez donc le voir, ça vous fera trois heures de repos.” » L’ex-Sochalien n’a pas non plus oublié l’exercice dit « de l’étoile », un classique des entraînements de l’ancien Portista. Le principe ? Des allers-retours en sprint depuis le rond central jusqu’aux angles des surfaces de réparation et aux deux extrémités de la ligne médiane, avec des chronos à faire trembler un coureur de 400 mètres. « Il y avait pas mal de vomissements », se marre Quevedo.

« N’importe qui pouvait sortir du onze »

Violente pour les organismes, l’approche de Pacheco l’est aussi pour les adversaires de Boavista puisqu’à la mi-saison 1997-1998, les Axadrezados s’offrent onze matchs sans défaite et une remontée spectaculaire au classement. Puis, une deuxième place derrière Porto au terme de l’exercice suivant, synonyme de première qualification en Ligue des champions de l’histoire du club. Peu étoffée, l’équipe perd logiquement des plumes dans les joutes européennes, mais se frotter aux cadors du continent l’aide à se débarrasser peu à peu de son complexe d’infériorité sur la scène nationale. « Aucune équipe en Europe ne court autant qu’eux », déclare même à l’époque Fabio Capello, à la tête de l’AS Roma, future championne d’Italie, après avoir galéré à se sortir du bourbier tendu par ces chiffonniers, au deuxième tour de C3 2000-2001.

Jaime Pacheco
Jaime Pacheco

Lors de cette troisième saison complète à la tête des Black Panthers à la sauce portugaise, Pacheco rafraîchit son groupe en appliquant la recette habituelle de tous les outsiders du championnat : un alliage des meilleurs joueurs du centre (Pedro Emanuel, Petit, Martelinho et le capitaine Litos), des recalés de Porto et Benfica (Rui Oscar, Rui Bento ou encore Erwin Sánchez, aka le « Platini bolivien », premier joueur de l’histoire de son pays à marquer en Coupe du monde et déjà maître à jouer local entre 1992 et 1997) et une flopée de Brésiliens inconnus au bataillon (Duda, Elpidio Silva, Whelliton) pour assurer la partition offensive. « Les objectifs étaient les mêmes que les années précédentes : se qualifier pour l’Europe en terminant le plus haut possible en Primeira Liga », resitue Pedro Emanuel, actuel entraîneur d’Al-Ain FC aux Émirats.

Face aux trois grands, les autres équipes jouaient pour ne pas perdre. Pas nous.

William Quevedo

À la trêve hivernale, l’équipe est dans les temps : bien calée entre Porto et le Sporting. Benfica est quant à lui largué, et a déjà licencié deux coachs, Jupp Heynckes et un certain José Mourinho, viré au lendemain d’une défaite au stade de Bessa XXI (1-0). C’est la grande différence avec le passé : Boavista regarde désormais les gros les yeux dans les yeux, et reste fidèle à son plan de jeu dans tous les stades du pays. « Face aux trois grands, les autres équipes jouaient pour ne pas perdre. Pas nous. Pacheco avait longtemps joué à Porto, et je ne l’ai jamais entendu prononcer le mot “défaite”. Il nous a inculqué cette culture. À l’entraînement, par exemple, les perdants des jeux réduits avaient toujours un gage », retrace Quevedo, de retour d’une longue blessure à l’automne 2000.

Chouchou des supporters pour son engagement sans faille, le Français est à l’époque le prototype du soldat de l’entraîneur maison. C’est donc sans surprise que Pacheco se présente au domicile de Quevedo après que ce dernier s’est pété le tendon rotulien. « Ce jour-là, il m’a amené dans ses terres, vers Paços de Ferreira, à l’est de Porto. Il m’a présenté ses amis, on a mangé des plats typiquement portugais puis il m’a ramené chez moi à minuit après qu’on a beaucoup parlé, pas seulement de football. Humainement, c’est impossible de retrouver ça ailleurs dans le monde pro. » L’arrière gauche, passé de l’ASOA Valence à Moreirense, en D2 portugaise, avant de taper dans l’œil de Boavista, ne bénéficie pas pour autant de passe-droit. « N’importe qui pouvait sortir du onze. À un moment, je me rappelle avoir eu une petite douleur au genou. J’ai voulu gérer, en faire un peu moins à l’entraînement. Le week-end suivant, je n’étais pas sur la liste des convoqués. Le coach s’est justifié : “Je ne t’ai pas vu cette semaine, William, tu t’es caché.” Je suis revenu le lundi suivant avec une énorme envie de mordre. »

Le 13 janvier 2001, la bande d’affamés reçoit le voisin et leader du championnat, le FC Porto, pour le choc de la 17e journée. Destitués par le Sporting la saison précédente, les Portistas, qui n’ont pas été privés du sacre deux saisons de suite depuis le début des années 1980, comptent bien récupérer leur trône. Bousculés physiquement et menés au score, les hommes de Fernando Santos, l’actuel sélectionneur portugais, s’agacent : Deco est expulsé pour deux cartons jaunes, et Boavista l’emporte avec le tarif local (1-0, comme lors de sept de ses seize succès à domicile cette année-là), ravissant au passage la tête du classement à son encombrant voisin. Il s’agit d’un premier déclic. « C’est au cours de cette deuxième partie de saison que nous nous sommes mis à croire qu’il pouvait y avoir quelque chose d’historique au bout du chemin, confie Pedro Emanuel, pilier de la défense au côté du capitaine Litos. Nous battions nos concurrents directs et restions en tête, donc tout dépendait de nous et de notre travail. Nous n’avions jamais rien gagné, donc nous avions ce petit plus de motivation, malgré des moyens largement inférieurs à nos rivaux. »

Les week-ends passent et contrairement à ce que les observateurs ne cessent de pronostiquer, Boavista ne flanche pas. Plutôt que d’en faire des confettis, Pacheco placarde dans le vestiaire tous les articles de presse annonçant l’effondrement à venir. Le but ? Aiguiser les crocs de ses panthères. « Nous étions tellement obsédés par l’idée d’aller au bout que nous ne fêtions même pas nos victoires, prétend le Brésilien Duda, l’un des deux buteurs de l’équipe. Lorsqu’un match se terminait, notre esprit était aussitôt focalisé sur le suivant. » Débarqué de nulle part à l’été 2000 après deux brefs séjours à Porto et Benfica, ainsi qu’une expérience guère plus concluante au Japon, l’attaquant jouit lui aussi de l’intensité des séances concoctées par Pacheco. « Il ne relâchait jamais la pression. À la fin des entraînements collectifs, il venait souvent me voir : “Duda, encore 50 tirs du droit, 50 tirs du gauche et une dizaine de sprints avant la douche.” »

Le pasteur et les rameurs

Le Sporting décroché à son tour par le train du leader, la dernière ligne droite du championnat fait figure de duel à distance entre les deux clubs de Porto, inégalement armés. « Nous sommes devenus un symbole dont l’Europe parlait, un petit club qui se levait face aux géants », analyse Duda, devenu depuis pasteur évangélique dans une église de l’État d’Espirito Santo, au Brésil. Incapables de faire leur retard sur le terrain, les Dragões usent alors de tout leur poids pour faire céder ce rival inattendu : joueurs approchés avec la carotte d’un joli contrat, pression des médias partisans, bonus pour les adversaires qui feraient chuter les Axadrezados (les fameuses maletas promises par un club tiers, pratique courante en Espagne et au Portugal pour motiver un adversaire qui n’a plus grand-chose à jouer). À cela, il faut également ajouter une jolie rumeur selon laquelle Boavista serait avantagé par les arbitres du fait de la présence de Valentim Loureiro à la présidence de la ligue.

Personne ne croyait en nous, sauf nous.

Ricardo

Encore du carburant pour la bande de Pacheco, qui se blinde vis-à-vis des discours extérieurs et se plaît dans le costume de David contre Goliath. « Personne ne croyait en nous, sauf nous », estime le portier Ricardo, dernier rempart de la meilleure défense du continent (22 buts encaissés en 34 matchs, dont quatre lors de la fameuse dernière journée pour du beurre). Chacun évoque son match clé du sprint final. Pour Ricardo, il s’agit du succès à la dernière minute contre le Sporting à Bessa – 1-0, évidemment – lors de la 29e journée. Duda retient davantage la victoire (2-1) à Alverca, dans la banlieue de Lisbonne, le week-end suivant. « Un stade hostile. On s’approchait de la fin, et la pression de la presse portista était énorme. Ils avaient prédit qu’on allait se noyer dans le Tage. Quand j’ouvre le score de la tête, on se met en rang comme sur un aviron, et on fait mine de ramer. »

En conférence de presse d’après-match, Pacheco fait lui aussi passer un message aux médias partiaux : « Vous nous qualifiez d’équipe violente, mais aujourd’hui, nous avons montré que nous savions jouer au foot. Même si tout est contre nous, nous ne donnerons de répit à personne jusqu’à la fin. » Bien vu : plus rien n’empêchera ce Boavista de toucher le graal. « Moi, j’ai en tête le déplacement à Salgueiros, le troisième club de Porto, à la 32e journée du championnat », raconte William Quevedo. Les Panteras comptent alors déjà ces fameux quatre points d’avance, qui peuvent lui permettre d’envisager de finir le boulot à la maison, face à l’avant-dernier Aves. Encore faut-il ramener trois points de ce derby, d’autant que Porto a gagné la veille. « Et là, on apprend qu’ils ont promis une belle prime aux joueurs de Salgueiros en cas de victoire ou de match nul. Tous nos supporters s’étaient déplacés, il n’y avait que du noir et blanc dans leur stade. À la mi-temps, on menait déjà 3-0. Le message, c’était : “Cette prime, n’y pensez même pas.” Finalement, on les tord 5-1. »

Ronnie, le sifflet doré et la poudre blanche

Si le déséquilibre structurel du championnat portugais penche clairement en faveur des trois grands pour qu’un petit Poucet ne réédite une telle performance, la parenthèse enchantée des Axadrezados de 2001 ne fut pas sans lendemain. L’épopée de Pacheco et de sa bande prendra réellement fin deux ans plus tard, face au Celtic aux portes d’une finale de Coupe de l’UEFA, remportée par… le Porto de José Mourinho ; compétition au cours de laquelle les hommes à damier éliminèrent le PSG de Pochettino, Heinze et Ronaldinho en seizièmes de finale. La suite fut plus délicate. Pacheco quitte le club pour Majorque en 2003 (il fera deux nouveaux passages sur le banc de Boavista par la suite, mais sans le même succès). Condamné en 2008 dans l’affaire de l’Apito Dourado (Sifflet doré, en VF) pour corruption d’arbitres lors de la saison 2003-2004, le club est relégué administrativement – le FC Porto, lui, écope d’un simple retrait de 6 points – et chute en troisième division. « Boavista a payé très cher le fait d’avoir été un caillou dans la chaussure des grands », ose carrément Ricardo, qui s’est refait la cerise au Sporting et est même devenu un héros national lors d’une séance de tirs au but disputée sans gants face aux Anglais lors de l’Euro 2004.

Vingt ans après son exploit, le club fréquenté par Adil Rami se battait pour son maintien en première division. Devenu la propriété de Gérard Lopez à l’automne 2020, il semblait se transformer doucement en club satellite du LOSC, jusqu’au départ du milliardaire luxembourgeois de l’organigramme des Dogues. Jaime Pacheco, lui, cachetonnait entre l’Arabie saoudite, la Chine et l’Égypte, ce qui en dit long sur la tournure qu’a pris sa carrière… Quant à João Loureiro, il fut récemment entendu par la police brésilienne comme protagoniste dans l’affaire du vol OAV302, en février 2021. A priori hors de cause, il était passager – même s’il a menti en prétendant l’inverse – d’un avion privé de la compagnie OMNI, qui reliait São Paulo au Portugal via des haltes à Salvador de Bahia et au Cap-Vert, et à bord duquel les techniciens de maintenance s’affairant à la première escale ont retrouvé plus de 500 kilos de cocaïne cachés dans le fuselage. William Quevedo n’a pas ce type de déboires : il est aujourd’hui employé au service voirie à la métropole de Montpellier. Bonne nouvelle : il ne fait plus l’étoile.

Coup double pour Gérard Lopez

Par Léo Ruiz

Tous propos recueillis par LR, sauf Fceux de Capello.

Article paru en avril 2021 dans le magazine So Foot.

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