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  • Un jour, un transfert
  • Épisode 32

Milene Domingues au Rayo Vallecano : « Je ne suis pas Ronaldinha »

Par Anna Carreau
Milene Domingues au Rayo Vallecano : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Je ne suis pas Ronaldinha<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

Cet été pendant le mercato, So Foot revient chaque jour de la semaine sur un transfert ayant marqué son époque à sa manière. Pour ce 32e, retour en 2002. Ronaldo, tout juste transféré au Real Madrid, emmène dans ses bagages sa femme : Milene Domingues. Recordwoman de jongles et milieu de terrain qui porte contre son gré le numéro 9, celle que toute l'Espagne surnomme « Ronaldinha » débarque au Rayo Vallecano, sur fond de magouilles extrasportives.

La Primera Iberdrola, première division espagnole féminine, s’apprête à démarrer en 2022 sa première saison professionnelle avec 104 joueuses étrangères. Un chiffre en constante augmentation, symbole de l’internationalisation de la discipline. Mais tout a commencé avec une joueuse : Milene Domingues. La Brésilienne, plus connue sous le nom de « Ronaldinha » parce qu’elle était l’épouse de Ronaldo Nazário à son arrivée en Espagne, a forcé la ligue à passer la seconde et est devenue la première étrangère à jouer dans le championnat espagnol en faisant ses débuts en janvier 2004. Celle qui restera aux yeux des médias de l’époque comme « la femme de Ronaldo » a débarqué à Madrid en même temps que son mari, alors que celui-ci quittait l’Inter pour le Real Madrid en 2002. Sous contrat à l’ASD Fiammamonza, en Italie, avant son déménagement, elle attire très vite les convoitises de tout le football féminin madrilène, qui rêve d’afficher des maillots floqués « Ronaldinha » , à défaut de pouvoir frimer avec le nom de son mari. Plusieurs offres sont mises sur la table, mais c’est finalement le Rayo Vallecano qui remporte la mise avec une offre stratosphérique de 36 000 euros ajoutée aux 216 000 euros de droits à l’image. Toujours l’une des plus grosses sommes enregistrées sur le marché des transferts féminins vingt ans après. « Il se trouve que les représentants de Ronaldo avaient parlé au Rayo et à l’Atléti, mais ce qui a été décisif, c’est que Ronaldo a signé au Real Madrid et que sa femme n’allait pas jouer pour l’Atlético, une équipe avec laquelle il est en rivalité », expliquera la principale intéressée des années plus tard dans une interview pour GQ.

55 198 touches en neuf heures et six minutes

Malheureusement, sa signature n’a pas pu être officialisée, car les règlements de la Fédération ne permettaient pas à cette époque aux joueuses étrangères d’évoluer en Superliga Femenina, ancêtre de la Primera Iberdrola. Pendant une saison, la milieu de terrain brésilienne alterne donc entre séances d’entraînement au Rayo la semaine et matchs en Italie le week-end, toujours à l’ASD Fiammamonza en Serie A. L’agenda de Milene Domingues laisse bien entendu une grosse place aux passages devant les caméras, à enchaîner les spots publicitaires. Et jamais parce qu’elle est une femme joueuse de foot, non. Mannequin en plus de taper dans le ballon rond, elle est surtout constamment associée à son mari, et le surnom de « Ronaldinha » lui colle un peu trop à la peau. « Ce surnom me semble laid, s’indignait-elle durant sa première saison espagnole. Je ne suis pas Ronaldinha, appelle-moi Milene ou Mika. La femme de Zidane ne s’appelle pas Zidana. » Presque vingt ans après, elle peine toujours à se détacher de son surnom, quand bien même elle s’est fait une place au sein du football féminin brésilien aujourd’hui. « Je pense que parce que je joue au football, les gens ont pensé que je pouvais être comme mon ex-mari. Ils m’ont même toujours donné le numéro 9 et j’ai dit que je ne jouais pas en tant qu’attaquante, que je ne marquais pas de buts, s’agace-t-elle en interview. Et heureusement que je n’étais pas mariée à un gardien de but, sinon ils m’auraient donné le 1. »

Ce surnom me semble laid. Je ne suis pas Ronaldinha, appelle-moi Milene ou Mika. La femme de Zidane ne s’appelle pas Zidana.

Milene Domingues a pourtant toujours été une joueuse talentueuse qui, à l’âge de 14 ans, sortait déjà à la mi-temps des matchs de Corinthians pour divertir des milliers de personnes en jonglant. Une habileté qui lui a valu de décrocher le record du monde féminin de jongles en 1997, avec un total de 55 198 touches en neuf heures et six minutes. De quoi convaincre le club de São Paulo d’en faire plus qu’une bête de foire durant les pauses et de lui faire signer son premier contrat. Pour autant, si elle est devenue la toute première joueuse étrangère à fouler les pelouses du championnat espagnol, elle est lucide sur les raisons de son transfert au Rayo Vallecano. « On a dit que j’étais la signature la plus chère d’une étrangère en Espagne, mais ce n’était pas en tant que joueuse. J’ai été engagée pour jouer dans une publicité pour les flans Dhul », a-t-elle précisé récemment, la marque étant le sponsor principal de l’équipe.

La vérité étant que l’opération, dirigée par Teresa Rivero, la femme du président déchu Ruiz Mateos, a été une excellente stratégie marketing pour le club vallecana. Celle qui a pris la place de son mari à la tête du club en raison de ses affaires judiciaires se vantait à l’époque que si le Real Madrid avait Ronaldo, elle avait Ronaldinha.

« Milene est venue pour les flans Dhul »

Milene Domingues a non seulement permis au Rayo Vallecano de s’afficher comme une marque de premier plan, mais a également fait toute sorte de pub pour les marques appartenant à la famille Ruiz Mateos. En 2007, la présidente de l’époque a admis : « Milene est venue pour les flans Dhul, mais elle n’était pas assez bonne en tant que joueuse. » Lors de la présentation de « Ronaldinha » au stade de Vallecas, la présidente lâche alors en la voyant dans ce bel équipement blanc et rouge trop grand pour elle : « Elle va être aussi rabatteuse que moi. » Avant de s’adresser à Milene Domingues avec des propos toujours plus graveleux : « Vous êtes très jeune et avec un enfant ? Vous allez en avoir au moins douze… Moi, j’en ai treize. » Aujourd’hui, Milene Domingues a 40 ans et n’a qu’un seul fils, Ronald, 18 ans, issu de son mariage avec Ronaldo. Ce qui ne l’empêchera pas de jouer la Coupe du monde 2003 avec le Brésil et de poursuivre ensuite sa carrière en Superliga espagnole. Après avoir obtenu l’autorisation de jouer en championnat en janvier 2004, elle rejoint l’AD Torrejón pour une saison en juin. Celle qui a toujours mis sa vie de famille avant sa vie professionnelle finit par lâcher peu à peu le ballon rond pour s’occuper de son fils, alors qu’elle ne vit plus avec son père. Elle signe alors au CF Pozuelo, en deuxième division, et joue la plupart des matchs dans les environs de Madrid. Une sale blessure au genou en 2009 viendra définitivement enterrer la carrière de « Ronaldinha » , qui de toute façon en avait ras le bol de se faire constamment rappeler le nom de son ex.

Dans cet article :
Le Real Madrid se laisse accrocher par le Rayo Vallecano
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Par Anna Carreau

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