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Ousmane Dembélé, prolonger l’idylle plutôt que le contrat

Par Suzanne Wanègue
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Ousmane Dembélé, prolonger l’idylle plutôt que le contrat

Une Ligue des champions, un Ballon d’or et un nouveau statut au PSG, que demander de plus à Ousmane Dembélé ? À 28 piges, l’ambidextre peine à trouver un accord pour prolonger avec le club de la capitale. Qu’importe, tant qu’il enchante son monde.

Forcer les choses est un art dangereux qui ternit bien souvent les belles histoires. Celle d’Ousmane Dembélé et du PSG pourrait en être le parfait exemple. Ce lundi, veille du quart de finale retour face à Liverpool, L’Équipe révèle que l’ancien Rennais et son club galèrent dans les négociations de la prolongation de contrat. Avec un salaire mensuel brut d’1,5 million d’euros et des pépins physiques récurrents en contrepartie de quelques éclairs de génie cette saison, Dembouz est un vrai casse-tête pour les dirigeants parisiens, tandis que les prolongations de Senny Mayulu et de Bradley Barcola s’avèrent aussi prioritaires que barbantes. Si depuis janvier, le bonhomme rassure un peu, une question se pose : est-il vraiment indispensable de le voir s’éterniser du côté de la capitale alors que son contrat s’achève en 2028 ?

L’imprévisible artiste

Le champion du monde 2018 est une énigme. Arrivé en 2023 au PSG, le type est éclipsé par Kylian Mbappé avant de reprendre les rênes de l’attaque de Luis Enrique lorsque l’actuel capitaine des Bleus se taille au Real Madrid à l’été 2024. Là, on redécouvre Ousmane. Longtemps raillé pour un certain manque de professionnalisme (notamment à l’origine d’un mème devenu viral « 11 minutos tardes »), le gars de Vernon prend une nouvelle dimension et semble décidé à mener le PSG vers les sommets. À travers les exploits individuels de l’ancien d’Évreux, qui a tout de même claqué 35 pions et 14 passes décisives en 53 matchs, c’est toute l’équipe parisienne qui s’est métamorphosée pour chercher son premier titre en Ligue des champions le 31 mai dernier. L’ancien du Barça a naturellement tiré son groupe vers le haut, peu volubile devant les médias, déconneur avec ses potes. Un leadership à son image, en somme.

Mais voilà, depuis septembre dernier, Dembouz ne galope plus autant sur les prés et peine à retrouver du rythme. D’abord touché à l’ischio, c’est ensuite son mollet qui l’a empêché de danser avec le cuir. S’il est moins présent au cœur du système de Luis Enrique, l’international français est-il pour autant moins important et bon à oublier ? Ous’ donne l’impression de maîtriser son jeu à la perfection et de choisir son moment de gloire, à l’image de son sublime lob face au LOSC le 16 janvier ou de sa reprise de volée qui a nettoyé les filets de Guillaume Restes face au Toulouse FC le 3 avril dernier. Pour autant, ces coups d’éclat ne l’empêchent pas de se foirer complètement au moment de concrétiser des actions simples dans les moments décisifs, comme l’illustrent ses balles de but contre Liverpool lors du quart de finale aller de Ligue des champions au Parc. Le PSG a su gagner malgré ses absences et ses contre-performances, ce qui montre que l’équipe ne dépend pas de lui. Une pression de moins pour les deux parties.

Carpe Diem, une fin de saison à savourer

En théorie, la prolongation du Ballon d’or 2025 au PSG ne serait qu’une question de timing, l’attaquant l’ayant lui-même assuré d’après L’Équipe. En pratique, la fin de saison des hommes de Luis Enrique est à prendre en compte dans les discussions. Une élimination en quarts ou en demies de Ligue des champions pourrait peser dans la balance, entérinant l’idée d’une fin de cycle et d’un besoin de renouveau pour le joueur comme pour le club. A contrario, une belle fin de campagne de l’ancien du Borussia Dortmund et de ses copains pourrait pousser la chefferie du PSG à faire un pas pour conserver sa vedette. « On a un salary cap, comme tout le monde le sait, avait expliqué Nasser al-Khelaïfi en janvier dernier. L’équipe et le club sont les plus importants. Ousmane est une légende du club. J’adore Ousmane comme joueur et comme personne. Les gens ne le connaissent sans doute pas, mais c’est une magnifique personne.  » Mais comme tout va très vite dans le football…

Alors voilà, Ousmane Dembélé cueille le jour sans se soucier du lendemain, on l’a bien compris. Joueur fantasque qui agace autant qu’il enchante, cet amateur de documentaires Arte gère tout à l’instinct. Qu’il continue son aventure parisienne ou qu’il plie bagage pour découvrir l’Angleterre ou l’Arabie saoudite, il y a bien une leçon à retenir de ses piges au PSG : il faut profiter du moment présent. Oui, s’installer confortablement et contempler les dribbles et les bizarreries de ce mec authentique plutôt que de spéculer sur son avenir ou de réprimander les choix du club qatari. Parce qu’une idylle, pour durer, se veut idéalisatrice et dénuée d’inquiétude quant à l’après.

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Par Suzanne Wanègue

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