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Senny Mayulu : frérot gourmand

Suzanne Wanègue
4' 4 minutes
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Senny Mayulu : frérot gourmand

Alors que le PSG avance pour boucler les prolongations de contrat de bon nombre de ses cadres, Senny Mayulu donne du fil à retordre à son club formateur pour finaliser la sienne. Le Titi est très prometteur, mais n’apparaît pas encore indispensable. Laisser partir ce gamin de 19 ans comme pressenti, ne serait-ce pas suivre la voie de la raison ?

Jean-Jacques Rousseau avance dans son ouvrage Julie ou la Nouvelle Héloïse que l’homme est « avide et borné  ». Si ce cher penseur des Lumières entend par-là que l’humain désire à tout-va sans pouvoir être comblé, cette affirmation émise au XVIIIe siècle conviendrait parfaitement pour résumer l’avancement des négociations de la prolongation de contrat entre Senny Mayulu et le PSG. En effet, le natif du Blanc-Mesnil a refusé trois propositions de son club formateur pour poursuivre l’aventure parisienne jusqu’en 2030 en raison d’une offre salariale jugée insuffisante par son entourage. Lié aux champions d’Europe 2025 jusqu’en 2027, l’international français espoirs pourrait bien faire ses valises dès cet été, notamment pisté par le Borussia Dortmund. Comme aurait pu le prédire Jean-Jacques, Paris en a sa claque !

Un fort potentiel, mais encore ?

C’est l’histoire d’un môme de Paname qui débarque pour faire ses classes chez les jeunes du PSG en 2020, jusqu’à faire ses premiers pas chez les pros en Coupe de France sur la pelouse de l’US Revel en janvier 2024 (0-9). Peu à peu, le tout jeune Senny (qui avait alors 18 ans) en met plein les mirettes de Luis Enrique à l’entraînement et gratte des minutes en Ligue 1. Et hop, un premier contrat professionnel signé en mai 2024, un bail le liant au PSG pour trois ans. Depuis, l’ancien de l’US Saint-Denis a affirmé son statut de joueur de rotation. C’est notamment grâce à des gars comme lui que le tacticien espagnol a pu faire tourner l’an passé sans s’arracher trop de cheveux pour assurer le titre en Ligue 1, tout en apportant sa contribution dans la chasse à la première Ligue des champions de l’histoire du club. Cette saison, c’est la même rengaine : le gamin en est déjà à 30 matchs, palliant notamment les absences dues aux blessures qui minent l’effectif parisien.

S’il est l’auteur de plusieurs coups d’éclat, à l’image de son but inscrit pour sceller la finale de Ligue des champions (5-0), Senny Mayulu n’a pas encore pu prouver qu’il était indispensable sur la durée. Ce milieu polyvalent, pouvant dépanner sur la ligne d’attaque, sait s’adapter à diverses situations, mais attend encore le match référence où il renversera la situation. On se souvient de la performance de João Neves contre Manchester City (4-2), de celle de Gianluigi Donnarumma lors de la double confrontation contre Arsenal ou plus récemment de celle de Kvicha Kvaratskhelia contre Chelsea mercredi dernier (5-2), mais il n’est pas encore question d’une place de titulaire assurée. Une démonstration en Ligue des champions ne suffit même pas pour choper une augmentation salariale, à l’image du cas du portier italien : le Titi semble encore avoir quelques détails à régler lors des grands rendez-vous pour affiner ses arguments.

Sortir par la grande porte ?

Confirmer en Ligue 1, avoir des coupes de cheveux sympathiques et être celui qui offre au PSG le record de la plus large victoire dans une finale de Ligue des champions ne pèse visiblement pas assez sur le CV pour que les dirigeants parisiens cèdent aux caprices de son entourage. Nombreuses sont les anciennes grandes promesses du PSG qui auraient aimé voir leur club formateur se battre avec autant de patience pour continuer de les voir porter la tunique rouge et bleu, à l’image d’un certain Adrien Rabiot. L’international français, passé par le centre de formation du PSG entre 2010 et 2012 puis promu chez les pros par Carlo Ancelotti, a été mis à pied par le club de la capitale en décembre 2018 à la suite de longs mois d’âpres négociations pour une prolongation de contrat (en vain) avant de plier bagage librement mi-juillet 2019 pour la Juventus.

Sans imaginer que le bouchon ne puisse être poussé aussi loin en 2026, l’histoire entre Senny Mayulu et le PSG ne mériterait-elle pas une suite moins brutale ? Voir un Titi s’éclater aux côtés des stars de Paname n’arrive pas non plus tous les quatre matins, et le temps de trouver une solution pourrait lui laisser l’espace d’assumer pleinement son rôle sans créer de malaise au sein du club. Entre la Ligue 1 et les minutes grappillées en Ligue des champions, le jeune Parisien dispose tout de même d’une belle opportunité de terminer cette saison avec panache avant de peut-être quitter le cocon en bons termes, pour le meilleur et pour le pire, loin de la douce amertume d’une fin gâchée par les questions extrasportives.

Un nouveau projet sportif pourrait bien séduire le petit protégé de Luis Enrique qui, malgré d’importantes responsabilités, semble voué à devoir s’éloigner du nid pour changer de dimension dans un effectif moins fourni sur le plan offensif. Et ce n’est pas ce vagabond de Rousseau qui dira le contraire : si le voyage est source de plaisir, ce n’est pas moins pour l’expérience qu’il permet d’acquérir que pour les retrouvailles qu’il permet d’envisager sous de meilleurs auspices.

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Suzanne Wanègue

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