- Ligue 1
- J18
- PSG-Lille (3-0)
Dembélé, l'avis de l'artiste
Il y a les buts, ceux qui font bouger le score, et puis, il y a les golazos, les chefs d'œuvre, les petits bouts de magie, ceux qui font lever un stade et qui lui donnent tout sauf l'envie de se rasseoir. Face à Lille, Ousmane Dembélé s'est inscrit dans la seconde catégorie, d'un lob somptueux, qui a illuminé la rencontre. Focus et sourire béat.

Paris s’est largement imposé face à Lille, Paris a même provisoirement repris la première place du championnat et Paris s’est mis en confiance avant une déplacement à Lisbonne pour y affronter le Sporting en Ligue des champions. Voilà pour le factuel. Pour ce que l’on retiendra, il ne faudra pourtant pas se tourner vers le comptable, ni même sur le résultat brut.
Non, ce que l’on retiendra de ce PSG-Lille est arrivé peu après l’heure de jeu d’un match qui commençait à tourner en rond. Quand Paris ne menait encore que 1-0, et qu’Ousmane Dembélé a choisi de transformer le foot en jeu vidéo. Il paraît qu’il existe une éducation au beau. Ce soir avait lieu le plus important des cours magistraux.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Pour se faire une idée du génie qu’a démontré Ousmane Dembélé face au LOSC, il faut rembobiner le fil du match. Déjà auteur de l’ouverture du score, d’une frappe bien sentie à l’entrée de la surface, après un enchaînement parfait, Ousmane Dembélé réalisait jusque-là une très bonne rencontre. De celles que l’on ne voyait plus trop ces derniers temps. Mais ce qu’il a fait à la 64e minute, ça, non, on ne l’a pas vu l’an dernier, on ne le voit même que très rarement. Servi en une touche par Désiré Doué plein axe, le gamin d’Évreux a le but grand ouvert face à lui. Entre le ballon et les filets, Berke Özer et personne d’autre. Les retours de Nathan Ngoy et d’Aïssa Mandi sont trop tardifs et rien ne semble pouvoir empêcher l’attaquant de frapper et de conclure. Sauf lui-même.
Même Wembanyama se serait fait lober sur ce coup-là. pic.twitter.com/VgnX0pCXoO
— SO FOOT (@sofoot) January 16, 2026
Alors le numéro 10 stoppe sa course, comme un attaquant en manque de confiance, réalise quelques pas de reprises d’appuis, à mi-chemin du passement de jambes, pour laisser les défenseurs se faire emporter par leur élan, puis se décale le ballon avec son pied gauche, avant de lâcher un petit râteau pour laisser Hákon Haraldsson rejoindre ses coéquipiers dans le vent. De là, voilà Dembélé passé d’un but grand ouvert à une muraille de quatre joueurs lillois face à lui. Une muraille tellement rassurante qu’Özer ne pense pas à regagner sa ligne de but. Nouvelle occasion gâchée à mettre au crédit de l’ancien barcelonais ? Que nenni !
Avec ses 67 kilos tout mouillé, impossible d’imaginer l’attaquant traverser la muraille. Mais la contourner, pourquoi pas ? Alors Dembélé a LA vision, peut-être même que le souffle d’Akillian l’a touché. Qui sait ? Reste que l’international français voit l’espace, sent le coup venir, et nous envoie un petit lob de derrière les fagots, qu’à vrai dire, personne n’avait vu venir. Le Parc se lève, rugit, entonne des « Ousmane Ballon d’or » à en perdre la voix. Pas parce que Paris mène désormais 2-0, mais bien parce qu’il est aussi perdu qu’émerveillé face à un tel coup de génie.
Rendre l’incompréhensible possible
Si ce geste peut rendre aussi dingue, c’est aussi parce que la situation ne s’y prêtait pas au départ. Comme évoqué, la solution la plus logique aurait certainement été de frapper en une touche et, avec un ballon bien placé, d’aller tranquillement célébré au poteau de corner. Sauf qu’avec ses dribbles et son lob, Dembélé a changé le narratif d’une action que tout le monde aurait écrit de la même façon. Il l’a embellie, rendue magique et a mis de la folie dans un foot qui n’en voit plus assez. Pour ça, merci.

À la mi-janvier, le Ballon d’or sortant est en tout cas en train de lâcher un mois de janvier 2026 qui ressemble de plus en plus à l’opus 2025. En quatre matchs depuis la nouvelle année, « Dembouz » en est déjà à quatre buts. Une dynamique bien plus intéressante qu’un début de saison tronqué par les blessures et des performances en deçà. Sauf que depuis que la Saint-Sylvestre a été célébrée, on sent surtout un joueur qui retrouve toute l’étendue de son talent. De par ses buts, mais aussi par son activité sur le terrain. Bien plus influent sur le jeu de son équipe, bien plus actif au pressing on retrouve petit à petit le joueur qui a permis au PSG de passer dans une autre dimension l’été dernier. Et ça, Paris ne peut que s’en réjouir, surtout s’il y rajoute une petite touche artistique.
« Un but de playstation » : Parisiens et Lillois sous le charme après le bijou de DembéléPar Julien Faure, au Parc des Princes






















































