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Yehvann Diouf, comme dans un mauvais film

Par Suzanne Wanègue
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Yehvann Diouf, comme dans un mauvais film

Ce vendredi, Yehvann Diouf s’apprête à disputer sa deuxième finale de Coupe de France d’affilée, face au RC Lens, après celle qu’il a perdue face au PSG sous les couleurs du Stade de Reims en 2025. Ironie du sort, le portier de 26 ans se retrouve aussi barragiste pour sauver la peau de son écurie en Ligue 1, comme l’an passé. Ce n’est pas la nouvelle sensation tarabiscotée du festival de Cannes, et pourtant...

Dans Edge of Tomorrow, un film de science-fiction inspiré du roman illustré japonais All You Need Is Kill, le soldat Cage est condamné à revivre indéfiniment la même bataille contre des extraterrestres, progressant à chaque tentative sans jamais réussir immédiatement à échapper au désastre. Si Yehvann Diouf ne lutte pas contre des aliens (bien que la question puisse parfois se poser), le scénario de ce long-métrage ressemble étrangement à la vie que le natif de Montreuil mène depuis désormais deux saisons. Remballez le tapis rouge, place à la pelouse !

Un jour sans faim

Déjà l’an dernier, le gant ferme de l’ancien Troyen n’avait pas suffi pour empêcher le vaisseau rémois de se disloquer en Ligue 1. En proie à une défense fébrile et rongée par le doute en championnat, Diouf a cependant tenu la baraque en Coupe de France, compétition pendant laquelle il a notamment permis au Stade de Reims de ne pas flancher face aux joyeux lurons de l’AS Cannes pour filer en finale face au PSG (perdue 3-0). Finale qui, pour les Rémois, n’avait presque pas lieu d’être, puisque celle-ci s’est disputée entre les deux matchs de barrage face au FC Metz. Rappelons que, comme contaminé par la peur de ses coéquipiers, Captain Diouf avait failli sur une frappe d’Alpha Touré avant d’offrir définitivement la montée aux Grenats en se loupant sur un lob de Gauthier Hein.

Bis repetita en 2026, toujours avec du rouge sur le maillot, mais cette fois-ci accompagné de noir depuis la signature de l’international sénégalais à l’OGC Nice. On croirait à un gag, mais il revit peu ou prou la même saison : un parcours inattendu en Coupe de France avec une place en finale, la survie en Ligue 1 à assurer avec une équipe perçue comme « malade » et l’incapacité de sauver sa peau face à la lanterne rouge… Metz. Seule petite fantaisie de l’année : la Coupe d’Afrique des nations remportée par la sélection sénégalaise a été retirée par la CAF au profit du Maroc (sans oublier la lutte acharnée de Diouf pour protéger la serviette d’Édouard Mendy des griffes des ramasseurs de balles).

Sauveur ou fossoyeur ?

L’aventure sur la Côte d’Azur avait pourtant bien commencé pour le bonhomme d’1,88 mètre, dépeint par le président niçois Jean-Pierre Rivère comme le profil idéal pour tenir le premier rôle en tant que gardien de but de l’OGC Nice sur le long terme. Mais voilà, le casting a connu quelques changements en cours de tournage. Après avoir porté les siens à bout de gants durant le début de saison (avec des prestations notamment louées par l’ancienne légende des cages Rémy Vercoutre), le gaillard a bien ciré le banc pendant six semaines en Ligue 1, jugé trop peu serein par Claude Puel : le Polonais d’origine s’est contenté de la Coupe de France avant de regagner sa place aux dépens de Maxime Dupé.

Pour le Lion de la Teranga, la confiance qu’il dégageait jusqu’à janvier s’est mue en doutes visibles sur le terrain, une mauvaise passe qu’il raconte pour RFI : « La saison dernière à Reims était différente, même si on est descendus en Ligue 2. Mais ce qui est sûr, c’est que la fébrilité est la même.  […] C’est forcément difficile. Pour être franc, on se pose aussi des questions sur soi. Mais voilà, on est une équipe, un club, et nous sommes plus qu’un ou deux à être responsables de cette situation. »

Comme dans toute production de science-fiction un peu déjantée, la frontière entre drame et absurdité finit par devenir floue. Voir Yehvann Diouf disputer une nouvelle finale de Coupe de France presque anecdotique au terme d’une saison passée à tenter de maintenir l’OGCN sous oxygène a quelque chose de profondément lunaire. Si Claude Puel pourrait faire tourner afin de préserver les Aiglons pour les barrages face à Saint-Étienne, la saison de Yehvann Diouf tient déjà sa place parmi les nominations les plus (in)attendues à Cannes.

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Par Suzanne Wanègue

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