- International
- Portugal
Non, Cristiano Ronaldo n’est pas un problème pour le Portugal

Roberto Martínez a dévoilé le nom des 26 joueurs portugais retenus pour représenter la Seleção à la Coupe du monde 2026. À 41 ans, Cristiano Ronaldo participera à sa sixième phase finale de Mondial. Le quintuple Ballon d’or, au crépuscule de sa carrière, continue d’enchaîner les buts en club et en sélection où il occupe toujours une place de titulaire. Pour certains, CR7 ralentit encore le Portugal. Pour d’autres, personne n’a réellement pris sa place. Qu’en est-il vraiment ?
Dans Ted Lasso, Jamie Tartt est ce type de joueur qu’on adore détester. Beau gosse narcissique, obsédé par son image, persuadé que la Terre tourne autour de lui. Une caricature moderne du crack à l’ego XXL. Difficile de ne pas voir un peu de Cristiano Ronaldo dans certaines mimiques du joyau de l’AFC Richmond. À force de regarder l’enfant de Madère comme un personnage, beaucoup ont oublié de regarder le joueur. Ou ils regardent uniquement ce qu’il n’est plus. Oui, CR7 ne traverse plus les terrains comme un TGV. Oui, il ne peut plus répéter les mêmes fantaisies qu’en 2008, quand il ressemblait à un super-héros Marvel modélisé sur PES. Mais réduire les limites offensives portugaises à Cristiano Ronaldo, c’est un peu comme regarder Fast & Furious pour ensuite reprocher uniquement à Vin Diesel le scénario. Le problème est plus large.
L’homme aux cinq Ballons d’or continue surtout à marquer des buts. Beaucoup de buts. Avec Al-Nassr, il a fait trembler les filets à 28 reprises en 36 matchs cette saison. Avec le Portugal, Cristiano Ronaldo a fait sa loi devant le but cinq fois en autant de parties. Depuis l’arrivée de Roberto Martínez en 2023 ? 25 buts en 30 sélections. Ça commence à faire beaucoup pour un « poids mort ». Surtout, il reste décisif dans les moments importants, comme en phase à élimination directe de la Ligue des nations. Buteur contre le Danemark en quarts de finale et l’Allemagne en demi-finales, la légende portugaise a aussi marqué lors de la finale face à l’Espagne de Lamine Yamal, avec le titre en prime. Finito, vraiment ?
Roberto Martínez, le dernier de ses fans
Roberto Martínez n’a jamais parlé de Cristiano Ronaldo comme d’un monument historique qu’il faudrait exposer derrière une vitre. Au contraire. Le sélectionneur portugais insiste constamment sur le présent. « Sa longévité à ce niveau est exceptionnelle. C’est bien plus qu’un joueur, c’est une référence, expliquait-il récemment dans les colonnes de L’Équipe. Ce qui explique qu’il soit encore à ce niveau, c’est son obsession de s’améliorer chaque jour. Il ne se laisse pas affaiblir par ses succès passés. » Une manière assez claire d’envoyer promener ceux qui pensent que CR7 joue uniquement grâce à son CV.
🇵🇹 Roberto Martinez détaille le rôle très important de Cristiano Ronaldo pour sa dernière Coupe du monde !#beINSPORTS pic.twitter.com/PbfrVY82GF
— beIN SPORTS (@beinsports_FR) May 19, 2026
Le patron de la sélection, lui, parle de trois critères : le talent, l’expérience et l’attitude. Grâce à ce dernier point, le technicien de 52 ans affirme que « c’est pour cela qu’il est un capitaine si important. » On imagine déjà les analystes anti-CR7 lever les yeux au ciel devant ce genre de phrase. Pourtant, tous les entraîneurs qui ont côtoyé l’ancien attaquant du Real Madrid racontent la même chose : obsession du détail, discipline maladive, culture de la gagne parfois épuisante mais contagieuse.
Sortir Ronaldo, d’accord… mais pour mettre qui ?
Donc, si Cristiano Ronaldo joue, c’est parce que personne ne fait vraiment mieux dans ce rôle-là aujourd’hui. Franchement, qui peut dire le contraire ? Gonçalo Ramos, relégué au second plan au Paris Saint-Germain, peine à surfer sur la triple vague suisse datant de la Coupe du monde 2022. Rafael Leão laisse les aficionados sur leur faim avec le Portugal : des fulgurances, des accélérations, très peu de buts (5 en 43 sélections). Quant à Gonçalo Guedes, il ressemble davantage à une solution de dernier recours qu’à un titulaire capable de se transformer en Mark Landers, même le temps d’un tournoi.
Évidemment qu’il ne peut plus porter seul toute une attaque. Un Portugal ambitieux devra produire autre chose qu’une dépendance émotionnelle à son capitaine. D’autant que les dernières sorties de la star d’Al-Nassr en compétition internationale laissent à désirer : un seul but à la Coupe du monde 2022 contre le Ghana et zéro pion à l’Euro 2024, accompagné de ses larmes après son penalty manqué face à la Slovénie. Mais aujourd’hui encore, à 41 ans, Cristiano Ronaldo reste une solution crédible. Peut-être pas la solution miracle. Certainement pas le problème principal. Et si le Portugal va loin au Mondial 2026, il y aura probablement encore un moment où le vieux numéro 7 surgira tel un renard des surfaces, pendant que tous ses détracteurs se préparaient à cracher leur venin.
Entre le Portugal et la France, Éli Junior Kroupi a fait son choixPar Cheickné Traoré




















































