- C3
- Finale
- Fribourg-Aston Villa (0-3)
John McGinn, monsieur tout le monde est devenu quelqu'un

Artisan du sacre d'Aston Villa en Ligue Europa, John McGinn a absolument tout connu avec les Villans. Du Championship au triomphe sur la scène continentale, en passant par l'épopée en Ligue des champions, l'Écossais symbolise l'ascension de Villa à lui seul.
Il fait partie de ces joueurs de l’ombre, ceux qui ne sont pas les plus sexy et pour lesquels on n’allume pas nécessairement notre télévision un samedi à 13h30, parce qu’on préfère aller prendre le soleil printanier dans un parc mignon sous le chant des oiseaux et le cri des mômes. John McGinn est l’un de ces joueurs, un monsieur tout le monde. Oreilles décollées, visage arrondi et quelque peu bouffi, sourire niais… Un Écossais anonyme, sans flow ni style. En même temps, n’est pas Scott McTominay qui veut…
Non, McGinn est plus que ça. Débarqué sur la pointe des pieds à Aston Villa en 2018 alors que le club était encore pensionnaire de Championship, le natif de Glasgow s’est imposé comme l’un des personnages marquants de l’histoire récente du club. Désormais, il est sans doute le premier nom que son coach Unai Emery couche sur la feuille de match. Aux yeux des supporters des Villans, il est une icône, en plus d’être leur capitaine courage, leur chouchou, et surtout l’homme du club.
Bringing our trophy home 🏆 pic.twitter.com/fbyHNNCTtg
— Aston Villa (@AVFCOfficial) May 21, 2026
Infatigable monsieur partout
Ce mercredi soir, il est définitivement entré dans la légende du club de Birmingham. Titulaire dans le demi-espace droit face à Fribourg à l’occasion de la finale de la Ligue Europa, McGinn a fait du McGinn. Abattage démesuré, générosité dans les efforts et activité incessante pour combler les brèches au mitard… Omniprésent et increvable, il a été l’auteur de cinq récupérations. Outre ses qualités athlétiques et son intelligence de jeu sans ballon, l’homme aux 85 sélections avec l’Écosse (pour 20 pions, s’il vous plaît) a aussi été précieux avec le cuir dans les pattes. Très juste dans ses transmissions et aussi précis du pied droit que du gauche (pratiquement 85% de passes réussies), il a été déterminant en distillant une passe décisive à Emiliano Buendía sur le but du break des Villans avant la pause.
C’est la plus grande soirée de ma carrière.
Une performance précieuse qui a permis à Villa de surclasser son adversaire allemand et de remporter son premier trophée après 30 longues années d’attente. « C’est la plus grande soirée de ma carrière. Je vais essayer d’en profiter. J’aime faire la fête, mais je vais y aller doucement pour essayer de bien tout savourer », confiait l’international écossais au micro de TNT Sports après la rencontre. La fête, c’est sûr que les amoureux de la Claret and Blue Army, eux aussi ils vont le faire. Et ils n’oublieront jamais la perf’ de leur capitaine.
Symbolique monsieur tout le monde
En même temps, difficile d’oublier un gars comme John McGinn. Au moment de sa signature en provenance du club écossais d’Hibernian, Villa est englué depuis deux saisons en deuxième division. Au fil des années, il s’impose comme un symbole de l’ascension de son club : la montée en Premier League puis le maintien arraché in-extremis, les ambitions grandissantes, la qualification en Ligue des champions, l’épopée en C1 avec l’élimination de justesse face au PSG, le futur vainqueur, avec un but de génie dont il se rappellera toute sa vie. Et donc, maintenant, le sacre en C3 au terme d’un match à sens unique dans lequel il a encore pesé.
Good morning villains 💜💜 🏆 pic.twitter.com/F557AlWcoA
— John McGinn (@jmcginn7) May 21, 2026
Plus que les accomplissements sportifs et ses 330 matchs sous la tunique mauve, McGinn a frappé de plein fouet le cœur des fans pour une raison : c’est un Écossais lambda, un bon vivant et le type de mec qu’on peut croiser dans la rue comme à la sortie d’un pub britannique. Le genre de gars qui n’a jamais cherché la gloire, ni les strass et les paillettes qui vont avec. Obligé de se plier aux exigences du haut niveau, il avait même avoué dans un entretien accordé au Guardian en novembre dernier avoir été contraint d’engager un chef cuisiner.
Une décision contre sa nature qui le gêne terriblement, lui qui a grandi dans un milieu modeste et sans exposition : « Ils vont tous se moquer de moi et me taquiner, mais j’ai bien un chef à la maison (…) Je suis un gosse, alors si je n’avais pas cette organisation, avec Mikey à la maison tous les soirs qui me prépare des repas sains, j’irais encore chez Nando’s (une chaîne de fast-food, NDLR). » C’est ça en particulier qui plaît aux fans outre-Manche, ils peuvent s’identifier facilement à leur capitaine. L’histoire est belle, et McGinn vient de se parer de sa plus belle plume dorée pour écrire la plus belle page de sa romantique histoire d’amour avec Villa. Il a d’ailleurs été le premier à poser ses dix doigts sur le trophée de 15 kilos. Monsieur tout le monde est devenu quelqu’un.
Emiliano Martínez a joué la finale avec un doigt casséPar Vincent Miffon


















































