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Mbappé, savon et pelouse : l’analyse de Didier Deschamps

Propos recueillis en conférence de presse par Théo Denmat, au Metflife Stadium (New-York)
5' 5 minutes
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Mbappé, savon et pelouse : l’analyse de Didier Deschamps

C’est un Didier Deschamps lucide qui s’est présenté face à la presse pour revenir sur le premier match de l’équipe de France dans ce Mondial américain. Avec, à la clé, trois points qui mettent les siens sur de bons rails après une première mi-temps plus que brouillonne.

Un départ difficile. « C’est très bien de gagner ce premier match face à une très bonne équipe du Sénégal, d’autant que j’ai vu beaucoup d’équipes qui ont joué avant nous qui ont aussi eu des difficultés lors de leur premier match. On a eu un peu trop de déchets techniques, qui nous ont empêchés de transformer des situations dangereuses en balles de but en première période. Heureusement, on n’a pas été punis sur leurs deux occasions. On a été beaucoup mieux avec le positionnement de Michael (Olise) au cœur du jeu, qui a amené du liant. Jouer un premier match de Coupe du monde, c’est spécial, il y a beaucoup de pression, on était un peu timide au départ. »

L’identité du 10. « Ousmane (Dembélé) a eu l’habitude de jouer à droite, à être haut sur un côté. Pour Michael, pouvoir se mettre entre les deux lignes, défense et milieu, avec ses prises de balle et sa qualité de passe, lui permet de trouver les attaquants. J’ai fait cette permutation en pensant que ça allait nous apporter un peu plus de liant. Michael, plus il touche le ballon mieux c’est. »

Kylian sait ce qu’est une Coupe du monde. Le doute ne rentre pas dans son esprit.

Le match de Mbappé. « Si Kylian veut rater la première mi-temps et mettre deux buts à chaque fois en seconde, ça me va. Pour lui, ce n’est pas un problème psychologique, parce qu’il sait ce qu’est une Coupe du monde. Le doute ne rentre pas dans son esprit. Il a eu la réussite en seconde mi-temps et sur l’ensemble du match, il peut peut-être marquer 4 ou 5 buts. Il a été à l’image de l’équipe en général : approximatif et avec un peu trop de déchet technique. Il y en a encore qui vont le critiquer. (Rires.) Je l’ai toujours dit : même s’il peut ne pas faire un grand match, il a une capacité à faire gagner son équipe sur une occasion. J’entends, “il ne défend pas assez”, mais il n’est pas là pour défendre. Au-delà de battre ce record d’Olivier (Giroud) à seulement 27 ans, depuis le premier jour où il est venu et maintenant en tant que capitaine, il fait beaucoup pour le groupe. De l’extérieur, vous pensez que c’est quelqu’un d’égoïste mais je suis content pour lui parce qu’il m’a dit de toute façon “Je ne veux pas marquer sur des matchs amicaux.” (Sourire.) Il voulait marquer en Coupe du monde. Je suis très heureux pour lui. On le voit, c’est une star ici, dès qu’il sort il est assailli. »

Un savon à la mi-temps. « Je dis les choses quand je vois qu’on est capables de mieux. Je ne crie pas non plus parce que je me suis assagi, mais je dis les choses aux uns et aux autres. Mais être entre deux chaises comme on l’était, attaquer, ne pas attaquer… Être plus libéré, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Barco (Bradley Barcola) c’est le meilleur exemple : montrer à ceux qui sont amenés à entrer qu’ils doivent avoir la même attitude et la même efficacité. »

Si j’ai pris autant de joueurs offensifs, c’est pour pouvoir les utiliser. Je suis toujours dans la réflexion, en éveil par rapport à ça.

Le dispositif tactique. « Il n’y a aucun système qui est problématique quand on a le ballon. C’est peut-être anecdotique, mais le but (celui d’Ibrahim Mbaye dans le temps additionnel), on ne doit pas le prendre, parce qu’on est en position très haute avec des joueurs qui n’ont pas à se trouver là où ils se trouvent. Je pourrais être amené à renforcer le milieu, mais je suis convaincu qu’on a la possibilité de faire mal à l’adversaire avec la qualité technique des hommes sur le terrain. Si j’ai pris autant de joueurs offensifs, c’est pour pouvoir les utiliser, et encore, je n’en ai pas utilisé beaucoup ce soir, Cherki a joué cinq minutes, Barco un peu davantage. Je suis toujours dans la réflexion, en éveil par rapport à ça. »

Les problèmes collatéraux. « Les latéraux (Jules Koundé et Théo Hernandez) ont été meilleurs en deuxième mi-temps qu’en première, mais ils avaient des clients en face, et il n’y a pas qu’eux qui avaient du déchet technique. Les latéraux ont aussi gagné le match ce soir. Quant à Dayot Upamecano, c’est un leader par l’exemple. »

L’arbitrage. « À partir du moment où la VAR appelle pour la situation d’un joueur lancé… Moi, de ce que j’ai vu, j’ai l’impression qu’il y a penalty. On m’a dit que Kylian a mis le pied devant le défenseur, donc c’est une nouvelle interprétation… »

La pelouse. « Bonne question, mais je ne sais pas si je vais y répondre… Disons qu’elle est spéciale, cette pelouse. Elle est différente. (Sourire.) Le fait qu’il y ait une dalle de béton en dessous et que les fibres sont très très très courtes… J’ai des joueurs qui ont joué la Coupe du monde des clubs ici, et elle était déjà comme ça. Arrosée ou non, on s’adapte, mais s’il n’y a pas une bonne épaisseur de terre en dessous… Il n’y a aucun joueur qui a joué avec des crampons vissés aujourd’hui parce qu’il n’y a pas d’épaisseur. Le problème c’est qu’on s’entraîne pas dessus, et j’ai prévenu : le rebond est différent. »

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