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Saint-Étienne : un barrage sous haute tension

Exactement comme il y a deux ans, Saint-Étienne joue Rodez pour initier le sinueux chemin des barrages vers la Ligue 1, avec un rapport de force beaucoup moins évident qu’en 2024. Auteurs d’une saison très décevante au regard des investissements faits en début de saison et attendus de pied ferme par tout un public, les Verts sont sous pression avant d’affronter l’équipe la plus en forme d’Europe.
C’est une drôle de saison qui est en train de se vivre dans le Forez. Promis à une remontée rapide en Ligue 1 et dans le bon train pour réaliser cet objectif pendant presque toute la saison, Saint-Étienne s’est écroulé dans le sprint final. Sur trois des quatre derniers matchs de la saison, les Verts ont laissé tout latitude à Bastia de croire à son maintien (qui n’est plus), à Troyes de confirmer sa remontée dans l’élite et à Rodez d’entretenir sa forme olympique.
1 - Il y a 198 équipes dans les 5 grands championnats européens et leurs 2e divisions. Une seule est invaincue en 2026: ✨Rodez Aveyron Football ✨ Résistance. https://t.co/tBf2bnZaiY
— OptaJean (@OptaJean) May 2, 2026
La fessée infligée à Amiens (5-0) lors de la dernière journée de la « saison régulière » n’y a rien changé : l’ASSE va encore se fader les barrages pour espérer remonter en Ligue 1, et ce, face à la meilleure équipe d’Europe en ce moment (oui oui). Ce vendredi, à Geoffroy-Guichard, les hommes de Philippe Montanier rejoueront contre Rodez (cette même équipe qui les a fait chuter, le 2 mai dernier, au stade Paul-Lignon), seule équipe sur les 198 autres du big five européen (D1 et D2 comprises, donc) à être toujours invaincu, sa dernière défaite remontant à début novembre (!).
Rodez a l’avantage psychologique
Malgré un meilleur classement, un match de moins dans les pattes par rapport aux Ruthénois et l’avantage du terrain, Saint-Étienne se présente face à une forteresse aveyronnaise imprenable depuis de longs mois, blindée par la conquérante bande de Didier Santini. Ce que l’on n’imaginait à aucun moment écrire début septembre, quand les propriétaires canadiens de l’ASSE posaient 27 millions d’euros dans un consistant mercato taille Ligue 1, dépensant plus de thunes que les 17 autres clubs de Ligue 2 réunis, tout en refusant de céder sa vedette Lucas Stassin au Paris FC pour cette même somme. Le message était on ne peut plus clair, et la remontée dans l’élite promise.
Huit mois plus tard, même s’il existe une chance concrète d’accession, la saison des Verts apparaît comme ratée. D’autant que la confiance n’est pas vraiment au beau fixe, avec de nombreux absents (parmi eux Florian Tardieu, Mahmoud Jaber et Chico Lamba, blessés, et Augustine Boakye, suspendu) et la peur de définitivement rater un objectif promis pendant toute la saison.
« Une demi-finale de coupe »
Pour contrer le karma ambiant, Philippe Montanier a trouvé sa recette : chasser les mauvaises ondes en imaginant un changement de contexte, sans doute pour provoquer un déclic chez ses joueurs. « C’est une demi-finale de coupe, avec l’objectif de se qualifier pour une finale, pour laquelle on a la chance de jouer à domicile », a-t-il déclaré ce jeudi en conférence de presse, avant tout de même de tempérer. « C’est un atout, même si ce n’est pas suffisant, on l’a vu avec le Red Star. » Les coéquipiers de Maxime Bernauer pourront compter sur un autre atout, qu’ils trouvent à même leurs terres, avec la chance de compter sur une ressource inépuisable : leur public. Malgré l’amertume évidente d’une saison manquée, où leur club a pris le risque de se dimensionner comme un club de l’élite, les fans de l’ASSE garniront encore chaque siège de leur sanctuaire, et ce, pour la septième fois de la saison (enregistrant, en Ligue 2, sa meilleure affluence moyenne depuis la saison 2013-2014).
💚 Geoffroy-Guichard est inimitable ! La réception de Rodez ce vendredi se jouera à "Guichets fermés", pour la 7e fois de la saison ! pic.twitter.com/06puK6VT18
— AS Saint-Étienne (@ASSEofficiel) May 13, 2026
Ce vendredi, ce sont ces 38 000 âmes qui porteront leurs joueurs et, à défaut de pouvoir pousser un ballon au fond des filets, se rattacheront au bon souvenir de 2024, où les Verts avaient joué Rodez à ce même stade des barrages avant de venir à bout de Metz. Zuriko Davitashvili, fraîchement élu meilleur joueur du championnat, n’était pas encore de la partie à ce moment-là. « Ceux qui l’ont vécu nous en parlent, ils nous expliquent que cela avait été dur en première période, mais que les choses s’étaient décantées en deuxième mi-temps. À travers leur expérience, ils nous ont évidemment préparés à ce match », a-t-il déclaré à son tour ce jeudi. Si lui et ses coéquipiers étaient devant leur télé ce mardi, devant Red Star-Rodez (2-3), ils sont maintenant bien au courant qu’il faut se méfier du RAF après l’heure de jeu.
Des poteaux carrés installés à Geoffroy-GuichardPar Théo Juvenet














































