- Ligue 1
- J32- Lyon-Rennes (4-2)
OL : la grande réconciliation

L'OL revient de loin et tout le monde en était conscient, ce dimanche soir contre Rennes au Groupama Stadium, où la communion entre un club et son environnement a chassé les jeunes démons rôdant autour du club rhodanien. Ce public aime son équipe qui en est une et rêve désormais de retrouver la Ligue des champions.
Ce n’était qu’un match de Ligue 1, ce n’était qu’une victoire, ce n’était qu’une soirée de foot parmi tant d’autres, et c’était en fait bien plus que tout cela, ce dimanche, au Groupama Stadium. C’est comme si tout ce petit monde réuni dans le stade de Décines avait compris d’où revenait l’Olympique lyonnais, après son succès éclatant contre le Stade rennais (4-2) dans une rencontre où l’enjeu était la 3e place. Plus de 50 000 personnes — 51 460 selon les écrans géants, sans compter les acteurs principaux — ont vu défiler des images et des démons : les Gones convoqués en rang d’oignons comme des polissons devant les virages après une défaite, les pitreries du cowboy John Textor, la rétrogradation en Ligue 2 l’été dernier et même les récentes déceptions de la fin de l’hiver, dans une moindre mesure.
L’OL revient de loin et cette nuit de mai a semblé acter la grande réconciliation entre un club et son environnement. Les maillots lyonnais grouillaient déjà aux alentours de l’enceinte qu’on aimerait plus proche de la ville à plus de deux heures du coup d’envoi, parce qu’il fallait profiter de l’avant-match, compter les minutes et se mettre à envisager tous les scénarios possibles entre copains ou en famille. Les virages ont commencé à se remplir très tôt, à l’intérieur, et on regrettait presque que ce Lyon-Rennes ne soit pas à guichets fermés en devinant les sièges restés vides. Les absents ont toujours tort et les présents ont eu raison de participer à une fête à laquelle ils ont contribué, à coups de décibels et portés par une équipe profondément joueuse et attachante, comme pour offrir une avant-première de ce que pourraient être les futures soirées de Ligue des champions, puisque la ville des Lumières est proche de retrouver ces merveilleuses étoiles.
Dans le sillage de Tolisso
Les joueurs et le staff de l’OL ont fait durer le plaisir après une partie qu’ils ont quasiment maîtrisé de A à Z, malgré le but extraordinaire de Mousa Al-Tamari laissant le public de marbre, presque choqué, et le retour à 2-2 des Rennais quelques minutes après la pause. Après le coup de sifflet final, ils ne voulaient plus quitter la pelouse, les supporters ne voulaient plus quitter leurs sièges et l’Olympique lyonnais n’a semblé faire qu’un dans cette belle communion. En tendant l’oreille pendant le match dans ce grand brouhaha, on a pu entendre des chants pour Afonso Moreira, nouvelle coqueluche inattendue de cette saison, et bien sûr pour Corentin Tolisso, l’homme aux 307 capes sous le maillot rhodanien qui a marqué son dixième but de la saison en Ligue 1 tout en délivrant deux passes décisives, pour Roman Yaremchuk et Endrick. « C’est notre capitaine, notre leader, décrivait le Brésilien après le nouveau show de Coco. Il s’occupe de son équipe. On sait que c’est une idole ici. C’est un joueur spectaculaire qui donne tout sur le terrain. Je suis très heureux de partager ça avec lui, il n’y a pas assez de mots pour définir Coco. »

En quatre mois passés à Lyon, l’attaquant prêté par le Real Madrid a tout compris et bien résumé ce que représentait Tolisso pour le club et la ville. Dans son récent marasme et la grande incertitude autour de l’avenir de l’OL l’été dernier, le capitaine lyonnais s’est naturellement imposé comme un repère, un socle et finalement le garant de l’âme d’un club qui pensait l’avoir perdue. Sur le terrain, celui qui rêve encore d’entendre Didier Deschamps prononcer son nom dans dix jours sur le plateau de Gilles Bouleau emmène toute son équipe dans son sillage. Il donne le tempo techniquement, il garde le cap mentalement et il impose sa roublardise de bonhomme qui a roulé sa bosse. « Un champion, résumait Clinton Mata en zone mixte. On ne sait même plus quoi dire par rapport à ses prestations. Il arrive à transcender l’équipe, à nous transmettre son énergie. Merci à lui de nous aider pour pouvoir continuer sur cette lancée. » Tolisso, lui, ne s’est pas arrêté dans le couloir réservé à la presse, se contentant de passer le bonsoir avec un grand sourire.
Des joueurs adoptés, Fonseca adoubé
À Lyon, cette saison, il y a donc Tolisso, mais aussi tous les autres. Le public lyonnais s’est attaché à cette équipe qui donne tout et ne triche pas, à l’image d’Afonso Moreira ou d’Endrick qui n’est jamais plus dangereux que lorsqu’il joue avec les autres, comme il l’a fait ce dimanche soir. Il y a Khalis Merah, la jeunesse lyonnaise qui prend de l’épaisseur, un gardien Dominik Greif qu’on n’attendait pas à ce niveau, le belle surprise Tyler Morton, le dépassement de fonctions d’Abner Vinicius et la bonne mentalité des Clinton Mata, Moussa Niakhaté et Pavel Šulc, toujours accompagné de son style délirant au moment de reconnaître la pelouse. Il y en avait pour tout le monde au Groupama Stadium, où Malick Fofana et surtout Ernest Nuamah ont pu fêter leurs retours. Le Ghanéen, qui n’avait plus joué depuis le 5 avril 2025 en raison d’une grave blessure, a été chaudement célébré par un public qui tenait à lui offrir ces frissons mérités.
L'hommage du virage sud lyonnais à Nuamah 🙌#OLSRFC pic.twitter.com/OvY5aFpfDa
— L1+ (@ligue1plus) May 3, 2026
C’est tout un club qui s’est remis à l’endroit après avoir fait n’importe quoi, sans céder à la panique dans une crise hivernale et une sale série de huit matchs sans victoire durant lesquelles les amoureux de l’OL ont eu peur de tout perdre, entre l’élimination en Ligue Europa, celle en Coupe de France et la chute au classement en championnat. Il faut aussi rendre grâce à Paulo Fonseca, qui a construit une véritable équipe, un collectif, en arrivant après l’idole Pierre Sage et en débutant son mandat par un coup de sang synonyme de très longue suspension. Le technicien portugais est aussi la raison du renouveau lyonnais. Comme à Paris, il a parfaitement joué le coup tactiquement face au Stade rennais de Franck Haise, en anéantissant le milieu de terrain Valentin Rongier-Mahdi Camara et en poussant son équipe à jouer, tout le temps.
C’est incroyable d’être dans cette position, on n’aurait jamais imaginé en être là au début de saison.
« C’est incroyable d’être dans cette position, on n’aurait jamais imaginé en être là au début de saison », se rendait-il compte après le match, confirmant la sensation partagée par tous les Gones qu’il était important de se féliciter du chemin parcouru. Avec deux points d’avance sur le LOSC et surtout quatre sur la cinquième place, occupée par Rennes, l’OL a son destin entre ses crampons à deux journées de l’épilogue. Une troisième place, ce serait la qualification directe pour la Ligue des champions et des retrouvailles avec la compétition reine pour la première fois depuis 2020 et le Final 8, à l’époque du Covid-19. Il reste un déplacement à Toulouse, qui n’a plus rien à jouer, et la réception du RC Lens de Sage, avec aujourd’hui un petit espoir que ce match soit celui pour la 2e place, ce qui serait dingue. « J’attends que notre stade soit encore plein contre Lens », se projetait Fonseca, appelant tout le monde à venir en maillot blanc pour la dernière de la saison. La dernière pierre de la grande réconciliation.
Brice Samba espère éviter une suspension pour OM-RennesPar Clément Gavard, au Groupama Stadium




















































