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En Ligue 1, une course à l’Europe pas si médiocre

Par Clément Gavard
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En Ligue 1, une course à l’Europe pas si médiocre

Le suspense pour le titre de champion de France, c’est quasiment foutu. Il reste la course pour l’Europe, entre cinq équipes qui se tiennent en quatre points (voire six bientôt), pour s’enflammer devant la fin de cette saison de Ligue 1. Une bagarre entre infirmes ? Pas vraiment !

Il faut se faire une raison, ce n’est pas encore cette année que le champion de France sera décidé dans les derniers instants de la saison. Comme au printemps dernier, et celui d’avant, et encore celui d’avant, bref comme souvent depuis que le Paris Saint-Germain est entré dans un autre monde avec QSI, le suspense dans la course au titre ne devrait pas s’étirer jusqu’au mois de mai, sauf nouveau miracle d’un RC Lens déjà miraculeux. Les accros à la Ligue 1 peuvent trouver leur dose de suspense ailleurs, ils en ont l’habitude.

La lutte pour le maintien ? On l’aimerait indécise jusqu’à la fin, entre les mauvais élèves messins, nantais, auxerrois, niçois et havrais. C’est surtout en haut que l’excitation est à son maximum : de la 3e à la 7e place, Lille, Marseille, Lyon, Rennes et Monaco, tous conditionnés pour jouer les premiers rôles, se tiennent en quatre points. Une petite musique laisse entendre que ce serait un combat d’infirmes, de médiocres et que ce resserrement s’expliquerait par un nivellement vers le bas des « cadors » du championnat. Faux : derrière le podium, le rythme des candidats à l’Europe n’a (presque) jamais été aussi soutenu depuis le début du siècle.

Un top 6 très rapide

Des chiffres, toujours des chiffres, encore des chiffres. Pas besoin de la médaille Fields ou d’une calculette dernier cri pour faire les bons comptes : le LOSC est un 3e dans les temps (1,83 point/match en moyenne, contre 1,81 pour les médailles de bronze depuis 2000) ; le Stade rennais est un 6e très en avance sur le rythme habituel, avec une moyenne de 1,72 point/match (contre 1,56 depuis le nouveau millénaire). Ce ne sont pas des hauteurs vertigineuses, mais ce sont des hauteurs quand même et c’est une belle bagarre qui doit permettre à la Ligue 1 d’avoir des histoires à raconter jusqu’au bout, comme tout bon feuilleton qui se respecte.

La course à l’Europe des médiocres serait en fait celle des bons élèves, studieux, bien coiffés, bien habillés, ceux qui n’ont pas du tout à se soucier d’un redoublement et peuvent s’attendre aux félicitations du conseil de classe à la fin de l’année scolaire. Ce n’est pas non plus la photographie exacte de cette saison pour les équipes classées entre Lens et Strasbourg, qui ont toutes, chacune à leur manière, l’impression d’avoir déjà raté leur cuvée 2025-2026. Un drôle de paradoxe pour ces concurrents qui avancent plus vite et plus fort qu’on ne le pense, en illustrant au passage que l’écart entre les candidats à l’Europe et ceux à la relégation s’est encore creusé dans le contexte de crise du foot français.

Les cycles du haut

Cette réalité n’est pas seulement celle du championnat de France : chez les principaux voisins, sauf peut-être en Angleterre où il faut attendre le choc de dimanche, le titre est déjà joué et le suspense se trouve ailleurs. Le LOSC, l’OM, l’OL, Rennes et Monaco (voire Strasbourg qui n’est pas encore largué) ne sont pas des équipes inoubliables, mais elles ont leurs arguments, leurs bons joueurs, leurs bons matchs et leurs beaux buts. Tout aura été une histoire de cycles, très positifs et très négatifs, et de grosses tempêtes à surmonter. Marseille, le SRFC et l’ASM n’ont plus le même entraîneur qu’en août ; le Lyon de Paulo Fonseca est passé d’une série record de 7 victoires à un bilan de 3 points en 6 matchs ; le Lille de Bruno Genesio est redevenu fringant après un hiver morose. Pour la régularité, il faudra repasser ou se tourner vers Lens, seule équipe à tourner à plus de deux points par match avec le PSG.

Il y aura toujours le temps, à l’heure du bilan, de regretter le jeu proposé par les uns et les autres, le bazar dans les bureaux et le manque de vision de dirigeants étouffés par la chute drastique des droits TV et incapables de mettre en place une stratégie sportive claire et stable. En attendant, il reste cinq journées pour s’éclater devant cette course plus excitante que déprimante et ces joueurs qui ont rythmé nos week-end. La quête d’Estéban Lepaul, le style de Pavel Šulc, le réveil de Matías Fernández-Pardo, les dernières foulées phocéennes de Leonardo Balerdi, l’élégance de Maghnes Akliouche… Ce ne sont pas les stars de la Ligue des champions, mais ce sont d’autres étoiles, peut-être filantes, et les acteurs principaux de ce sprint final. Là, comme ça, à cinq journées de l’épilogue et face à un calendrier chamboulé par une Ligue amatrice, on a bien envie de se dire que les derniers tours de manège de cette saison seront enchantés.

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