- Coupe de France
- Quarts
- Lyon-Lens
OL-Lens : la revanche de Pierre Sage

À Lyon, ce jeudi soir, Pierre Sage n’emmènera pas seulement son Racing Club de Lens en quête d’une demi-finale de Coupe de France. Éjecté brutalement par John Textor en janvier 2025 après avoir sauvé l’OL du pire la saison précédente, le technicien artésien pourra aussi célébrer, symboliquement, une belle revanche sur la vie, à peine un an plus tard. Et son aura, intacte sur les bords du Rhône, sera forcément saluée en tribunes, un « moment fort émotionnellement », promet Corentin Tolisso.
411. Entre sa dernière apparition officielle sous sa doudoune de l’OL au Groupama Stadium (face à Toulouse le 18 janvier 2025) et son retour dans l’antre des Gones ce jeudi soir, Pierre Sage aura vu s’écouler 411 rotations de la Terre sur elle-même. Suffisant pour encaisser le choc d’une rupture brutale, rester groggy, se remettre à manger football, remonter en selle à Lens et débouler dans un stade qu’il connaît par cœur, dans les habits de deuxième de L1, prétendant à la Coupe de France. Pas mal pour un mec à qui John Textor faisait les cartons pendant que l’ancien dirigeant lyonnais draguait déjà Paulo Fonseca. « Quelque part, c’était son destin, philosophe David Friio, directeur sportif de l’OL (2023-2024), arrivé à Lyon au moment de la nomination de Pierre Sage en décembre 2023. À l’époque (de son éviction), il fallait aller chercher des choses pour sortir Pierre… Son destin était probablement celui-ci. »
Le cœur a ses raisons…
Un destin qui aurait pu continuer à tracer son sillon dans son club de toujours, du gamin dans les gradins de Gerland au directeur du centre de formation puis entraîneur d’une équipe première relégable avec 7 points en décembre 2023, qu’il amènera à la sixième place au printemps suivant, le tout avec une finale de Coupe de France (perdue face à Paris). Mais « la mémoire dans le football est courte, rappelle David Friio. Ça n’avait jamais été fait de passer de 7 points à terminer sixième. Il y a eu une remontada incroyable. Et après boum…alors que c’était un moment historique de l’OL. Forcément pour Pierre, qui a une relation particulière avec ce club, tu vis encore plus mal la rupture. »
Je suis lyonnais, entraîneur lensois, c’est assez clair pour tout le monde, et je ne m’en cache pas. Et ça le sera toute ma vie.
Mais l’aspect revanchard n’a pas sa place dans le décorum. David Friio considère « qu’on est revanchard quand on a des choses à prouver, lui il les a prouvées », et Sage balaye toute théorie du genre : « Il n’y a pas du tout d’animosité, bien au contraire. Je suis content de retourner dans ce beau stade, avec ce beau public, face à cette belle équipe. » Mieux, le coach sang et or assure encore aujourd’hui qu’il comprenait « la décision (de son éviction), parce que, lorsqu’on n’a déjà pas le costume de l’emploi au départ et que les résultats du moment ne sont pas très positifs, c’est normal qu’on fasse apparaître certaines difficultés. J’ai toujours dit que j’étais moins déçu de perdre mon poste que de quitter l’OL. »
🎙️ @Pierre__Sage : «Je suis Lyonnais, entraîneur lensois.» Au sujet de l’envie de redevenir l’entraîneur de l’OL dans le futur : «Je pense que ce sera le cas un jour, oui.»#OLRCL #RCLens #TeamOL pic.twitter.com/g2cWNAjpP8
— CAPTÉ (@captemedia) March 4, 2026
Le cœur, lui, est resté rhodanien : « Je suis lyonnais, entraîneur lensois, c’est assez clair pour tout le monde et je ne m’en cache pas. Et ça le sera toute ma vie. » Le milieu lyonnais Corentin Tolisso en rajoute une couche, Pierre Sage a « laissé une très belle trace. Il a fait de grandes choses à l’OL, il a sauvé le club, il ne faut pas s’en cacher. Il sera content de revenir. Ce sera assez fort émotionnellement. »
Le rêve d’une deuxième idylle
Et sportivement, parce qu’« aujourd’hui, il continue à gagner, enfonce David Friio. C’est un entraîneur, qui, pour l’instant, n’a jamais connu l’échec. Même son départ de l’OL n’est pas un échec, on sait à quoi c’est dû. » En un an, celui qui a vu l’émergence de Sage a constaté l’évolution de l’homme, dans la gestion de son groupe : « Je le voyais dans le vestiaire lyonnais et je l’ai vu sur des images à Lens, il y a quelques semaines (lors d’une séquence diffusée par le club à la mi-temps de Lens-Auxerre, NDLR). Le ton est bon, le rythme aussi, le message est concis et clair. Il percute chez les joueurs. Ça aussi, c’est dû à cette expérience qui grandit et au fait qu’il est capable, à Lens, de faire jouer le football qui parle à son environnement, tout en faisant progresser ses joueurs. »
La patte Sage s’est exportée dans le Pas-de-Calais. Au grand dam – même si Lyon est aujourd’hui dans une très bonne période – des supporters, qui ne l’avaient pas oublié en août dernier en championnat avec une banderole dans le parcage visiteur à Bollaert. Pierre Sage s’en souvient. Tout comme de sa volonté, évidente, d’à nouveau un jour porter l’écusson du septuple champion de France : « Dès le mois de février (2025), après m’être fait virer le 28 janvier, je le disais (qu’il espérait entraîner de nouveau l’OL). Je pense que ce sera le cas un jour. J’ai plus d’arguments maintenant que je n’en avais en février en plus. » Une qualification dans le dernier carré de la coupe continuerait à épaissir le CV.
Pour Corentin Tolisso, Pierre Sage a « sauvé » l’OLPar Florent Caffery, à Lens




















































