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Corentin Tolisso raconté par les Lyonnais : « C’est un personnage incontournable de l’OL »

Corentin Tolisso (31 ans) est peut-être le dernier garant de l’identité lyonnaise à l’OL, où il a marqué son 50e but contre Nice et où il disputera bientôt son 300e match. Futur Hall of famer des Gones, "Coco" est un véritable symbole de son club et de sa ville. Ce ne sont pas Jean-Michel Aulas, Clovis Cornillac, Benjamin Biolay, Jacques Monclar et Thierry Braillard, tous tant attachés à Lyon, qui diront le contraire.
Jean-Michel Aulas* : « Une personnalité hors du commun dans le monde des joueurs professionnels »
« C’est la classe sur le plan footballistique. C’est sûrement un de ceux qui, dans ce championnat de France de Ligue 1, a le plus beau palmarès. C’est aussi la génération OL : formation, début de carrière au club, premier titre avec l’Olympique lyonnais. C’est l’un des plus gros transferts du club, donc un apport économique extrêmement important pour le club (41 millions d’euros, en tout, dans les caisses des Gones pour son transfert vers le Bayern Munich en 2017, NDLR). Et puis le retour (2022, libre), que j’ai négocié moi-même, de Corentin à Lyon, avec plein de gens qui trouvaient, au début, que c’était cher alors qu’en fait il est revenu sans transfert. Quand on regarde ce qu’apporte un joueur, même quand il a une rémunération élevée, mais qui arrive sans indemnité, on se rend compte que le coût global est faible.

C’est un leader dans l’âme, et pas uniquement dans le football. C’est l’un des rares joueurs que je connaisse, à ce niveau-là, qui a complètement réussi sur le plan associatif et aide sur le plan social. Avec la formalisation d’une association (Toliss’All) qui aide des handicapés avec un projet sur le long terme. C’est vraiment quelqu’un d’exceptionnel. Dans Lyon, c’est quelqu’un qui est discret, par rapport à d’autres. Je suis surpris, oui, par cette maturité incroyable. C’est sûr que sa force mentale s’est renforcée encore par le fait que l’OL soit dans des difficultés, qu’il a jugé probablement très injustes, que le jeu ait été dépassé par des problèmes administratifs, qui n’avaient rien à voir avec les résultats obtenus et le jeu déployé. Ça lui a donné une force supplémentaire, extrêmement pertinente. Et c’est vrai qu’il force l’admiration des joueurs qui sont avec lui, mais de tout l’environnement et même de l’extérieur aussi. On a affaire à une personnalité hors du commun dans le monde des joueurs professionnels. »
*Ancien président de l’Olympique lyonnais (1987-2023), candidat à la mairie de Lyon.
Benjamin Biolay* : « C’est un maestro »
« Il est champion du monde ! Quand tu entres dans le tunnel de la Croix-Rousse à Lyon, il y a les trois qui sont peints : Nabil (Fekir), Samuel (Umtiti) et Corentin (Tolisso). Il n’y a plus que lui de cette espèce d’époque des (Anthony) Lopes, (Alexandre) Lacazette… Ce qu’il fait encore aujourd’hui en championnat et en Coupe d’Europe, je trouve ça incroyable. Au début, quand il est resté l’été dernier, tu pouvais te demander pourquoi et, en fait, quand tu vois son niveau sur le terrain, tu comprends qu’il reste vraiment pour son club. Surtout que j’ai cru comprendre qu’il y avait eu des réductions de salaire… Bon, on ne va pas les plaindre, ça va, ils gagnent bien leur vie, mais c’est quand même un symbole hyper fort, je trouve. Quelqu’un qui fait un tel parcours, en passant par un club comme le Bayern Munich, c’est forcément quelqu’un qui doit avoir une grande rigueur, une grande discipline, travailleur et carré. Je suis admiratif. Il pourrait être encore en équipe de France… C’est un maestro, et un mec extraordinaire. »
*Né à Villefranche-sur-Saône, au nord de Lyon, le chanteur musicien acteur est un fervent supporter de l’OL.
Jacques Monclar* : « L’âme lyonnaise, c’est Coco Tolisso »
« C’est le personnage incontournable de l’OL. Le lien entre plusieurs générations de ce club. Il n’y a pas eu l’effet escompté ou espéré quand ils sont revenus avec Alexandre Lacazette. Certes, il y a eu les blessures, mais il reste une figure incontournable de par son passé. Sur sa carrière, pour les gens qui aiment l’OL, c’était une fierté de le voir au Bayern Munich et en équipe de France. De le voir aussi important en 2018. Sa reconnaissance a été extraordinaire à Lyon, alors qu’elle a été moyenne au niveau international. Avant les douleurs et sa petite crise mentale, c’était un joueur de top niveau mondial ! À Lyon, il représente beaucoup.
Il a acquis le respect de tout le monde quand l’OL était au fond du seau avant l’arrivée de Pierre Sage. Son langage corporel et son visage montraient qu’il était touché en plein cœur.
Au départ, il était moins dans l’exposition. Lui, il a tout gagné sur le terrain. Aujourd’hui, c’est un joueur plein d’expérience, plein de sagesse. Il a acquis le respect de tout le monde quand l’OL était au fond du seau avant l’arrivée de Pierre Sage. Son langage corporel et son visage montraient qu’il était touché en plein cœur. C’est devenu un leader d’adhésion à une situation : que ce soit avec Pierre Sage ou avec Paulo Fonseca, ça se passe très bien. Il emmène les jeunes et les autres. L’âme lyonnaise, c’est Coco Tolisso. »
*La voix de la NBA sur beIN Sports a joué pendant sept ans à l’ASVEL dans sa carrière de joueur, et a toujours été très attachée à l’Olympique lyonnais.

Clovis Cornillac* : « Il a ce que la ville de Lyon dégage »
« C’est un joueur et un type exceptionnel dans le monde du football. Souvent, on peut réduire certains sportifs, et certains footballeurs notamment, à juste titre, au fait que, régulièrement, ce ne sont pas toujours des lumières, mais il y a énormément de joueurs qui ont une attitude, un cerveau, qui sont des citoyens, qui ont quelque chose, je trouve, au-dessus. Et Corentin Tolisso en fait partie. C’est un type très fin, intelligent, un peu secret, mais il a quelque chose, et dans son football, ça se voit. C’est formidable pour l’OL d’avoir pu avoir des personnalités, des joueurs de cet acabit. Ça met en valeur le football, d’une manière générale. Et quand c’est pour ton club et pour ta ville, c’est d’autant plus gratifiant. Je pense qu’il est heureux d’être revenu. La place qu’il a, aujourd’hui, est totalement méritée.
Il est le soleil de cette équipe.
S’il est l’âme de ce club ? Je pense qu’on n’a pas à faire porter à des acteurs un poids aussi gros. Mais, en revanche, il est le soleil de cette équipe. En plus, il vient d’ici. Je trouve ça très cool d’être à sa place. J’ai l’impression qu’il pourrait jouer dans n’importe quel grand club d’Europe, qu’il y serait formidable et on se dirait : “Quel joueur incroyable.” Mais le fait qu’il soit à Lyon, qu’il soit l’image du club, pour des raisons historiques qui sont les siennes, et d’y être aujourd’hui le patron… Il y a un côté assez joli, harmonieux.
Il a un côté emblématique, il est indiscutable. Je trouve qu’il a ce que Lyon dégage : c’est quelqu’un de sérieux, de secret, mais en même temps, à mon avis, très fantasque. Il y a cette sorte de pudeur à Lyon. On croit que c’est une ville sage, un peu éteinte, mais c’était la capitale du rock’n’roll dans les années 1980. Il y a la bouffe, le vin, une culture vraiment très ancienne… Je trouve qu’il est bien à l’image de Lyon. Mais c’est peut-être une projection de ma part… »
*Âgé de 57 ans, né à Lyon, l’acteur aux multiples rôles au cinéma, à la télévision ou au théâtre, césarisé en 2005, a toujours été fidèle aux Gones.
Thierry Braillard* : « Un joueur et un homme altruiste »
« Corentin Tolisso, c’est un aboutissement. Je l’ai vu commencer arrière droit, à Gerland. Il a été ensuite logique qu’il aille dans une très grande écurie comme le Bayern Munich. Il est revenu à l’OL, et il y a eu un vide. Lui seul sait les raisons, mais je pense que son retour, au départ, n’a pas été transcendant. Finalement, il a su lui-même trouver la solution et je trouve que, là, cette saison notamment, avec plein de jeunes autour, il a pris une nouvelle dimension.
Pour connaître ses parents, tout est parti d’une éducation qui fait qu’il a toujours eu les pieds sur terre, avec de vraies bonnes valeurs.
Ce qui me fait penser qu’il a véritablement sa place en équipe de France pour la Coupe du monde, ne serait-ce que par ce qu’il fait à Lyon. On sait aujourd’hui que les sélections peuvent avoir des groupes élargis, avec des joueurs qui vont y aller en sachant qu’ils ne joueront pas. Ça peut-être le cas de Corentin Tolisso. En tout cas, son expérience, la façon dont il a réussi à bonifier les jeunes autour de lui… Il réussit actuellement peut-être la plus belle saison de sa carrière. Commencer comme il a commencé et terminer comme il est en train de le faire, même si ce n’est pas fini, c’est assez magique.
🎙️Corentin Tolisso sur son 50e but sous le maillot lyonnais : "Je suis fier de l'avoir marqué devant mes enfants.'#OLOGCN pic.twitter.com/Mxet77JJ1L
— L1+ (@ligue1plus) February 15, 2026
C’est un pilier très solide de Lyon. Il a l’image d’un joueur et d’un homme altruiste, sur et en dehors du terrain. Pour connaître ses parents, tout est parti d’une éducation qui fait qu’il a toujours eu les pieds sur terre, avec de vraies bonnes valeurs.
L’OL a eu les années champion (dans les années 2000). Ensuite, des années plutôt difficiles, qu’on pourrait symboliser avec Yoann Gourcuff. Le club a fini par reprendre une dimension européenne. Puis le trou, sportivement et financièrement, a fait qu’il a décroché du peloton de tête. Là, l’OL retrouve une stature de grand club, et je crois que Corentin Tolisso est l’image de cette nouvelle étape dans la vie du club. »
*Natif de Bron, comme un certain KB9, l’ancien secrétaire d’État chargé des Sports sous François Hollande est un passionné de l’OL.
Quand Umtiti essaye de rétablir la communication entre Tolisso et DeschampsPropos recueillis par Timothé Crépin













































