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- PSG-OL (1-2)
Pourquoi Afonso Moreira est pour l’OL une formidable raison d’être heureux

Buteur et passeur décisif contre le PSG, Afonso Moreira est l’invité surprise dans les cœurs lyonnais. Un gars qui était un cador des réserves au Portugal, et qui démontre aujourd’hui qu’il en a, de la réserve.
Afonso Moreira a tout pour être détestable. Le même dégradé que n’importe quel gars de son âge, la même célébration « night-night » que tous ceux qui suivent Stephen Curry sur les réseaux sociaux, et une ambition dévorante sans avoir coché les cases qui la rendraient légitime. Et c’est justement pour ces raisons que le Portugais de 21 ans est indispensable à l’OL. L’institution ne peut décemment pas cracher sur l’apport d’un jeune joueur qui ne demande pas la permission d’être efficace et n’attend aucune validation pour avoir de l’appétit.
Ce dimanche au Parc des Princes, c’est en partie grâce à son abattage de tous les instants et à sa détermination à mettre la tête dans le but adverse que les Rhodaniens sont repartis du Parc des Princes avec une victoire aussi prestigieuse que primordiale dans la course à l’Europe. « Moreira a beaucoup d’énergie, beaucoup de courage. Il est très ambitieux. Aujourd’hui, il a fait son meilleur match avec l’OL », a concédé Paulo Fonseca au moment de distribuer les bons points.
Fonce Afonso
Dans les faits, ça s’est traduit par une passe décisive pour Endrick pour ouvrir le score, un raid en solitaire pour faire le break et un pécule de 86 ballons touchés, record pour un Gone dans ce match où le PSG n’a eu d’autre choix que de le confisquer. « On a produit exactement ce que souhaitait le staff, même si on peut toujours faire mieux, s’est-il expliqué après la rencontre. Le coach a forcément insisté sur le fait qu’on devait d’abord bien défendre, et ensuite essayer d’attaquer, de garder le ballon du mieux possible, et garder le score après nos buts. C’est exactement ce qu’on a réussi. »
Je n’aime pas défendre, mais je sais que je dois le faire pour le bien de l’équipe.
Dans le jardin de Nuno Mendes, João Neves, Vitinha et Gonçalo Ramos, il a finalement été le Portugais le plus en vue de la soirée. Bon, il faut dire que les deux premiers étaient ménagés, le troisième est sorti sur blessure à la mi-temps, quand le dernier a raté son penalty. Alors qu’il occupe plus généralement l’aile gauche de la formation lyonnaise, il a cette fois été associé sur le front de l’attaque avec Endrick. Un joueur avec qui il partage le même dynamisme, la même faculté à électriser l’adversaire et la même aversion pour la défense. Magnanime, il s’est tout de même plié à l’exercice parce que t’es-qui-en-fait-pour-ne-pas-défendre ? « Je n’aime pas défendre, mais je sais que je dois le faire pour le bien de l’équipe. C’est dans ma nature de toujours tout donner sans me plaindre, c’est juste mon job. »
La bénédiction que l’OL n’attendait plus
Mieux, par son attitude, il pousse même Endrick à être meilleur. Le Brésilien le reconnaît : « On s’entend très bien tous les deux. » Visiblement alignés, les deux lusophones ont pourtant des parcours et des statuts qui peuvent entrer en résonance, à des échelles différentes. Bastardo Moreira (comme l’a nommé le speaker du Parc au moment du but, récitant l’entièreté de son patronyme à l’état civil, NDLR) n’est pas ce crack générationnel qui avait besoin d’un prêt pour se relancer après un transfert précoce dans le plus grand club du monde, mais il avait lui aussi besoin de trouver cette destination qui lui permettrait de reprendre le fil de sa carrière naissante. Lui a su montrer très tôt ses aptitudes au centre de formation du Sporting CP ou avec la sélection portugaise à l’Euro U17. Malheureusement, s’adapter au foot des adultes n’est pas une formalité. Il y a encore moins d’un an, il était tout juste une solution de secours au Sporting CP, cumulant moins de 100 minutes en équipe première et se contentant surtout de la Ligue 3 avec la réserve.

S’il a trouvé à la confluence du Rhône et de la Saône une seconde « famille », c’est aussi parce que le contexte lui a été favorable. Dans un été où l’OL ne savait pas dans quelle division il allait être mangé, son profil et le coût qu’il représentait (2 millions d’euros d’indemnité de transfert et un salaire autour de 650 000 euros par an) pouvaient autant être utiles pour une mission rédemption en National 2 qu’en tant que doublure de Malick Fofana en cas de grâce de la DNCG. Finalement, le natif de Lamego a eu mieux que ça. Miraculés dans l’élite, les Lyonnais ont à peine eu le temps de se demander comment ils pourraient survivre sans leur feu follet belge, sérieusement blessé à la cheville en octobre, qu’ils ont vu débouler ce chien fou.
Un magnifique but contre Strasbourg, puis un autre pion contre le PSG, le voilà devenu incontournable. Pour mesurer son influence, il faut noter que la belle série hivernale s’est interrompue au moment où son ischio a grincé (5 points sur 15 possibles en Ligue 1 en son absence). De quoi voir plus loin ? Comme par exemple un petit tour à la Coupe du monde avec la Seleção en tant qu’invité surprise ? L’international espoir ne se presse pas, pour une fois : « J’essaye juste d’être moi-même et d’aider l’équipe. On ne pense pas au futur, on regarde le prochain match et on veut prendre les trois points. » Mentalité Ligue 1 > Mentalité Kaizen.
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