L'Olympique lyonnais est monté à Paris avec l'intention d'en découdre et de se relancer dans la course à l'Europe. Suffisant pour mettre au tapis le Paris Saint-Germain, qui a pu se rappeler que la Ligue 1 n'était pas qu'un simple sparring-partner dans sa course à la deuxième étoile. Et ce soir, c'est tout un haut de tableau qui s'en trouve chamboulé.
Paris Saint-Germain 1-2 Olympique lyonnais
Buts : Kvaratskhelia (90e+3) pour le PSG // Endrick (6e), Moreira (18e) pour les Gones
Les amateurs de boxe auront peut-être eu une pensée pour Rumble in the Jungle, formidablement mis en mots par l’auteur américain Norman Mailer. Dans le coin gauche, le grand champion Mohamed Ali, arrivant en pantoufle au Zaïre pour ce qui était vendu par les promoteurs comme « le Combat du siècle ». Dans le coin droit, George Foreman, pugiliste tout aussi émérite mais qui avait lui tout à gagner dans ce stade de Kinshasa. En 1974, le PSG n’avait que 4 ans. Peut-être la raison pour laquelle il n’a pas su s’inspirer de Cassius Clay et sa capacité à encaisser les coups pendant tout le combat avant de finir par mettre son adversaire K.-O. dans le 8e round. Ce soir, le club de la capitale s’est montré trop en dilettante et n’a pas su réagir pour retourner un OL mis en jambe par les droites d’Endrick et les uppercuts d’Afonso Moreira.
C’est bon pour le Moreira
Ce ne sont pas les grosses ceintures qui manquent ce dimanche soir à la Porte de Saint-Cloud. Un hotspot où on peut voir le boxeur champion du monde et champion olympique Tony Yoka chauffer l’assistance, avant que la promo 1986 championne de France du PSG ne vienne gratter sa minute d’ovation. Moussa Niakhaté et Achraf Hakimi peuvent bien se remémorer la dernière finale de la CAN au moment de faire le toss, la Ligue 1 se conjugue surtout au présent et balle au pied. Ça, l’Olympique lyonnais l’a très bien compris. Laissant au vestiaire tout statut, tout précédent et tout complexe, les hommes de Paulo Fonseca mettent rapidement leur plan à exécution : encaisser pour mieux frapper. Après deux corners pour mettre les Parisiens dans les cordes, le malicieux Afonso Moreira prend la tangente et glisse une saucisse dans l’espace : Endrick s’en régale dans le dos de Willian Pacho et la soudaineté de sa frappe du gauche vient trouer Matveï Safonov au premier poteau (0-1, 6e). Le Brésilien a beau se plaindre de la cuisse, cela ne l’empêchera pas ensuite de servir d’une louche son compatriote Abner Vinicius qui se teste sur un joli retourné, détourné cette fois par le portier russe.
Le PSG n’en est pas moins groggy. Les bonnes sensations européennes sont un vague souvenir, surtout quand deux habituels remplaçants, Gonçalo Ramos et Lucas Beraldo, sonnent la charge : le premier se bagarre dans la surface et sert en retrait le second dont la frappe oblige Dominik Greif à s’étirer. Sur le corner suivant le gardien slovaque repousse du point, Endrick prolonge vers Moreira. Le Portugais vole comme un papillon et pique comme une abeille : battant Safonov au bout de son sprint (0-2, 18e). Les champions en titre titubent, que ce soit Zabarnyi devant la vivacité d’Afonso Moreira, ou Bradley Barcola frustré par des Rhodaniens ne baissant jamais leur garde. Ce dernier peut savoir ce que ça fait : il était dans leurs rangs quand l’OL a gratté sa dernière victoire contre le PSG. C’était aussi en avril, c’était aussi au Parc mais ça remonte surtout à 2023.
Sur la corde raide
Comment comprendre que Paris est dans un mauvais soir ? Il suffit de patienter jusqu’au pénalty, obtenu à la demi-heure de jeu, moment où Lucas Hernandez et sa caravane débordent et sont tamponnés par Maitland-Niles. Ramos se charge de le botter, mais voit sa tentative être repoussée des testicules par Dominik Greif. Oubliez les contacts sur Désiré Doué ou Ramos dans la surface qui ne valait rien de plus, retenez la sortie sur blessure de Vitinha avant la mi-temps : ce PSG est décidément bien en dessous de la ceinture.
Les contusions et les éraflures sont là, on ne peut plus les ignorer. Alors Luis Enrique attend l’heure de jeu pour passer l’éponge magique et lancer enfin ses deux meilleures atouts offensifs : Khvicha Kvaratskhelia et Ousmane Dembélé. Le Géorgien se met rapidement en évidence mais goûte lui aussi à la lucidité de Greif, alors que le Ballon d’or lui trouvera la barre un quart d’heure après son entrée. Bon, il y avait aussi Lee Kang-in dans la même session de remplacements, mais le Sud-Coréen a surtout servi une belle avant-dernière passe à Khalis Merah, mais Endrick bute cette fois sur Safonov. L’OL n’en démord pas, continue de coulisser astucieusement en défense et à se déployer gracieusement en attaque. Fabián Ruiz est lancé à son tour, faisant son retour après trois mois d’absence, mais les Rouge et Bleu n’y arrivent pas. Seul Kvara permet dans un dernier tour dont il a le secret – une frappasse dans l’angle de la surface qui cogne le poteau (1-2, 90e+3) – d’éviter de refermer ce chapitre avec un zéro pointé.
Si l’OL grimpe à la troisième place, le Paris Saint-Germain tombe haut : il dormira ce soir avec qu’un seul petit point d’avance sur son dauphin, le RC Lens. Heureusement pour lui, il aura l’occasion de reprendre sa respiration mercredi contre le FC Nantes. Vous savez, ce match qui avait été décalé pour ne pas que le PSG ne laisse trop de plumes dans la bataille entre deux matchs de Ligue de champions. Aujourd’hui, il faudra plus que jamais s’employer sur les deux tableaux.
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