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Paul Pogba, use with caution

Trait commun à de nombreux Français : déballer, monter, essayer et bien souvent bazarder sa nouvelle acquisition sans même avoir lu le manuel d’installation. Précisément ce qu’il s’est passé avec Paul Pogba, que l’on use depuis maintenant cinq ans en sélection. Alors pour éviter de le casser définitivement lors de ce Mondial, il serait temps de se pencher sur la notice afin d’éviter que l’impatience ne détruise ce formidable jouet qu’est Paul Pogba.

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Rayé, éraflé, abîmé, beugné. L’état de Paul Pogba n’est forcément pas optimal à quelques jours d’aborder sa deuxième Coupe du monde. La faute à un service après-vente qui ne désemplit pas et où se succèdent au guichet la plupart des consommateurs et commentateurs venus trouver une explication au dysfonctionnement du Double P. Sûrement trop hâtivement, puisque ceux-là n’ont même pas pris la peine de détacher les étiquettes qui lui sont accolées depuis un moment. Nonchalance, égocentrisme, folie des grandeurs, inefficacité, tant de poncifs qui ne font qu’alimenter les stéréotypes sur le natif de Lagny-sur-Marne. Quoi qu’il fasse sur et en dehors du terrain, qu’il participe à une websérie qui lui est consacrée (Pogba Mondial, la Pogsérie par Canal +) ou une ouverture dévissée face à l'Italie, rien ne lui est pardonné.

Obsolescence non programmée


Pourtant, on peut encore se demander si Pogba est réellement utilisé à sa juste valeur. Pour cela, il faut d’abord se souvenir d’où il vient. À l’époque, il était là, posé bien en évidence dans la vitrine, avec une affiche criarde comme une promesse. « Vu à la télé » . Bardé de tout un tas de labels, plus rassurants les uns que les autres : « Made in France » , « récolté au HAC » , « affiné au United de Sir Alex Ferguson » , « assemblé à la Juventus » . Ses performances dans les laboratoires des sélections jeunes étaient d’ailleurs toutes optimales puisque le garçon venait de remporter, brassard de capitaine autour du bras, la Coupe du monde U20. En 2013, Paul Pogba avait tout du produit qu’on pensait fini, prêt à être intégré à la machine France. Rarement décideurs et consommateurs ont fait un choix aussi unanime : ce garçon sera l’avenir des Bleus. L’emballage a d’ailleurs été arraché avec envie lors du Mondial brésilien. Des couleurs pimpantes qui lui ont permis d’être élu meilleur jeune de la compétition.



Depuis, Didier Deschamps et les supporters français ont tenté de pousser les murs pour lui donner une place centrale dans la maison tricolore. Très tôt, le voilà affublé de la casquette de patron en devenir de cette équipe. Une commande à laquelle il tentera de répondre en jouant le jeu de l’ambition forcée. Lui clame avoir le coffre pour aller chercher un Ballon d’or, mener la sélection à un titre de champion d’Europe à domicile, puis de champion du monde. Sauf qu’entre-temps, les autres semblent s’être rétractés, ayant probablement repéré les premières failles de leur fleuron. Dans les colonnes de France Football cette semaine, lui a senti ce revirement d'opinion. « C'est comme si on me disait : "Je veux que tu sois patron" mais qu'on ne me donne pas les clés » , déplore-t-il. Peut-être, pour être en accord entre les attentes générales et la réalité, aurait-il fallu lui donner le brassard ou un rôle encore plus éminent pour que celui-ci se sente réellement investi d’une mission.

Derniers réglages avant les encombrants


Même topo concernant son attitude, constamment soumise au jugement. Lui a tout du garçon charmant, sympathique à souhait, affable, jouant le jeu des médias avec aisance et parcimonie, préservé par Deschamps qui l'écarte des conférences de presse. Phénomène de mode, il a pu créer autour de lui une image de marque, avec ses coupes de cheveux et ses dabs. Un mec « fier d’être fou » qui cherche à bousculer les habitudes, dans tous les sens, avec plus ou moins de bon goût, avec le moule américain comme référence principale ( « en mode Floyd Mayweather » ), mais qui finit par être décrié pour ses excentricités. Alors que le garçon n’a pas bougé d’un iota : il était déjà celui-là au Brésil.

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Sauf que depuis, il traîne derrière lui plus d’espoirs déçus ou d’interrogations sur son potentiel. Idem dans le jeu. Alors qu’on pensait avoir trouvé le chaînon manquant du milieu, un mix entre le regista, le meneur, le récupérateur et le relayeur, l’esprit des observateurs s'est brouillé quand il fallut définir le rôle du Poulpe. On l’exhortait à devenir plus décisif, ce qu’il fut cette saison face aux Pays-Bas et en Suède, ainsi que sortant régulièrement la passe idéale. Mais ce n'était encore pas suffisant. Et même quand Pogba intègre le paramètre de la sobriété, c'est sa transparence qui est pointée du doigt, comme vendredi dernier face à l’Italie. Lassé d’attendre, le public préfère diagnostiquer le plantage du système Pogba au lieu de l’analyser. Et pendant ce temps, la concurrence a eu le temps de s’organiser. Matuidi est plus travailleur, Tolisso a plus d’impact, Nzonzi est plus robuste, Lemar est plus fin, Kanté est plus tout. Au point que sa place de titulaire en Russie est remise en cause.


Pourtant, le garçon de 25 ans n’est pas du genre à se démonter, et n’a que faire de la doxa. « Je ne vis pas pour les gens, pour ce qu'ils pensent, pour qu'ils disent que je suis gentil, bien, le meilleur, parfait. Chacun a son opinion. Et je respecte ça. Je joue au foot, je fais ce que j’aime. » Là est l’essence même de ce qu’est Paul Pogba. Un type qui demande à n’être jugé que sur pièce, que les compteurs soient remis à zéro pour mieux repartir. Tout le monde cherche à dessiner le Pogba de ses rêves, mais lui ne cherche à faire rien d’autre que de vivre le sien. Alors prenons-le comme ça, prenons ce qu’il a à nous offrir. Ce qui n'empêche de rester exigeant avec lui pour l’obliger à se surpasser, mais sans faire de lui le joueur qu’il ne sera jamais. Sur le principe du gagnant-gagnant : le seul qui compte dans ce secteur d’activité.



Par Mathieu Rollinger
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