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  1. // C'était le mercato 2017

Georges Carnus : « Si je jouais aujourd'hui, je ferais comme eux »

Il y a 46 ans, en 1971, Georges Carnus et Bernard Bosquier défrayaient la chronique en passant de Saint-Étienne à Marseille. Pour la première fois, des footballeurs étaient traités de mercenaires et on débattait de l'argent dans le football. Alors que se termine le mercato le plus fou de l'histoire, l'ancien gardien des Verts revient sur cette époque et défend les joueurs actuels.

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Bonjour Monsieur Carnus. Est-ce que vous avez suivi le mercato cet été ?
Oui, oui. Je suis comme tout le monde, j'ai vu les transferts du Paris Saint-Germain qui sont impressionnants et je pense que c'est bien pour le football français.

Revenons sur votre transfert de Saint-Étienne vers Marseille en 1971. Votre départ et celui de Bosquier avaient été annoncés par la presse alors qu'il restait encore plusieurs journées de championnat. D'où venaient les infos des journalistes ?
Je ne sais pas qui avait parlé, mais ça s'est su, quoi. Et (Roger) Rocher, le président de Saint-Étienne, ne voulait pas que l'on parte, il voulait nous garder.

Vous n'avez jamais voulu savoir qui avait parlé à la presse ?
Non, non. À l'époque, on n'avait pas trop le droit à la parole. Et puis ça avait fait tellement de bruit...

Bonne nouvelle : le mercato est enfin terminé !

À l'époque, les infos transferts passionnaient déjà les gens comme aujourd'hui ?
Non, pas du tout. De toute façon, la différence entre les prix de notre époque et ceux de maintenant, c'est le jour et la nuit. C'était tout à fait différent. Nous, il y avait quatre ou cinq journalistes autour de nous. Maintenant, il y en a quatre cents ! On ne peut pas comparer.

Vous avez également fait une émission de télévision avant la fin du championnat pour expliquer votre choix. Ça devait être fou à l'époque, c'était la première fois qu'un footballeur faisait ça pour parler de son transfert ?
Oui, il restait quatre ou cinq journées. Et c'était inédit pour un joueur de faire ça, mais il faut un début à tout.

« À l'époque, ça a choqué parce que c'était un début. Les gens pensaient que ça ne pourrait jamais arriver dans le football. »

Vous avez été l'un des premiers à bénéficier des CDD dans le football. À l'époque, vous expliquiez : « C’est une bonne chose et c’est normal. Dans les autres secteurs, un cadre peut choisir son entreprise selon le salaire proposé et ses propres affinités. » Pourquoi les gens ne l'acceptaient pas ?
Avec Bosquier, on a été les deux premiers ! On est tombés au moment où il fallait. Avant ça, on était transférés sans nous demander notre avis. On nous disait : « Allez là-bas. Si ça se passe bien, tant mieux. » Et si on ne plaisait pas, on nous gardait ou on nous jetait ailleurs.

Mais pourquoi une partie du public ne voulait pas de cette flexibilité du travail dans le monde du football ? Les joueurs disaient qu'ils n'étaient plus les esclaves des clubs, leurs détracteurs les traitaient de mercenaires... C'était assez malsain comme débat.
Oui, bien sûr, c'était malsain ! Nous, on s'est retrouvés là et on a profité d'une situation, voilà. Et puis je vous le répète, cette situation est incomparable avec ce qu'il se passe actuellement. À l'époque, ça a choqué parce que c'était un début. Les gens pensaient que ça ne pourrait jamais arriver dans le football.

Vous compreniez la réaction de votre président, Roger Rocher, qui était très mécontent de votre départ ?
La réaction de monsieur Rocher était par rapport à celle de Marcel Leclerc, qui était le président de l'OM. Leclerc, il se disait juste qu'il avait besoin d'un gardien et d'un défenseur central, donc il a pensé à Bosquier et moi.


Au moment où la polémique bat son plein, Saint-Étienne joue un match décisif contre Bordeaux et ça se passe mal. Les Verts perdent 3-2, et vous faites un mauvais match. C'était la cerise sur le gâteau ?
Oui, voilà. Je prends un but bidon à la fin, il nous restait quatre matchs à jouer, et Rocher a dit : « Tous les deux, Carnus et Bosquier, à partir d'aujourd'hui, vous prenez vos affaires et vous partez. Je ne veux plus vous voir. » S'il nous avait gardés tous les deux pour les quatre derniers matchs, on aurait été champions.

Votre match raté, c'était à cause du contexte ? La réaction du public a été assez houleuse.
Non, de toute façon, des matchs, on en fait des bons et des moins bons. Des bons matchs, j'en ai fait, et des mauvais matchs, j'en ai fait aussi. Et le public, comme il savait qu'on partait, il a commencé à siffler. Et à la fin du match, pour aller à ma voiture, les gens m'attendaient. Ils pensaient qu'on avait fait exprès de faire un mauvais match. L'année d'après, quand on jouait à Marseille et qu'on venait jouer à Saint-Étienne, on était aussi sifflés tous les deux, pendant tout le match.

« Maintenant, les joueurs ont tous des agents. Nous, on n'en avait pas. Si, à l'époque, on avait eu des agents qui travaillent comme maintenant... Pfff... »

À la fin de ce match contre Bordeaux, vous répondez aux questions d'un journaliste qui travaille pour un journal dirigé par Marcel Leclerc, le président de l'OM. Et ça met monsieur Rocher dans une colère noire.

Ah, il était en colère... Le journaliste travaillait pour le journal de Leclerc, qui s'appelait... But, c'est ça ? Oui, voilà, But. On discutait juste, il me posait quelques questions. Je n'avais jamais vu ça. On n'était pas habitués à ça, on était surpris.

Et pourtant, tout les joueurs de Saint-Étienne vous soutenaient et étaient derrière vous.
Bien sûr ! Au départ, ils ne savaient pas trop quoi dire, ils avaient peur de prendre parti.

Pourquoi vous vouliez signer à l'OM cet été-là ? À l'époque, beaucoup pensaient que ce n'était qu'une question d'argent.
Je suis né à Gignac-la-Nerthe et j'habite à Marignane. Mon rêve de toujours, c'était de jouer à l'OM. Et l'occasion s'est présentée quand j'étais libre, donc je suis allé à Marseille, voilà, c'est tout. Le transfert s'est fait tout seul. Rocher n'a pas accepté les conditions qu'on avait proposées pour re-signer, et Leclerc les acceptait. Voilà la différence. Si Rocher avait accepté, j'aurais signé à Saint-Étienne et c'était fini. Je n'aurais jamais joué à Marseille.

Quand vous comparez ce que vous avez vécu à l'époque et le marché des transferts actuel, l'écart doit vous sembler hallucinant, non ?
C'est le jour et la nuit. Mais attention, je vais vous dire une chose : si je jouais aujourd'hui, je ferais comme eux, hein. Je ferais la même chose.

Dans les années 1970, les gens étaient choqués par des sommes qui semblent aujourd'hui dérisoires. Les sommes des transactions actuelles ne vous choquent pas ?
Non, j'ai vécu dans ce milieu, je ne suis pas surpris. Si les prix que demandent les joueurs sont acceptés par les dirigeants, c'est normal. Et en plus, maintenant, ils ont tous des agents. Nous, on n'en avait pas. Si, à l'époque, on avait eu des agents qui travaillent comme maintenant... Pfff... On ne peut pas dire que les joueurs ont tort de profiter de la situation.




Propos recueillis par Alexandre Doskov
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