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PSG-Bayern : un autre foot est possible

Par Clément Gavard
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PSG-Bayern : un autre foot est possible

Il est trop tôt pour savoir où classer ce PSG-Bayern d'anthologie, qui pourrait réconcilier n'importe quelle personne fâchée avec le foot. Au Parc des Princes, ce match a été le fruit d'une philosophie, celle qui veut que l'attaque triomphe sur la défense plutôt que l'inverse, et peut s'imposer comme un modèle au très haut niveau.

Luis Enrique et Vincent Kompany sont des éternels insatisfaits. C’est le propre d’un entraîneur de foot : le bonheur ne dure pas bien longtemps. Il faut penser à ce qui n’a pas fonctionné, à ce que l’on peut améliorer et à la suite de l’histoire qu’on souhaite raconter avec son équipe. Ce mardi soir, ce n’était peut-être pas le cas chez les deux techniciens. En tout cas, pas maintenant. Pas tout de suite. Il y aura un temps pour revoir ce qui s’est mal passé et ce qu’ils pourront essayer de corriger.

Chez le Belge, la frustration de la défaite et d’en avoir ramassé cinq dans les filets (après en avoir récemment pris trois face au Real Madrid ou à Mayence) a laissé place à l’évidence : « Je respecte le fait que c’est un match pour ceux qui aiment le foot. Je préfère qu’on encaisse aucun goal et qu’on continue à marquer nos buts, mais je sais qu’il y a de la qualité sur le terrain. On ne peut pas le faire qu’à moitié, soit on y va complètement, soit on bétonne derrière et ce n’est pas notre objectif ni celui du PSG, donc ça fait un bon match. » Un très grand match, même. Un modèle de ce que pourrait (devrait ?) devenir le foot d’élite : un combat de boxe qui consiste à se rendre les coups et à faire triompher l’attaque devant la défense.

Gloire à l’attaque et à la liberté

Chaque acteur de cette partie de plaisir à s’être présenté devant une bonnette n’a pu s’empêcher de cacher son sourire. Luis Enrique le premier : « Je n’ai jamais vu un rythme comme ça, c’est incroyable. Il faut féliciter les deux équipes. Ils sont à un très haut niveau et ce sera pareil au retour. Ce n’est pas le moment de voir des sanctions. Oui, il y a des choses à améliorer, mais il faut en profiter, on est très contents. Aujourd’hui, on a mérité de gagner, de faire match nul et de perdre. » Le coach parisien comme son homologue bavarois sont les grands architectes de cette merveille parce qu’ils ont inculqué une philosophie à leurs équipes et qu’ils n’ont jamais perdu de vue que les joueurs font plus gagner des matchs que les entraîneurs.

Ce PSG-Bayern a été une ode au foot positif, à la veille d’un Atlético-Arsenal qu’on attend beaucoup plus fermé (peut-être à tort, qui sait). La pelouse du Parc des Princes ressemblait à un jardin, ou plutôt un espace de liberté pour des joueurs encouragés à créer, à jouer ensemble et à dépasser les rôles conférés par des postes qui n’en sont plus vraiment.

Si tu avais ta casquette pro-défense, tu peux devenir fou… Mais je m’en fous ! On se plaint depuis un ou deux ans que le football est ennuyeux, ce match ne l’était pas.

Titi Henry sur CBS

Il n’est pas question de savoir comment annuler l’adversaire ni d’anéantir le jeu de l’autre équipe, mais d’attaquer plus vite et plus fort pour imposer son rythme et son style. Ce que sait très bien faire le Bayern Munich, qui avait l’air ce mardi soir d’être meilleur que Paris (52 ballons touchés dans la surface parisienne contre 20 pour le PSG), mais pas forcément plus fort qu’un champion d’Europe qui sait désormais comment sortir vivant (et même vainqueur) de ce genre de soirée.

« On va attaquer, ils vont attaquer »

À l’ère de l’overdose de foot et de la nostalgie des matchs d’antan, ce PSG-Bayern se pose en sauveur d’un sport qui n’est pas mort. « On disait récemment qu’on voyait des équipes qui ne prennent pas de risques, des joueurs qui ne dribblent pas, des équipes qui jouent pour ne pas perdre au lieu de gagner, énumérait Titi Henry sur le plateau de CBS dans la foulée de l’orgie. Ce soir, il y a eu beaucoup de prises de risques, donc si tu avais ta casquette pro-défense, tu peux devenir fou… Mais je m’en fous ! On se plaint depuis un ou deux ans que le football est ennuyeux, ce match ne l’était pas. Si on met de côté le professionnel, je me suis amusé. Tout le monde s’est amusé à la maison. » Ceux qui avaient un entraînement de rugby, un dîner, un cinoche, comme ceux qui n’aiment pas le foot, auront le sentiment d’avoir raté quelque chose. Ceux qui étaient là, au stade, devant ce spectacle, savent qu’ils ont assisté à une soirée spéciale.

Cette demi-finale aller de Ligue des champions ne peut pas être un modèle pour tout le monde. Il y avait au Parc des Princes, dans les deux camps, parmi les meilleurs joueurs du monde. Michael Olise est un OVNI, Harry Kane un sir à part, Ousmane Dembélé un Ballon d’or en puissance, Désiré Doué un golden boy en puissance, et on ne peut ni oublier Luis Diaz, ni Khvicha Kvaratskhelia, et cela fait beaucoup pour un seul match. À bas le contrôle, la rigueur défensive et les gardiens infranchissables : les attaquants ont gagné dans cet océan d’espaces et ce joli chaos, un peu comme lors du tour précédent face au Real Madrid pour le champion d’Allemagne. « Tous les amoureux du foot ont dû kiffer. Nous sur le terrain, c’était un vrai plaisir », tranchait Marquinhos, impatient d’être dans huit jours, comme Dembélé, en mode promesse : « On ne va pas changer notre philosophie. On va attaquer, ils vont attaquer. » Une certaine idée du foot, et quelle belle idée.

A-t-on le droit d’être un peu déçu du match de Michael Olise ?

Par Clément Gavard

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