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Michael Olise sort-il d’un film de Miyazaki ? 

Par Ulysse Llamas
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Michael Olise sort-il d’un film de Miyazaki ? 

On le dit nonchalant, je-m’en-foutiste ou pire : irrespectueux. En réalité, Michael Olise vit seul, cultive son jardin loin des médias, des réseaux sociaux et des sponsors. Et si le joueur du Bayern Munich sortait d’un film de Miyazaki ? 

Olise fait des doigts d’honneur, Olise ne fête pas le titre avec le Bayern Munich, Olise ne répond pas aux médias, Olise joue aux échecs devant ses supporters, Olise est prétentieux… Avant de savoir comment la défense du PSG essayera de contenir son pied gauche, Michael Olise concentre les regards en dehors du terrain ces dernières semaines. Il semble bouder, à l’arrière de son groupe. L’histoire d’un gamin qui fait la tête, c’est le début du Voyage de Chihiro. Le film est né en 2001, l’année de naissance du gaucher. Son doigt d’honneur, adressé à Jamal Musiala, qui voulait simplement le prendre en photo après un match incroyable à Mayence, en apporte l’ultime preuve : Michael Olise est un personnage de Hayao Miyazaki.

Les métamorphoses d’Olise

À première vue, absolument rien ne semble lier l’ancien de Crystal Palace au réalisateur de Mon voisin Totoro, Ponyo sur la falaise et bien d’autres chefs-d’œuvre. Le footballeur n’est pas japonais, il est encore moins chat-bus, poisson à robe rose ou château ambulant. Pour imaginer le médaillé d’argent aux JO sortir des traits de Miyazaki, il faut se projeter en banlieue de Tokyo, à l’intérieur d’un studio paisible : un dessin en courbes, fluide et élancé. Le générique du Voyage de Chihiro, l’héroïne partie en quête de ses parents transformés en cochons, récite : « Du ciel, ils ne voient que le bleu. Ils se trompent, ces hommes si sûrs d’eux. Ils voient la route, longue et sans fin. Moi, la lumière, je la tiens dans mes deux mains. » 

L’adage est parfaitement oliséen : si le joueur éblouit sur le terrain, il est totalement transparent et laisse les badauds disserter en dehors. L’international français se promène souvent masqué, sombre, aussi difficile à cerner que les personnages de Miyazaki. Le jeune héros du Garçon et le héron, dernier film de Miyazaki, part en quête de sa mère, disparue dans des bombardements. « Celui qui cherchera à comprendre périra », entend-on dans le film. Au cœur du chaos du foot, Olise est de cette trempe. Le film est sorti en 2023. C’est l’année de l’éclosion de l’attaquant.

Le vent se lève

Dans ce foot toujours plein d’opinions, Michael Olise voyage seul. Il traîne ses pieds sur les pelouses et promène ses angoisses : prendre la parole en public, s’exprimer en dehors du terrain, légitimer sa présence dans un milieu qui n’a pas voulu de lui jeune. Avant d’éclore à Reading, Arsenal, Chelsea, Tottenham et Manchester City ne l’avaient pas conservé adolescent. Il ne répond à aucune obligation, s’exprime le moins possible en conférence de presse et n’a pas de sponsor ni de photo de profil, faits rares pour un joueur de sa classe. Il oppose à tout cela le calme, le silence et la contemplation. C’est l’atmosphère des Miyazaki. « Ayez l’image qui vous paraît être la plus fidèle de moi. J’ai appris du foot que c’est un sport d’opinions, qu’il faut continuer à faire ce que l’on croit être bon, juge-t-il dans une de ses rares prises de parole au magazine L’Équipe. Et cela passe avant tout par une chose primordiale me concernant : être toujours dans l’authenticité. » Miyazaki reprend, dans le documentaire Never Ending Man : « Si on avait essayé de plaire, on nous aurait oubliés depuis longtemps. »

Le vent dans le dos
Le vent dans le dos

Olise est un appel à l’exploration de soi et des autres. Il invite à écouter le vent qui se lève, cet espoir : c’est la contre-attaque inutile du temps additionnel de Bayern-Real Madrid. C’est la frappe en lucarne quand son club est mené à Mayence… Les montagnes et ciels miyazakesques se transforment en pelouses et publics. Olise est une quête permanente vers la hauteur. Le Château dans le ciel ressemble aux matchs du Bavarois : un style aérien, tout en évitement. Un souffle merveilleux pour tous les rêveurs du foot.

En direct : Paris Saint-Germain - Bayern Munich (0-0)

Par Ulysse Llamas

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